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Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00763

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de l'hospitalisation complète sans consentement pour péril imminent sont-elles remplies et la mesure doit-elle être maintenue ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de liberté individuelle, qui ne peut être entravée que si nécessaire. Selon l'article L3212-1 du Code de la santé publique, une personne ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement que si ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Le juge contrôle que les certificats médicaux caractérisent ces conditions, sans porter d'appréciation médicale.

Faits clés

  • Madame [J] [Q], née le 22 octobre 2005, a été hospitalisée pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 6] depuis le 22 juillet 2026.
  • Admission dans un contexte de tentative de suicide par intoxication médicamenteuse volontaire associée à une dépression sévère en rupture de traitement.
  • L'avis motivé du 29 juillet 2026 indique que le projet suicidaire est aboli, mais que la patiente reste fragile et vulnérable.
  • La patiente présente une situation médico-sociale extrêmement précaire, notamment sans domicile fixe.
  • La requête a été déposée par la directrice de l'établissement le 28 juillet 2026.

Articles cités

article L3211-12-1 du Code de la santé publique article L3212-1 du Code de la santé publique article L3216-1 du Code de la santé publique article 66 de la Constitution

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00763 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J74Y ORDONNANCE du 30 juillet 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 3] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Madame [J] [Q] née le 22 Octobre 2005 à [Localité 4] (MOSELLE) [Adresse 2] [Localité 5] Comparante - Assistée de Me Sophie COURONNE PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Madame [J] [Q] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 6] à [Localité 2] depuis le 22 juillet 2026 ; Par requête en date du 28 juillet 2026, Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Madame [J] [Q] ; Les parties à la procédure : Madame [J] [Q], Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2], Monsieur le Procureur de la République, Me Sophie COURONNE, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 6] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 29 juillet 2026 par le docteur [D] que Madame [Q] a été admise dans un contexte de tentative de suicide par intoxication médicamenteuse volontaire associée à une dépression sévère en rupture de traitement. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que la patiente est de bon contact, que son projet suicidaire serait aboli et que la patiente se projetterait dans l’avenir. Il est toutefois souligné que la patiente reste fragile et vulnérable et qu’elle présente une situation médico-sociale extrêmement précaire (sans domicile fixe). Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Madame [Q] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Madame [J] [Q] au Centre Psychothérapique de [Localité 6] à [Localité 2] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 30 juillet 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 30 juillet 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 Madame [J] [Q] Reçu copie intégrale le 30 Juillet 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2]. Le greffier

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Selon l'article L3212-1 du Code de la santé publique, une personne peut être hospitalisée sans son consentement si ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats avec une surveillance médicale constante ou régulière. Dans cette affaire, la patiente avait fait une tentative de suicide et présentait une dépression sévère, ce qui justifiait la mesure.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation pour péril imminent ?
C'est une procédure d'admission en soins psychiatriques sans consentement en cas de danger immédiat pour la personne ou autrui. Ici, la patiente a été admise après une tentative de suicide par intoxication médicamenteuse, ce qui constitue un péril imminent.
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
La personne hospitalisée ou son avocat peut saisir le juge des libertés et de la détention pour demander la mainlevée de la mesure. Dans cette affaire, le juge a contrôlé la régularité de la procédure et a maintenu l'hospitalisation en raison de la persistance des troubles et de la précarité de la situation.
Quels sont mes droits lors d'une hospitalisation sans consentement ?
Vous avez le droit d'être informé de vos droits, d'être assisté par un avocat, de consulter votre dossier médical, et de saisir le juge pour contester la mesure. Dans cette affaire, la patiente était assistée de son avocate et a pu s'exprimer lors de l'audience.
Que se passe-t-il si je suis sans domicile fixe et hospitalisé en psychiatrie ?
La précarité sociale peut être prise en compte dans l'évaluation de la nécessité des soins. Ici, la patiente était sans domicile fixe, ce qui a été considéré comme un facteur de vulnérabilité justifiant le maintien de l'hospitalisation.
Puis-je sortir de l'hôpital si mon état s'améliore ?
La sortie dépend de l'évolution de votre état et de l'avis médical. Dans cette affaire, bien que le projet suicidaire soit aboli, la patiente restait fragile, donc le juge a maintenu la mesure pour assurer une surveillance continue.
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