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Tribunal judiciaire, juge libertés détention, 28 juillet 2026 — n° 26/00554

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions légales de l'hospitalisation complète sans consentement d'une patiente atteinte de troubles mentaux sont-elles remplies et doit-on ordonner la poursuite de la mesure ?

Principe retenu

Selon l'article L.3213-1 du Code de la santé publique, une personne ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement que si ses troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte de façon grave à l'ordre public. L'hospitalisation complète est justifiée lorsque l'état de la personne nécessite une surveillance médicale constante et que son consentement est impossible.

Faits clés

  • Patiente de 71 ans hospitalisée sans consentement depuis le 18/07/2026
  • Certificat médical initial mentionnant hétéroagressivité, idées paranoïaques, rupture thérapeutique sur trouble bipolaire, idées mystiques
  • Avis motivé du 24/07/2026 indiquant une absence de conscience des troubles, discours logorrhéique, instabilité motrice
  • Patiente a comparu à l'audience et s'est exprimée
  • Le procureur de la République a donné un avis favorable à la poursuite de la mesure

Articles cités

article L.3213-1 du Code de la santé publique articles L 3212-1 et suivants du Code de la santé publique article R 3211-11 du Code de la Santé Publique

Dispositif

Ordonnons la poursuite de la mesure sous la forme d’une hospitalisation complète La présente ordonnance est susceptible d’appel dans les 10 jours de sa notification devant le Premier Président de la Cour d’Appel de [Localité 3]. Cet appel ne suspend pas l’exécution de la présente décision sauf demande expresse de Monsieur le Procureur de la République formulée dans le délai de 6 h. Fait en notre Cabinet au Palais de Justice de NIMES le 28 Juillet 2026. LE GREFFIER LA PRÉSIDENTE Copie de la présente ordonnance a été adressée par mail à Monsieur le Directeur de l’Etablissement Copie de la présente ordonnance a été portée à la connaissance de Madame [Q] [M] divorcée [H] par notification et remise d’une copie par l’intermédiaire du Directeur de l’Etablissement Copie de la présente Ordonnance a été adressée par mail à l’avocat Copie de la présente Ordonnance a été adressée par mail au tiers demandeur Monsieur le Procureur de la république a été avisé par mail de la présente décision Le 28 Juillet 2026 Le Greffier

Exposé du litige

ORDONNANCE DU : 28 Juillet 2026 DOSSIER N° : N° RG 26/00554 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LU2K TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES magistrat du tribunal judiciaire de NIMES ORDONNANCE En matière de soins sans consentement Nous, Pascal CHENIVESSE, vice-présidente, magistrat du tribunal judiciaire de NIMES, , siégeant à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES assisté de Mme LOPEZ, Greffier , Vu la procédure concernant : Madame [Q] [M] divorcée [H] née le 25 Septembre 1954 à [Localité 1] [Adresse 1] [Adresse 2] [Localité 2] actuellement hospitalisée sans consentement au CHU de [Localité 3] depuis le 18/07/2026; Vu la décision portant admission en soins psychiatriques prise le 18/07/2026 en urgence par Monsieur le Directeur de l’Etablissement à la demande d’un tiers pour péril imminent ; Vu la saisine en date du 24 Juillet 2026 de Monsieur le Directeur de l’Etablissement hospitalier tendant au contrôle de la mesure d’hospitalisation complète ; Vu le dossier prévu à l’article R 3211-11 du Code de la Santé Publique ; Vu l’audience publique en date du 28 Juillet 2026 tenue à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES à laquelle a comparu la patiente Madame [Q] [M] divorcée [H] , dûment avisée, assistée par Me Célestine BIFECK, avocat commis d’office ; Vu les observations écrites de Monsieur le Procureur de la République, favorable à la poursuite de la mesure, absent à l’audience ;

Motivations de la décision

MOTIFS Selon l'article L.3213-1 du Code de la Santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement, sur décision du représentant de l'Etat dans le département que si ses troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte de façon grave à l'ordre public. Madame [Q] [M] divorcée [H] a été hospitalisé sans son consentement au vu du certificat médical établi par le Docteur [X] [R] en date du 18/07/2026 faisant état de “ Hétéroagressivité, idées paranoïaques, ruptutre thérapeuthique sur trouble bipolaire. Idées mystiques.”, état nécessitant une prise en charge médicale ; Madame [Q] [M] divorcée [H] a été maintenu(e) en hospitalisation complète au regard du certificat médical établi par le docteur [I] [X] en date du21/07/2026; Aux termes de l'avis motivé du PEPIN Bérangère en date du 24/07/2026, ce médecin indique : “Patiente avec une présentation assez fantasque, vient avec beaucoup d’affaires dans le bureau, elle est instable au niveau moteur. Reconnait pour la première fois que son identité est probablement la bonne. Dit que on lui a volé tous ses papiers. Son discours est logorrhéique, dispersé et elle met très rapidement fin à l’entretien, se levant brusquement du bureau, comme à chaque consultation dans le service. Elle n’a actuelllement aucune conscience des troubles qui l’affectent.”, et qu’en conséquence, la mesure de soins psychiatriques sans consentement avec hospitalisation à temps complet doit se poursuivre ; Lors de l’audience, Madame [Q] [M] divorcée [H] s’est exprimée. Il résulte des éléments médicaux versés au soutien de la requête et des débats, que les troubles mentaux décrits aux certificats médicaux rappelés ci-dessus sont persistants à ce jour et rendent impossible son consentement sur la durée. L’état de la personne nécessite une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. P A R C E S M O T I F S Statuant publiquement et en premier ressort ; Vu les articles L 3212-1 et suivants du code de la santé publique; Disons que les conditions légales de l’hospitalisation sans consentement de Madame [Q] [M] divorcée [H] sont remplies depuis son admission et demeurent remplies à ce jour. Disons n’y avoir lieu à ordonner la mainlevée de cette mesure.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Selon l'article L.3213-1 du Code de la santé publique, une personne peut être hospitalisée sans consentement si ses troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte de façon grave à l'ordre public. Dans cette affaire, la patiente présentait une hétéroagressivité et des idées paranoïaques, justifiant la mesure.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation complète ?
L'hospitalisation complète est une forme de soins psychiatriques sans consentement où le patient est maintenu à l'hôpital sous surveillance médicale constante. Dans cette décision, le juge a ordonné la poursuite de cette forme de soins car l'état de la patiente nécessitait une surveillance constante.
Comment contester une hospitalisation sans consentement ?
La mesure peut être contestée devant le juge des libertés et de la détention, qui contrôle sa légalité. Dans cette affaire, la patiente a comparu à l'audience et a pu s'exprimer, mais le juge a estimé que les conditions légales étaient remplies et a refusé la mainlevée.
Qu'est-ce que le péril imminent ?
Le péril imminent est une situation d'urgence où il y a un risque grave pour la santé ou la sécurité de la personne ou d'autrui. Ici, l'admission a été faite en urgence à la demande d'un tiers pour péril imminent, sur la base d'un certificat médical faisant état d'hétéroagressivité.
Quels sont les droits du patient lors d'une hospitalisation sans consentement ?
Le patient a le droit d'être informé de sa situation, de bénéficier d'un avocat, et de saisir le juge pour demander la mainlevée. Dans cette affaire, la patiente a été assistée par un avocat commis d'office et a pu s'exprimer à l'audience.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle des hospitalisations psychiatriques ?
Le juge vérifie que les conditions légales de l'hospitalisation sont remplies et que la mesure est justifiée. Dans cette décision, le juge a examiné les certificats médicaux et l'avis du médecin, et a conclu que les troubles étaient persistants et que le consentement était impossible.
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