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Cour d'appel, rétention administrative, 30 juillet 2026 — n° 26/01269

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien en rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français est-il justifié malgré l'absence de perspectives d'éloignement à court terme ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être maintenue lorsque l'administration a effectué les diligences nécessaires pour procéder à l'éloignement, notamment en saisissant le consulat du pays d'origine dans les délais légaux, et que la menace à l'ordre public est caractérisée. L'absence de perspectives d'éloignement à court terme ne fait pas obstacle au maintien en rétention si les démarches ont été accomplies.

Faits clés

  • Monsieur [O] [G], ressortissant algérien né le 6 février 2004, a fait l'objet d'une interdiction temporaire du territoire prononcée par le tribunal correctionnel de Nice le 12 janvier 2026.
  • Placement en rétention administrative par la préfecture des Bouches-du-Rhône le 24 juillet 2026, notifié le 25 juillet 2026.
  • Le juge des libertés et de la détention a ordonné le maintien en rétention le 29 juillet 2026.
  • L'appelant ne comparaît pas, mais son avocat soutient qu'il n'y a pas de perspectives d'éloignement à court terme vers l'Algérie.
  • La préfecture indique avoir saisi le consulat algérien dans les 96 heures et que la menace à l'ordre public est caractérisée.

Articles cités

article L 740-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu le jugement rendu le 12 janvier 2026 par le TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE NICE ayant prononcé une interdiction temporaire du territoire national ; Vu la décision de placement en rétention prise le 24 juillet 2026 par la PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE notifiée le 25 juillet 2026 à 10 heures 01 ; Vu l'ordonnance du 29 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [O] [G] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 29 Juillet 2026 à 15 heures 40 par Monsieur [O] [G] ; Monsieur [O] [G] n'a pas comparu. Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut 'Il n'y a pas de perspectives d'éloignement à cours terme avec l'ALGERIE. La précédente rétention n'a pas aboutie.' Le représentant de la préfecture sollicite: 'Le registre est actualisé aux fins de contrôle des mesures et son arrivée effective au CRA. La mesure effective au consulat a été effectuée et ceux dans les 96h. La menace à l'ordre public est caractérisée. L'OQTF définitive est rare et permet de constater l'état de dangerosité de monsieur. L'administration a saisi le consulat algérien. Nous n'avons pas de pouvoir de contrainte. Monsieur continue de se maintenir sur le sol français.'

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique, Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 29 Juillet 2026. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. Le greffier Le président Reçu et pris connaissance le : Monsieur [O] [G] Assisté d'un interprète COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE Chambre 1-11, Rétentions Administratives Palais Verdun , bureau 443 Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03] Courriel : [Courriel 1] Aix-en-Provence, le 30 Juillet 2026 À - PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE - Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1] - Monsieur le procureur général - Monsieur le greffier du Juge des libertés et de la détention de [Localité 1] - Maître Charlotte MIQUEL NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 30 Juillet 2026, suite à l'appel interjeté par : Monsieur [O] [G] né le 06 Février 2004 à [Localité 2] (ALGERIE) (99) de nationalité Algérienne Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi. Le greffier, VOIE DE RECOURS Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation.

Questions fréquentes

Peut-on être maintenu en rétention si l'éloignement n'est pas possible à court terme ?
Oui, le maintien en rétention peut être confirmé même si l'éloignement n'est pas immédiatement possible, dès lors que l'administration a effectué les diligences nécessaires, comme la saisine du consulat, et que la menace à l'ordre public est caractérisée.
Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation est possible si l'administration justifie de diligences pour exécuter la mesure d'éloignement et si la rétention reste nécessaire, par exemple en raison d'une menace à l'ordre public.
Que faire si mon éloignement vers mon pays d'origine est impossible ?
Vous pouvez contester la rétention en faisant valoir l'absence de perspectives d'éloignement, mais le juge peut maintenir la rétention si l'administration a saisi le consulat et que vous représentez une menace pour l'ordre public.
Comment contester une ordonnance de maintien en rétention ?
Vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention. L'appel est examiné par le premier président de la cour d'appel.
Quel est le rôle du consulat dans la procédure d'éloignement ?
Le consulat est saisi par l'administration pour délivrer un laissez-passer consulaire nécessaire à l'éloignement. La saisine doit intervenir dans les 96 heures suivant le placement en rétention.
Qu'est-ce qu'une menace à l'ordre public en droit des étrangers ?
La menace à l'ordre public est une notion large qui peut inclure des condamnations pénales, des comportements dangereux ou un risque de trouble à la sécurité. Elle justifie des mesures plus strictes comme la rétention.
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