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Tribunal judiciaire, j.l.d., 28 juillet 2026 — n° 26/05495

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des libertés et de la détention peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger pour une durée de vingt-six jours lorsque la mesure d'éloignement n'a pas pu être exécutée dans le délai de 96 heures et que l'administration a accompli les diligences nécessaires ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée si la mesure d'éloignement n'a pas pu être exécutée dans le délai de 96 heures, à condition que l'administration ait accompli les diligences nécessaires pour assurer l'exécution de la mesure. L'assignation à résidence n'est possible que si l'étranger a remis un passeport en cours de validité.

Faits clés

  • Arrêté préfectoral du 23 juillet 2026 portant obligation de quitter le territoire français
  • Placement en rétention administrative le 24 juillet 2026
  • Requête du préfet du 27 juillet 2026 tendant à la prolongation de la rétention pour 26 jours
  • Personne retenue de nationalité algérienne, née le 6 février 1993
  • Audience par visioconférence avec interprète en langue arabe

Articles cités

article L.614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la prolongation de la rétention de M. X se disant [R] [Q] au centre de rétention administrative de [Localité 7], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt-six jours ; DISONS avoir informé l’intéressé que la présente décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de [Localité 6] dans les 24 heures à compter du prononcé de la présente ordonnance par déclaration motivée faite ou remise par tous moyens au greffe de la cour d’appel et que le recours n’est pas suspensif, conformément aux articles R 743-10 et R 743-11 du CESEDA. Prononcé publiquement au tribunal judiciaire de Strasbourg, le 28 juillet 2026 à h . Le greffier, Le juge des libertés et de la détention, qui ont signé l’original de l’ordonnance. Pour information de la personne retenue: - La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de [Localité 6] dans les 24 heures de son prononcé. Le délai d’appel qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le premier président est saisi par une déclaration écrite motivée, transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de [Localité 6], par courriel à l’adresse [Courriel 1]. Cet appel n’est pas suspensif. L’intéressé est maintenu à disposition de la justice jusqu’à l’audience qui se tiendra à la cour d’appel. - Vous pouvez, pendant toute la durée de votre rétention, demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec votre consulat ou toute personne de votre choix. - Vous avez également le droit de contacter toute organisation et nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment : • le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 3] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX01] ; fax : 01.42.38.85.32) ; • le Défenseur des droits ([Adresse 4] ; tél. : [XXXXXXXX02]) ; • France Terre d’Asile ([Adresse 5] ; tél. : [XXXXXXXX03]) ; • Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 6] ; tél. : [XXXXXXXX04]) ; • Médecins sans frontières - MSF ([Adresse 7] ; tél. : [XXXXXXXX05]). - ASSFAM – Groupe SOS Solidarités est à votre disposition, sans formalité, pour vous aider dans l’exercice effectif de vos droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur. - Vous pouvez aussi demander, à tout moment, qu’il soit mis fin à votre rétention par simple requête, motivée et signée, adressée au juge des libertés et de la détention par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives. Reçu le 28 juillet 2026, dans une langue comprise, notification de la présente ordonnance avec remise d’une copie intégrale, information du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention. La personne retenue, présente par visioconférence, Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 28 juillet 2026, à l’avocat du M. [X] [Y], absent au prononcé de la décision. Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 28 juillet 2026, à l’avocat de la personne retenue, absent au prononcé de la décision. La présente décision a été adressée le 28 Juillet 2026 courrier électronique à Madame le procureur de la République Le greffier,

Exposé du litige

Tribunal judiciaire de [Localité 1] -------------- [Adresse 1] [Adresse 2] [Localité 2] -------------- Juge des Libertés et de la Détention Ordonnance statuant sur la première requête en prolongation d’une mesure de rétention administrative N° RG 26/05495 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OPIC Le 28 Juillet 2026 Devant Nous, Armelle WERNER NASSIMBENI, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège en audience publique, au palais de justice, assistée de Zénaïde WAECKERLE, Greffier, Vu les articles L.614-1 et suivants, L. 742-1 et suivants, R 743-1 et suivants et R 741-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Vu l’arrêté pris le 23 juillet 2026 par le préfet de [Localité 3]-et-[Localité 4] faisant obligation à Monsieur X se disant [R] [Q] de quitter le territoire français ; Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 24 juillet 2026 par M. [X] [J] [Localité 3]-ET-[Localité 4] à l’encontre de M. X se disant [R] [Q], notifiée à l’intéressé le 24 juillet 2026 à 11h00 ; Vu la requête de M. [X] [Y] datée du 27 juillet 2026, reçue le 27 juillet 2026 à 14h12 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de vingt-six jours de : M. X se disant [R] [Q] né le 06 Février 1993 à [Localité 5] (ALGERIE), de nationalité Algérienne Vu l’extrait individualisé du registre prévu par l’article L. 744-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Vu l’avis d’audience à la préfecture et au parquet par courrier électronique en date du 27 juillet 2026 ; En présence de [Z] [L], interprète en langue arabe, assermenté auprès de la cour d’appel de [Localité 6] ; Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue, présente par visioconférence, les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs observations, moyens et arguments : - Me Raphaël NISAND, avocat de permanence au barreau de Strasbourg désigné d’office à la demande de la personne retenue pour l’assister ; Dossier N° RG 26/05495 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OPIC - M. X se disant [R] [Q] ; - Maître Beril MOREL, agissant pour le compte du cabinet CENTAURE Avocats, avocat représentant la préfecture ;

Motivations de la décision

MOTIFS [J] LA DÉCISION SUR LA DEMANDE [J] PROLONGATION [J] LA RÉTENTION : Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que la personne retenue a été, dans les meilleurs délais suivant la notification de la décision de placement en rétention, pleinement informée de ses droits et placée en état de les faire valoir à compter de son arrivée au lieu de rétention ; Attendu que la mesure d’éloignement n'a pu être mise à exécution dans le délai de 96 heures qui s’est écoulé depuis la décision de placement en rétention ; Attendu qu’il n’est émis aucune critique sur les diligences accomplies jusqu’à présent par l’Administration pour que, conformément aux exigences de l’article L.741-3 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la rétention n’excède pas le temps strictement nécessaire au départ de la personne faisant l’objet de la mesure d’éloignement ;considérant que les autorités compétentes ont été promptement saisies par le représentant de l’Etat; Attendu que la personne retenue ne remplit pas les conditions d’une assignation à résidence, telles que fixées par l’article [Etablissement 1] 743-13 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en ce sens qu’elle n’a pas préalablement remis à un service de police ou à une unité de gendarmerie un passeport en cours de validité et ne présente pas des garanties de représentation effectives à défaut de justifier d’un domicile fixe et certain sur le territoire français étant souligné par ailleurs que le conseil de la personne retenue ainsi que le retenu lui même ont indiqué lors de l’audience que Monsieur [Q] n’avait nullement l’intention de se conformer à la mesure d’éloignement; Qu’en conséquence, rien ne s’oppose à ce que soit ordonnée la prolongation de la rétention administrative de la personne visée par la requête du préfet ; PAR CES MOTIFS DÉCLARONS la requête du M. [X] [Y] recevable et la procédure régulière ;

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation est possible si la mesure d'éloignement n'a pas pu être exécutée dans le délai de 96 heures et si l'administration a accompli les diligences nécessaires. Dans cette affaire, le juge a constaté que l'administration avait saisi les autorités compétentes et qu'aucune critique n'était formulée sur ses diligences.
Puis-je demander une assignation à résidence plutôt que la rétention ?
L'assignation à résidence n'est possible que si vous remettez un passeport en cours de validité à un service de police ou de gendarmerie. Dans cette affaire, la personne retenue ne remplissait pas cette condition, donc la prolongation de la rétention a été ordonnée.
Quels sont mes droits pendant la rétention ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être assisté d'un interprète, d'un avocat, d'un médecin, de communiquer avec votre consulat et de contacter des organisations comme le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Ces droits ont été rappelés à la personne retenue lors de l'audience.
Comment contester la prolongation de ma rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention dans un délai de 24 heures. Vous pouvez également demander à tout moment la fin de votre rétention par une requête motivée adressée au juge.
Que se passe-t-il après 96 heures de rétention ?
Après 96 heures, le préfet doit saisir le juge des libertés et de la détention pour demander une prolongation. Dans cette affaire, la requête a été déposée dans les délais et le juge a prolongé la rétention pour 26 jours.
L'administration doit-elle prouver qu'elle a fait des diligences ?
Oui, l'administration doit démontrer qu'elle a accompli les diligences nécessaires pour exécuter la mesure d'éloignement. Dans cette affaire, le juge a constaté que les autorités compétentes avaient été promptement saisies, ce qui a justifié la prolongation.
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