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Tribunal judiciaire, j.l.d., 27 juillet 2026 — n° 26/05483

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des libertés et de la détention peut-il prolonger la rétention administrative au-delà de soixante jours en cas d'obstruction volontaire à l'éloignement par dissimulation d'identité ?

Principe retenu

En application de l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la rétention administrative peut être prolongée au-delà de soixante jours lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage, de la dissimulation de l'identité par l'intéressé ou de son obstruction volontaire à l'éloignement. Le juge doit vérifier que ces conditions sont réunies.

Faits clés

  • Monsieur X se disant [L] [J] est de nationalité libyenne, né le 14 août 1988 à [Localité 2] (Libye).
  • Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise le 29 août 2024 par le préfet de Seine-Saint-Denis.
  • Il a été placé en rétention administrative le 27 mai 2026 par le préfet de Saône-et-Loire.
  • La rétention a déjà été prolongée deux fois : une première fois pour 26 jours (ordonnance du 2 juin 2026), une seconde fois pour 30 jours (ordonnance du 26 juin 2026).
  • La requête en troisième prolongation a été déposée par le préfet le 26 juillet 2026.

Articles cités

article L.614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS une troisième prolongation de la rétention de Monsieur X se disant [L] [J] pendant une durée maximale de trente jours supplémentaires dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire ; DISONS avoir informé l’intéressé que la présente décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de Colmar dans les 24 heures à compter du prononcé de la présente ordonnance par déclaration motivée faite ou remise par tous moyens au greffe de la cour d’appel et que le recours n’est pas suspensif, conformément aux articles R 743-10 et R 743-11 du CESEDA. Prononcé publiquement au tribunal judiciaire de Strasbourg, le 27 juillet 2026 à h . Le greffier, Le juge des libertés et de la détention, qui ont signé l’original de l’ordonnance. Pour information de la personne retenue: - La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de COLMAR dans les 24 heures de son prononcé. Le délai d’appel qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le premier président est saisi par une déclaration écrite motivée, transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de COLMAR, par courriel à l’adresse [Courriel 1]. Cet appel n’est pas suspensif. L’intéressé est maintenu à disposition de la justice jusqu’à l’audience qui se tiendra à la cour d’appel. - Vous pouvez, pendant toute la durée de votre rétention, demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec votre consulat ou toute personne de votre choix. - Vous avez également le droit de contacter toute organisation et nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment : • le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 2] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX01] ; fax : [XXXXXXXX02]) ; • le Défenseur des droits ([Adresse 3] ; tél. : [XXXXXXXX03]) ; • France Terre d’Asile ([Adresse 4] ; tél. : [XXXXXXXX04]) ; • Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 5] ; tél. : [XXXXXXXX05]) ; • Médecins sans frontières - MSF ([Adresse 6] ; tél. : [XXXXXXXX06]). - ASSFAM – Groupe SOS Solidarités est à votre disposition, sans formalité, pour vous aider dans l’exercice effectif de vos droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur. - Vous pouvez aussi demander, à tout moment, qu’il soit mis fin à votre rétention par simple requête, motivée et signée, adressée au juge des libertés et de la détention par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives. Reçu le 27 juillet 2026, dans une langue comprise, notification de la présente ordonnance avec remise d’une copie intégrale, information du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention. La personne retenue, présente par visioconférence, Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 27 juillet 2026, à l’avocat du M. LE PRÉFET DE SAÔNE-ET-LOIRE, absent au prononcé de la décision. Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 27 juillet 2026, à l’avocat de la personne retenue, absent au prononcé de la décision. La présente décision a été adressée le 27 Juillet 2026 par courrier électronique à Madame le procureur de la République. Le greffier,

Exposé du litige

Tribunal judiciaire de Strasbourg -------------- [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 1] -------------- Juge des Libertés et de la Détention Ordonnance statuant sur la troisième prolongation d’une mesure de rétention administrative N° RG 26/05483 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OPGL Le 27 Juillet 2026 Devant Nous, Armelle WERNER NASSIMBENI, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège en audience publique, au palais de justice, assistée de Isabelle SARBACH, Greffier, Vu les articles L.614-1 et suivants, L. 742-1 et suivants, R 743-1 et suivants et R 741-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Vu l’arrêté pris le 29 août 2024 par le préfet de Seine-saint-Denis faisant obligation à Monsieur X se disant [L] [J] de quitter le territoire français ; Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 27 mai 2026 par M. LE PRÉFET DE SAÔNE-ET-LOIRE à l’encontre de M. [R] se disant [L] [J], notifiée à l’intéressé le 28 mai 2026 à 08h00 ; Vu l’ordonnance rendue le 02 juin 2026 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg prolongeant la rétention administrative de Monsieur X se disant [L] [J] pour une durée de vingt-six jours, décision confirmée par le premier président de la cour d’appel de Colmar le 04 juin 2026 ; Vu l’ordonnance rendue le 26 juin 2026 par le juge des libertés et de la détention du tribunal Judiciaire de Strasbourg prolongeant la rétention administrative de Monsieur X se disant [L] [J] pour une durée de trente, décision confirmée par le premier président de la cour d’appel de Colmar le 29 juin 2026 ; Vu la requête de M. LE PRÉFET DE SAÔNE-ET-LOIRE datée du 26 Juillet 2026, reçue le 26 juillet 2026 à 13h27 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation pour une durée de trente jours supplémentaires, la rétention de : M. X se disant [L] [J] alias [D] alias [K] né le 14 Août 1988 à [Localité 2] (LIBYE) de nationalité Libyenne Vu l’extrait individualisé du registre prévu par l’article L 744-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Vu l’avis d’audience à la préfecture et au parquet par courrier électronique en date du 26 juillet 2026 ; Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue, présente par visioconférence, les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs observations, moyens et arguments : - Me Raphaël NISAND, avocat de permanence au barreau de Strasbourg désigné d’office à la demande de la personne retenue pour l’assister ; - Maître Beril MOREL, agissant pour le compte du cabinet CENTAURE Avocats, avocat représentant la préfecture ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION MOTIVATION EN CAS DE 3ÈME PROLONGATION: Attendu qu’en application de l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de soixante jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport; Que si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours; que la durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours; Qu’il s’ensuit que si la rétention administrative d’un étranger peut désormais faire l’objet d’une troisième prolongation unique de trente jours, sans que la Préfecture n’ait à démontrer que les documents de voyage seront délivrés à bref délai par le Consulat, encore faut-il que l’Administration établisse qu’il existe toujours des perspectives raisonnables d’éloignement de la personne concernée, avant l’échéance de la durée maximale de la rétention; qu’en l’espèce, il ressort des pièces jointes à la requête et des débats que l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement résulte de l'absence de document de voyage, situation assimilable à sa perte au sens de l’article L. 742-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (voir en ce sens : Cass., civ. 2ème, 8 mars 2001, pourvoi n° 99-50.032 ; Bull. 2001, II, n° 44 - Cass., civ. 1ère, 20 oct. 2010, pourvoi n° 09-69.307 ; diffusé) ; Que si cet état de fait a imposé des recherches, qui sont toujours en cours, pour parvenir à établir la nationalité réelle et le véritable état civil de la personne retenue aux fins de délivrance d’un laissez-passer consulaire, il persiste néanmoins à ce stade de la procédure des perspectives raisonnables d’éloignement d’ici la fin de la période maximale de rétention;considérant que le représentation de l’Etat a entrepris de multiples diligences à l’endroit de différents pays; qu’une audition consulaire est attendue avec les autorités lybiennes; qu’il reste donc à ce stade raisonnable de considérer que l’éloignement de la personne retenue pourrait intervenir d’ici la fin de la période de rétention; PAR CES MOTIFS DÉCLARONS la requête de M. LE PRÉFET DE SAÔNE-ET-LOIRE recevable et la procédure régulière ;

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une troisième prolongation de rétention administrative ?
Selon l'article L. 742-4 du CESEDA, la rétention peut être prolongée au-delà de 60 jours en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou lorsque l'impossibilité d'exécuter l'éloignement résulte de la perte ou destruction des documents de voyage, de la dissimulation d'identité ou d'une obstruction volontaire à l'éloignement.
Que se passe-t-il si un étranger dissimule son identité ?
La dissimulation d'identité peut justifier une prolongation de la rétention administrative, car elle constitue un obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement. Dans cette affaire, l'utilisation de plusieurs alias a été retenue comme motif de prolongation.
Comment contester une prolongation de rétention administrative ?
La personne retenue peut former un recours devant le juge des libertés et de la détention, qui examine la régularité de la procédure et le bien-fondé de la prolongation. Elle peut également faire appel de l'ordonnance du juge devant le premier président de la cour d'appel.
Quels sont mes droits en rétention administrative ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être assisté d'un interprète, d'un avocat, de communiquer avec votre consulat, de contacter des organisations comme le Défenseur des droits, et de demander à tout moment la fin de votre rétention au juge.
Le préfet peut-il demander une prolongation de rétention après 60 jours ?
Oui, le préfet peut saisir le juge pour une prolongation supplémentaire de 30 jours maximum, si les conditions de l'article L. 742-4 sont remplies, comme en cas de dissimulation d'identité ou de défaut de délivrance de documents de voyage par le consulat.
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