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Cour d'appel, rétention administrative, 30 juillet 2026 — n° 26/00804

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger en rétention doit-il recevoir un effet suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation et de la menace pour l'ordre public ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger n'est pas suspensif, mais le premier président ou son délégué peut lui donner un effet suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de documents d'identité, le refus de quitter le territoire et les condamnations antérieures justifient la suspension de l'exécution de l'ordonnance de mise en liberté.

Faits clés

  • M. [L] [G], ressortissant serbe, né le 20 décembre 2002, est en rétention administrative.
  • Le juge du tribunal judiciaire a ordonné sa remise en liberté le 30 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le même jour et demandé l'effet suspensif.
  • M. [G] ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage.
  • Il a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir quitter le territoire français.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 30 JUILLET 2026 Nous, Héloïse FERRARI,conseillère, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00804 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GTHF ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [L] [G] né le 20 Décembre 2002 à [Localité 1] (SERBIE) de nationalité Serbe Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 30 juillet 2026 à 09h45 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [L] [G] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 10h00 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 30 juillet 2026 à 14h15, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 14h31 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [L] [G] le 30 juillet 2026 à 15h00 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 30 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Jonas OLSZAKOWSKI, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [L] [G], par courriel à 14h31 - au préfet de la cote d'Or, par courriel à 14h31 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 10 heures (loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 publiée au JO le 29 juillet 2026 ) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, si Monsieur [G] a justifié d'un hébergement au domicile de sa mère, celui-ci ne dispose d'aucune document d'identité ou de voyage et a affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir quitter le territoire français. Malgré son jeune âge, il a en outre déjà été condamné à plusieurs reprises pour des infractions graves. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, tandis que son comportement représente une menace grave pour l'ordre public, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 30 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [L] [G] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [L] [G] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le vendredi 31 juillet 2026 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. La conseillère,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'effet suspensif d'un appel dans une procédure de rétention ?
L'effet suspensif signifie que l'exécution de la décision de première instance (ici, la remise en liberté) est suspendue pendant que l'appel est examiné. En matière de rétention, l'appel du ministère public n'est pas suspensif par principe, mais le premier président peut le déclarer suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public.
Quels sont les critères pour qu'un appel soit suspensif ?
Les critères sont l'absence de garanties de représentation effectives (par exemple, absence de documents d'identité, risque de fuite) et la menace grave pour l'ordre public (par exemple, condamnations antérieures pour infractions graves). Dans cette affaire, M. [G] n'avait pas de papiers, refusait de quitter la France et avait des condamnations, ce qui a justifié la suspension.
Puis-je être libéré si j'ai un hébergement chez ma mère ?
Avoir un hébergement est un élément positif, mais il ne suffit pas à garantir votre représentation si vous ne disposez pas de documents d'identité et si vous avez exprimé votre intention de ne pas quitter le territoire. Dans cette affaire, malgré l'hébergement chez sa mère, l'absence de papiers et le refus de partir ont conduit au maintien en rétention.
Mon casier judiciaire peut-il influencer ma rétention ?
Oui, des condamnations antérieures pour des infractions graves peuvent être considérées comme une menace pour l'ordre public, ce qui est un critère pour donner un effet suspensif à l'appel du procureur. Dans cette affaire, les condamnations de M. [G] ont été prises en compte.
Que se passe-t-il si je refuse de quitter la France ?
Le refus de quitter le territoire peut être interprété comme un risque de fuite, ce qui affaiblit vos garanties de représentation. Dans cette affaire, M. [G] avait affirmé ne pas vouloir quitter la France, ce qui a contribué à la décision de suspension.
Quels sont mes droits si je suis retenu sans documents ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat et de contester les décisions. Cependant, l'absence de documents d'identité peut jouer contre vous, car elle réduit les garanties de représentation. Dans cette affaire, l'absence de papiers a été un facteur clé pour le maintien en rétention.
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