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Tribunal judiciaire, referes, 29 juillet 2026 — n° 26/00033

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il condamner le constructeur à verser une provision pour des réserves de chantier et un préjudice de jouissance lorsque les réserves ont été levées et que les demandes sont sérieusement contestables ?

Principe retenu

En application de l'article 835 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution d'une obligation de faire lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable. En l'espèce, les demandes de provision pour reprises matérielles et préjudice de jouissance ont été rejetées car les obligations étaient sérieusement contestables, les réserves ayant été levées et le lien de causalité incertain.

Faits clés

  • Contrat de construction de maison individuelle conclu le 22 février 2023
  • Réception des travaux le 27 mars 2025 avec réserves constatées par commissaire de justice
  • Réserves complémentaires notifiées par courrier du 28 mars 2025
  • Ultime mise en demeure du 22 janvier 2026
  • Réserves levées avant l'audience de référé

Articles cités

article 835 du code de procédure civile article 1792-6 du code civil article 1231-1 du code civil article L231-8 du code de la construction et de l'habitation article 700 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile article 699 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Madame [S] est propriétaire d’un terrain situé [Adresse 3] à [Localité 3]. Par contrat en date du 22 février 2023, Madame [S] a confié la construction de sa maison individuelle à la société TRECOBAT. Les travaux ont été réceptionnés le 27 mars 2025 avec plusieurs réserves, qui ont été constatées par commissaire de justice. Par courrier recommandé en date du 28 mars 2025, Madame [S] a adressé à la société TRECOBAT une liste de réserves complémentaires. Les réserves n’auraient pas toutes été levées malgré un ultime courrier recommandé transmis le 22 janvier 2026 à la société TRECOBAT. Par acte de commissaire de justice en date du 10 février 2026, Madame [H] [S] a fait assigner devant le juge des référés du Tribunal Judiciaire des Sables d’Olonne Monsieur la S.A.S. TRECOBAT aux fins de la faire condamner à intervenir pour lever toutes les réserves, ce sous astreinte de 1.000 € par jour de retard une fois ce délai expiré, aux entiers dépens avec distraction au profit de la SELARL CIRIER AVOCATS ASSOCIES et à la somme de 4.000 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. L’affaire a été appelée à l’audience du 22 juin 2026. Madame [S] a demandé au juge des référés de : Vu l’article 835 du Code de procédure civile, Vu l’article 1792-6 du Code civil, Vu l’article 1231-1 du Code civil, Vu l’article L231-8 du Code de la construction et de l’habitation La JUGER recevable et bien fondée en toutes ses demandes, fins et prétentions.REJETER toutes demandes, fins et prétentions adverses contraires au présent dispositif comme étant irrecevables et mal fondées. En conséquence, JUGER que la société TRECOBAT a fait aveu judiciaire de la reconnaissance de sa responsabilité et garantie aux termes de son courrier du 14 avril 2025 de nature à produire contre elle des conséquences juridiques,CONDAMNER la société TRECOBAT à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 3.592,99 euros à valoir sur l'indemnisation des reprises matérielles.CONDAMNER la société TRECOBAT à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 10.000 euros à valoir sur l'indemnisation de son préjudice de jouissance. Dans toutes les hypothèses, CONDAMNER la société TRECOBAT aux entiers dépens, en ce compris le procès-verbal de constat de Me [D], avec distraction au profit de la SELARL CIRIER AVOCATS ASSOCIÉS, société d’avocats inter-barreaux postulant par l’un de ses associés, pour ceux dont elle aurait fait l’avance sans avoir reçu provision, en application des articles 696 et 699 du Code de procédure civile.CONDAMNER la société TRECOBAT à lui verser la somme de 6.000 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du Code de Procédure Civile, ainsi qu’aux entiers dépens. Madame [S] a fait valoir qu’elle avait régulièrement transmis le courrier du 28 mars 2025, contenant la liste des réserves complémentaires, soulignant que la défenderesse avait accusé bonne réception par courrier recommandé conforme du 14 avril 2025. Elle a précisé que le nombre important de réserves avaient été levées uniquement suite à l’instance judiciaire, précisant avoir subi un préjudice de jouissance du fait notamment des contraintes d’accès à son habitation pour les reprises effectuées. Elle a enfin soutenu avoir fait réaliser un drain extérieur et une terrasse en béton poreux pour pallier le désalignement des seuils extérieurs et prévenir de futures infiltrations, ainsi que la remise à niveau des plaques de conduits d’eaux pluviales (société JARDINS DE VENDEE). A ce titre, elle a demandé le versement de la somme provisionnelle de 3.592,99 € à valoir sur les reprises matérielles. La S.A.S.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur les demandes provisionnelles Il résulte des dispositions de l’article 835 du Code de procédure civile que « même en présence d'une contestation sérieuse, le président du Tribunal Judiciaire peut prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution de l'obligation, même s'il s'agit d'une obligation de faire ». A titre liminaire, il convient de constater que les réserves semblent désormais avoir été intégralement levées, sauf pour Madame [S] à avoir renoncé unilatéralement à sa demande initiale. Préjudice de jouissance A ce stade, et sans aucun élément concret permettant de fixer l’étendue des préjudices subis par Madame [S], ni même d’apprécier in concreto les périodes de troubles de la jouissance de son bien dont elle se prévaut, cette demande apparaît sérieusement contestable et sera rejetée. Indemnisation des reprises matérielles En l’espèce, les clauses contractuelles ne semblent pas imputer la charge des travaux réalisés par la société JARDINS de VENDEE à la société TRECOBAT. En outre, le lien de causalité entre la construction d’une terrasse et d’une allée à l’arrière de la maison, d’une part, et le délai de levée des réserves est très incertain. L’obligation dont se prévaut Madame [S] est en conséquence sérieusement contestable. Sa demande ne peut donc qu’être rejetée. Sur les demandes accessoires Compte-tenu de la nature du litige et d’une levée des réserves effectuée tardivement suite à la présente instance, les dépens seront partagés par moitié entre les parties. Ces derniers ne comprendront pas les frais du constat de commissaire de justice du 27 mars 2025, cet acte n’étant pas légalement imposé dans la cadre de la présente procédure. Il apparaît équitable de ne prononcer aucune condamnation au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge des référés, Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au Greffe, contradictoire, exécutoire par provision, et en premier ressort, REJETONS l’ensemble des demandes formulées par Madame [H] [S] ; CONDAMNONS Madame [H] [S] et la S.A.S. TRECOBAT chacun à la moitié des dépens ; Ainsi faits et ordonné les jours, mois et ans susdits. La présente décision a été signée par Franck NGUEMA ONDO, Président et Isabelle MASSON, cadre greffière. I. MASSON F. NGUEMA

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une provision en référé ?
Une provision est une somme d'argent accordée par le juge des référés à titre provisoire, lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Elle permet d'obtenir rapidement une avance sur l'indemnisation définitive.
Puis-je obtenir une provision pour des réserves de construction ?
Oui, si les réserves sont non sérieusement contestables. En l'espèce, la demande a été rejetée car les réserves avaient été levées et le lien de causalité avec les travaux de reprise était incertain.
Comment obtenir une indemnisation pour préjudice de jouissance ?
Il faut démontrer concrètement les troubles subis et leur durée. En l'absence de preuves, la demande est considérée comme sérieusement contestable et rejetée en référé.
Que se passe-t-il si les réserves sont levées avant l'audience ?
Le juge peut considérer que la demande de provision devient sans objet, car l'obligation de faire a été exécutée. Cela a conduit au rejet de la demande dans cette affaire.
Quels sont les frais à prévoir pour une procédure de référé ?
Les dépens comprennent les frais de justice et parfois les constats. En l'espèce, les dépens ont été partagés par moitié entre les parties, et les frais de constat n'ont pas été inclus car non imposés.
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