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Cour d'appel, rétention administrative, 30 juillet 2026 — n° 26/00806

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de refus de prolongation de rétention administrative doit-il recevoir un effet suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ?

Principe retenu

En application de l'article L 743-22 du CESEDA, l'appel du ministère public contre une ordonnance de refus de prolongation de rétention n'est pas suspensif, mais le premier président ou son délégué peut lui donner un effet suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il existe une menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence d'hébergement stable et l'arrivée récente en France justifient la suspension de l'exécution de l'ordonnance de mise en liberté.

Faits clés

  • M. [S] [G], de nationalité roumaine, est en rétention administrative.
  • Le juge du tribunal judiciaire a ordonné sa remise en liberté le 30 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le même jour à 14h20, avec demande d'effet suspensif.
  • M. [S] [G] a déclaré être arrivé en France il y a trois mois et vivre dans une caravane à [Localité 2], sans pouvoir en justifier.
  • Aucune observation n'a été formulée par l'étranger ou son conseil dans le délai légal.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 30 JUILLET 2026 Nous, Héloïse FERRARI, conseillère, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00806 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTHJ ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [S] [G] né le 19 Janvier 1983 à [Localité 1] EN ROUMANIE de nationalité Roumaine Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 30 juillet 2026 à 11h10 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [S] [G] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 11h20 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 30 juillet 2026 à 14h20, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 14h25 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [S] [G] le 30 juillet 2026 à 15h10 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 30 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Anthony BESNIER, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [S] [G], par courriel à 14h25 - au préfet de la Marne, par courriel à 14h25 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 10 heures ( Loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 publiée au JO le 29 juillet 2026 ) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, Monsieur [S] [G] ne dispose d'aucun hébergement stable en France, celui-ci ayant déclaré être arrivé il y a trois mois et vivre dans une caravane à [Localité 2], sans pouvoir en justifier. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 30 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [S] [G] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [S] [G] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le vendredi 31 juillet 206 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. La conseillère,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'effet suspensif d'un appel en matière de rétention administrative ?
L'effet suspensif signifie que l'exécution de la décision de première instance est suspendue pendant que l'appel est examiné. En l'espèce, l'ordonnance de mise en liberté a été suspendue, donc M. [G] reste maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond.
Quels sont les critères pour que l'appel du procureur soit suspensif ?
Selon l'article L 743-22 du CESEDA, l'appel du ministère public peut être déclaré suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il existe une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'absence d'hébergement stable a été retenue comme absence de garanties de représentation.
Je vis dans une caravane, est-ce considéré comme un hébergement stable ?
Non, dans cette décision, le fait de vivre dans une caravane sans pouvoir en justifier a été considéré comme ne constituant pas un hébergement stable, ce qui a justifié la suspension de l'ordonnance de mise en liberté.
Que se passe-t-il si je n'ai pas de garanties de représentation ?
Si vous ne présentez pas de garanties de représentation effectives, le procureur peut demander que son appel soit déclaré suspensif, ce qui signifie que vous resterez en rétention jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond. C'est ce qui s'est produit dans cette affaire.
Quel est le délai pour que le procureur fasse appel ?
Le procureur doit former son appel dans un délai de 10 heures à compter de la notification de l'ordonnance, conformément à l'article L 743-22 du CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été formé environ 3 heures après la notification.
Puis-je être libéré si je n'ai pas de garanties de représentation ?
En principe, le juge peut ordonner votre libération, mais si le procureur fait appel et demande l'effet suspensif, la libération peut être suspendue si vous ne présentez pas de garanties de représentation. Dans cette affaire, la libération a été suspendue pour ce motif.
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