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Tribunal judiciaire, referes, 29 juillet 2026 — n° 26/00140

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il étendre les opérations d'expertise judiciaire à des parties voisines et à de nouveaux désordres sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile ?

Principe retenu

L'article 145 du code de procédure civile permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. L'extension des opérations d'expertise à des parties voisines et à de nouveaux désordres est légitime lorsqu'elle est nécessaire à la manifestation de la vérité et présente un lien suffisant avec la mesure initiale.

Faits clés

  • Monsieur [T] a fait construire une annexe et une piscine, avec des infiltrations d'eau apparues en 2023.
  • Une expertise judiciaire a été ordonnée le 29 août 2025 (RG n°25/00138).
  • L'expert a demandé à examiner les désordres du côté des constructions voisines.
  • Les propriétaires voisins sont les époux [R] et Madame [M].
  • L'expert a également signalé de nouveaux désordres concernant les enduits de ravalement de façade et la coupure capillaire.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Monsieur [G] [T] est propriétaire d’une maison située [Adresse 1]. Il a souhaité procéder courant 2020 à des travaux d’extension de sa maison, consistant en la création d’une annexe et d’une piscine. Il a confié la maîtrise d’œuvre de conception à Monsieur [Y] [Q] et a signé des marches de gré à gré avec les entreprises GDTP (le lot « Terrassement et agrandissement de la piscine »), DAVY FRERES (le lot « Gros œuvre, VRD et enduit ») et LEO COUVERTURE (le lot « Couverture et zinguerie »), toutes les trois assurées auprès des sociétés MMA IARD et MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES. Les travaux ont démarré le 11 avril 2023 pour s’achever à la fin du mois d’octobre 2023. Des infiltrations d’eau importantes sont apparues courant 2023 et les démarches amiables n’ont pas permis à une résolution amiable des désordres. Par ordonnance en date du 29 août 2025, à laquelle il convient de se référer pour un exposé plus complet du litige, le juge des référés a ordonné une expertise judiciaire confiée à Monsieur [S] [K] (RG N°25/00138). Les opérations d’expertise sont toujours en cours et l’expert a souhaité faire examiner la construction du côté des voisins de Monsieur [T] pour comprendre les causes possibles des infiltrations dans les murs. Par actes de commissaire de justice en date du 22, 27 30 avril 2026, Monsieur [G] [T] a fait assigner la E.I. [Y] [Q], la S.A.R.L. GDTP, la S.A.R.L. DAVY FRERES, la S.A.S. LEO COUVERTURE, ainsi que leurs assureurs, la S.A. MMA IARD et la S.A. MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, ainsi que ses voisins, Madame [X] [R] et Monsieur [O] [R], Madame [B] [M], aux fins d’étendre les opérations d’expertise aux nouvelles parties et la mission de l’expert aux nouveaux désordres dénoncés et visés par l’expert dans sa note aux parties n°1 (mise en œuvre de l’enduit de ravalement de façade et coupure capillaire). L’affaire a été appelée le 22 juin 2026. Monsieur [T] a maintenu ses demandes. La S.A.R.L. DAVY FRERES, la S.A.S. LEO COUVERTURE, ainsi que leurs assureurs, la S.A. MMA IARD et la S.A. MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, ont comparu et ont formulé leurs protestations et réserves d’usage. La S.A.R.L. GDTP et ses assureurs, la S.A. MMA IARD et la S.A. MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, ont comparu et ont également formulé leurs protestations et réserves d’usage. Madame [M] a comparu. Elle a formulé ses protestations et réserves d’usage quant aux demandes formulées, sollicitant en outre la condamnation de Monsieur [T] aux dépens. Les époux [R] et l’E.I. [Y] [Q] n’ont pas comparu. La décision a été mise en délibéré au 21 juillet 2026, délibéré prorogé au 29 juillet 2026 pour raisons de service.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION L’article 145 du Code de procédure civile prévoit que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès l’épreuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé » En l'espèce, il ressort des éléments apportés transmis par Monsieur [T] que l’expert s’interroge, dans le cadre des opérations d’expertise en cours, sur la nécessité d’examiner les désordres du côté des constructions voisines. L’extension des opérations d’expertise aux époux [R] et à Madame [M], propriétaires voisins, parait donc légitime au sens de l’article susvisé et présente un lien suffisant avec la mesure initialement mise en œuvre. Il sera donc fait droit à cette demande. S’agissant de la demande d’extension de mission de l’expert, elle apparaît également fondée dès lors qu’elle résulte d’une invitation de l’expert. Les dépens resteront à la charge provisoire Monsieur [T], demandeurs. PAR CES MOTIFS Le juge des référés, Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au Greffe, réputée contradictoire, exécutoire par provision, et en premier ressort, ORDONNONS l’extension des opérations d’expertise détaillées dans le cadre de l’ordonnance susvisée du 29 avril 2025 (RG n° 25/00138) à Madame [X] [R] et Monsieur [O] [R], Madame [B] [M] ; DISONS que l’expert judiciaire devra établir, dans les meilleurs délais, un état des lieux contradictoire en présence des nouvelles parties ; ORDONNONS l'extension de la mission de l’expert aux nouveaux dommages dénoncés et précisés dans sa note aux parties n°1 (mise en œuvre des enduits de ravalement de façade et coupure capillaire).

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge provisoire de Monsieur [G] [T]. Ainsi fait et ordonné les jour, mois et an susdits. La présente décision a été signée par Franck NGUEMA ONDO, Président, et Isabelle MASSON, Cadre Greffier Franck NGUEMA ONDO Isabelle MASSON

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une expertise judiciaire en matière de construction ?
C'est une mesure d'instruction ordonnée par un juge pour faire constater des désordres par un expert technique avant un éventuel procès. Elle permet de recueillir des preuves.
Comment étendre une expertise judiciaire à des voisins ?
Il faut saisir le juge des référés d'une demande d'extension, en justifiant d'un motif légitime, par exemple si l'expert estime nécessaire d'examiner les constructions voisines pour comprendre les désordres.
Quels sont les pouvoirs du juge des référés en matière d'expertise ?
Le juge des référés peut ordonner une expertise sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile s'il existe un motif légitime. Il peut aussi étendre la mission de l'expert à de nouveaux désordres ou à de nouvelles parties.
Qui supporte les frais d'expertise ?
En général, la partie qui demande l'expertise avance les frais. Dans cette affaire, les dépens ont été laissés à la charge provisoire de Monsieur [T], le demandeur.
Que faire si de nouveaux désordres apparaissent pendant l'expertise ?
L'expert peut les signaler dans une note aux parties, et le juge des référés peut étendre la mission de l'expert pour les inclure, comme cela a été fait ici pour les enduits de façade.
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