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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00758

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de l'hospitalisation complète sans consentement pour péril imminent sont-elles réunies en l'espèce ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de liberté individuelle, qui ne peut être entravée que si les troubles rendent impossible le consentement et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière. Le juge contrôle la régularité des certificats médicaux sans porter d'appréciation médicale.

Faits clés

  • Monsieur [P] [Z], né le 08 août 1983, hospitalisé depuis le 20 juillet 2026 au CPN de [Localité 3]
  • Admission en hospitalisation pour péril imminent
  • Patient présentant une schizophrénie paranoïde en rupture de traitement
  • Adhésion aux traitements médicamenteux inexistante
  • Conscience des troubles fragile

Articles cités

article L3211-12-1 du code de la santé publique article L3212-1 du code de la santé publique article L3216-1 du code de la santé publique article 66 de la constitution

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00758 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J734 ORDONNANCE du 30 juillet 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Monsieur [P] [Z] né le 08 Août 1983 à [Localité 1] (MEURTHE-ET-MOSELLE) [Adresse 2] [Localité 2] Comparant - Assisté de Me Sophie COURONNE PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Monsieur [P] [Z] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 1] depuis le 20 juillet 2026 ; Par requête en date du 27 juillet 2026, Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [P] [Z] ; Les parties à la procédure : Monsieur [P] [Z], Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1], Monsieur le Procureur de la République, Me Sophie COURONNE, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 3] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 27 juillet 2026 par le docteur [C] que Monsieur [Z] — patient présentant une schizophrénie paranoïde en rupture de traitement — a été admis dans un contexte de verbalisation de propos inquiétants (tonalité mystique et mégalomaniaque) accompagnée d’un contact fermé et revendicateur. Les certificats de la période d’observation concluent à un trouble chronique du spectre de la psychose et peut-être à un épisode dépressif ou mixte. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que la présentation est sans particularité et que le contact est correct, sans comportement hallucinatoire décelé. Il est toutefois souligné que l’adhésion aux traitements médicamenteux est inexistante et que la conscience des troubles fragile alors qu’une réadaptation du traitement est encore nécessaire pour consolider l'état clinique actuel afin d’aboutir à une probable sortie la semaine prochaine. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Monsieur [Z] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Monsieur [P] [Z] au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 1] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 30 juillet 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 30 juillet 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 Monsieur [P] [Z] Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 1]. Le greffier

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Selon l'article L3212-1 du code de la santé publique, il faut que les troubles mentaux rendent impossible le consentement et que l'état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation pour péril imminent ?
C'est une admission en soins psychiatriques sans consentement en cas de danger immédiat pour la personne ou autrui, nécessitant une surveillance médicale constante.
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention, qui contrôle la régularité de la procédure et les conditions médicales, sans toutefois se substituer au médecin.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sans consentement ?
Le patient a droit à un avocat, à l'information sur sa situation, et peut contester la mesure devant le juge. La liberté individuelle doit être respectée autant que possible.
Un patient schizophrène peut-il refuser un traitement ?
Si les troubles mentaux rendent impossible le consentement, le traitement peut être imposé dans le cadre d'une hospitalisation sans consentement, comme dans cette affaire où l'adhésion au traitement était inexistante.
Quelle est la durée d'une hospitalisation sans consentement ?
La mesure est initialement de 72 heures, puis peut être prolongée sur décision du juge après contrôle, comme ici où le juge a maintenu l'hospitalisation.
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