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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00759

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de l'hospitalisation complète sans consentement pour péril imminent sont-elles réunies et la mesure doit-elle être maintenue ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de liberté individuelle, qui ne peut être entravée que par une rigueur nécessaire. Selon l'article L3212-1 du code de la santé publique, une personne ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement si ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et si son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Le juge contrôle si les certificats médicaux caractérisent ces conditions, sans porter d'appréciation médicale.

Faits clés

  • Madame [U] [L], née le 17 juillet 1960, hospitalisée depuis le 22 juillet 2026 au Centre Psychothérapique de [Localité 4]
  • Hospitalisation pour péril imminent
  • Présente un retrait social et une désorganisation psychique majeure
  • Discours pauvre, clinique fluctuante et anosognosie totale
  • Avis motivé rédigé le 28 juillet 2026

Articles cités

article L3211-12-1 du code de la santé publique article L3212-1 du code de la santé publique article L3216-1 du code de la santé publique article 66 de la constitution

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00759 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J74A ORDONNANCE du 30 juillet 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Madame [U] [L] née le 17 Juillet 1960 à [Localité 2] (MEURTHE-ET-MOSELLE) [Adresse 2] [Localité 3] Comparante - Assistée de Me Sophie COURONNE PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Madame [U] [L] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 1] depuis le 22 juillet 2026 ; Par requête en date du 28 juillet 2026, Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Madame [U] [L] ; Les parties à la procédure : Madame [U] [L], Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1], Monsieur le Procureur de la République, Me Sophie COURONNE, avocate de la personne hospitalisée, VYV 3 EST (anciennement UTML Mutualité Française Lorraine), chargé de la mesure de protection ouverte en faveur de Mme [U] [L] ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 4] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 28 juillet 2026 par le docteur [S] que Madame [L] — patiente atteinte d’une schizophrénie paranoïde — a été admise dans un contexte de décompensation psychotique se matérialisant notamment par un retrait social et une désorganisation psychique majeure. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que la patiente ne présente pas de franche décompensation psychotique. Elle présente toutefois un discours pauvre, une clinique fluctuante et une anosognosie totale. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Madame [L] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Madame [U] [L] au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 1] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 30 juillet 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 30 juillet 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 Madame [U] [L] Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU [Etablissement 1] ; - à VYV 3 EST (anciennement UTML Mutualité Française Lorraine), chargé de la mesure de protection ouverte en faveur de Madame [U] [L]. Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation pour péril imminent ?
C'est une procédure d'admission en soins psychiatriques sans consentement lorsque la personne présente des troubles mentaux rendant impossible son consentement et que son état impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière, en raison d'un danger imminent pour elle-même ou pour autrui.
Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Selon l'article L3212-1 du code de la santé publique, il faut que les troubles mentaux rendent impossible le consentement et que l'état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante (hospitalisation complète) ou régulière (soins ambulatoires).
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) qui contrôle la mesure. Dans cette affaire, le juge a maintenu l'hospitalisation car les conditions étaient remplies. Vous pouvez également faire appel de la décision dans un délai de 10 jours.
Qu'est-ce que l'anosognosie et comment affecte-t-elle le consentement ?
L'anosognosie est l'incapacité d'une personne à reconnaître sa maladie. Dans ce cas, Madame [L] présentait une anosognosie totale, ce qui démontre que son consentement était impossible, justifiant l'hospitalisation sans consentement.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle des hospitalisations psychiatriques ?
Le juge vérifie que les conditions légales sont remplies en se basant sur les certificats médicaux, mais il ne peut pas porter d'appréciation médicale. Il contrôle notamment que les certificats sont établis par deux psychiatres distincts en cas de péril imminent.
Que se passe-t-il si les certificats médicaux ne sont pas conformes ?
Si les certificats ne respectent pas les exigences légales (par exemple, s'ils ne sont pas établis par deux psychiatres distincts), le juge peut lever la mesure d'hospitalisation. Dans cette affaire, les certificats étaient conformes, donc la mesure a été maintenue.
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