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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00757

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de l'hospitalisation complète sans consentement pour péril imminent sont-elles remplies et la mesure doit-elle être maintenue ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de liberté individuelle, qui ne peut être entravée que si les conditions de l'article L3212-1 du code de la santé publique sont réunies : les troubles mentaux rendent impossible le consentement, et l'état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière. Le juge contrôle la régularité des certificats médicaux sans porter d'appréciation médicale.

Faits clés

  • Madame [V] [G], née le 7 juillet 1943, a été hospitalisée pour péril imminent le 21 juillet 2026.
  • Elle présente des idées délirantes de persécution non critiquées et une thymie triste avec idées morbides.
  • Un placement en EHPAD est projeté, mais son contexte social précaire nécessite une hospitalisation pour observation, mise à l'abri et adaptation du traitement.
  • Les certificats médicaux de 24h et 72h ont été établis par deux psychiatres distincts.
  • L'avis motivé du 27 juillet 2026 du docteur [C] confirme la persistance des troubles.

Articles cités

article L3211-12-1 du code de la santé publique article L3212-1 du code de la santé publique article L3216-1 du code de la santé publique article 66 de la constitution

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00757 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J73Y ORDONNANCE du 30 juillet 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] [Localité 1] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Madame [V] [G] née le 07 Juillet 1943 à [Localité 2] (VOSGES) [Adresse 2] [Localité 3] Comparante - Assistée de Me Sophie COURONNE PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Madame [V] [G] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au [Etablissement 1] à [Localité 1] depuis le 21 juillet 2026 ; Par requête en date du 27 juillet 2026, Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] [Localité 1] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Madame [V] [G] ; Les parties à la procédure : Madame [V] [G], Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] [Localité 1], Monsieur le Procureur de la République, Me Sophie COURONNE, avocate de la personne hospitalisée, l'UDAF, en charge de la mesure de protection ouverte en faveur de Madame [V] [G] ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au [Etablissement 1] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 27 juillet 2026 par le docteur [C] que Madame [G] a été admise dans un contexte d’idées délirantes de persécution (effraction dans son domicile la nuit pour lui voler ses affaires) associées à une agitation psychomotrice et un fléchissement thymique. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, la patiente présente toujours des idées délirantes de persécution qu’elle ne critique pas et une thymie triste associée à des idées morbides. Un placement en EPHAD est projeté. Il est estimé que dans l’intervalle et au regard du contexte social précaire de la patiente, une hospitalisation en soins sous contrainte est nécessaire pour observation, mise à l'abri et adaptation du traitement. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Madame [G] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Madame [V] [G] au [Etablissement 1] à [Localité 1] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 30 juillet 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 30 juillet 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 Madame [V] [G] Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] [Localité 1]. Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation pour péril imminent ?
C'est une admission en soins psychiatriques sans consentement lorsque la personne présente des troubles mentaux rendant impossible son consentement et que son état impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante, en raison d'un danger imminent pour elle-même ou autrui.
Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation sans consentement ?
Il faut que les troubles mentaux rendent impossible le consentement et que l'état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière. Le juge vérifie que les certificats médicaux établissent ces conditions.
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) qui contrôle la mesure. L'audience se tient dans l'établissement, et vous pouvez être assisté d'un avocat. La décision peut être contestée en appel dans les 10 jours.
Quels sont mes droits si je suis hospitalisé contre mon gré ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, de bénéficier d'un avocat, de consulter votre dossier médical, et de contester la mesure devant le juge. Vous pouvez également demander la levée de l'hospitalisation à tout moment.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle de l'hospitalisation ?
Le juge vérifie que les conditions légales sont remplies, notamment la régularité des certificats médicaux et la nécessité des soins. Il ne peut pas se prononcer sur l'opportunité médicale, mais uniquement sur la légalité de la mesure.
Une personne âgée peut-elle être hospitalisée sans son accord ?
Oui, si elle présente des troubles mentaux graves rendant impossible son consentement et nécessitant des soins immédiats. Dans ce cas, l'hospitalisation peut être décidée pour la protéger, comme dans cette affaire où une patiente de 83 ans a été maintenue en hospitalisation.
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