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Tribunal judiciaire, referes, 29 juillet 2026 — n° 26/00170

Statue sur un incident survenant au cours d'une mesure d'instruction ou d'information

Synthèse de la décision

Question juridique

L'extension des opérations d'expertise à l'assureur de la partie demanderesse est-elle justifiée au sens de l'article 145 du code de procédure civile lorsque sa responsabilité pourrait être engagée ?

Principe retenu

L'article 145 du code de procédure civile permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir des faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. L'intervention volontaire de l'assureur est recevable si elle se rattache aux prétentions des parties par un lien suffisant. En l'espèce, l'extension de l'expertise à l'assureur est légitime car sa responsabilité pourrait être engagée suite aux constatations de l'expert.

Faits clés

  • Construction d'une maison en limite de propriété par les époux U en 2008
  • Réception des travaux le 16 octobre 2015
  • Apparition de fissures sur le mur pignon des époux Q en 2024
  • Expertise judiciaire ordonnée le 18 novembre 2025
  • Demande d'extension de l'expertise à la société MAIF, assureur des époux Q

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 325 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 28 juin 2008, Madame [N] [T] épouse [U] et Monsieur [K] [U] ont acquis un terrain sis [Adresse 5] à [Localité 5], sur lequel ils ont entrepris de faire bâtir une maison individuelle. Les travaux de maçonnerie ont été confié à la SARL LOUINEAU BERNARD ET FILS, assurée au titre de la garantie décennale auprès des MMA IARD ASSURANCESMUTUELLES et MMA IARD. Le procès-verbal de réception a été régularisé le 16 octobre 2015. Cette construction a été réalisée en limite de propriété et jouxte la parcelle appartenant à Madame [R] [X] épouse [Q] et Monsieur [Z] [Q]. Courant 2024, les époux [Q] ont alerté leur voisin, les époux [U], sur l’apparition de fissures sur le mur pignon de leur immeuble, à l’aplomb d’un bac à végétaux maçonné présent sur leur terrain. Les démarches amiables n’ont cependant pas abouti. Par ordonnance en date du 18 novembre 2025, à laquelle il convient de se référer pour un exposé plus complet du litige, le juge des référés a ordonné une expertise judiciaire confiée à Monsieur [F] [L] (RG N°25/00172). Les opérations d’expertise sont toujours en cours. Par actes de commissaire de justice en date du 2 juin 2026, la société d’assurance MAIF, Madame [R] [X] épouse [Q] et Monsieur [Z] [Q] ont fait assigner Madame [N] [T] épouse [U] et Monsieur [K] [U], ainsi que les sociétés MMA IARD et MMA IARD MUTUELLES aux fins d’extension des opérations d’expertise à leur encontre. L’affaire a été appelée le 22 juin 2026. Les époux [Q] et la société MAIF, intervenante volontaire, ont expliqué que l’intervention de leur assureur était désormais nécessaire au regard du déroule des opérations d’expertise et de leur possible mise en cause en lien avec l’installation d’une jardinière. Les MMA IARD ont indiqué s’en rapporter quant au mérite de cette demande. Les époux [H] n’ont pas comparu. La décision a été mise en délibéré au 21 juillet 2026, délibéré prorogé au 29 juillet 2026 pour raisons de service.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION L’article 145 du Code de procédure civile prévoit que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès l’épreuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé » L’article 325 du même code prévoit que « L'intervention n'est recevable que si elle se rattache aux prétentions des parties par un lien suffisant. » En l'espèce, il ressort des éléments apportés transmis par la société MAIF et les époux [Q] que leur responsabilité et celle de leur assureur pourrait être engagée suite aux premières constatations effectuées par l’expert. L’extension des opérations d’expertise à cette dernière, intervenante volontaire, parait légitime au sens de l’article susvisé et présente un lien suffisant avec la mesure initialement mise en œuvre. Il sera donc fait droit à cette demande. Les dépens resteront à la charge provisoire des époux [U] et de la société MAIF, demandeurs. PAR CES MOTIFS Le juge des référés, Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au Greffe, réputée contradictoire, exécutoire par provision, et en premier ressort, ORDONNONS l’extension des opérations d’expertise détaillées dans le cadre de l’ordonnance susvisée du 18 novembre 2025 (RG n° 25/00172) à la société MAIF, es-qualité d’assureur de Madame [R] [X] épouse [Q] et Monsieur [Z] [Q] ; DISONS que l’expert judiciaire devra établir, dans les meilleurs délais, un état des lieux contradictoire en présence des nouvelles parties ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge provisoire de la société MAIF, de Madame [N] [T] épouse [U] et Monsieur [K] [U]. Ainsi fait et ordonné les jour, mois et an susdits. La présente décision a été signée par Franck NGUEMA ONDO, Président, et Isabelle MASSON, Cadre Greffier Franck NGUEMA ONDO Isabelle MASSON

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une expertise judiciaire ?
Une expertise judiciaire est une mesure d'instruction ordonnée par un juge pour faire constater des faits par un expert technique. Elle est souvent ordonnée avant un procès pour établir des preuves.
Comment obtenir une extension d'expertise ?
Pour étendre une expertise à une nouvelle partie, il faut saisir le juge des référés en démontrant un motif légitime et un lien suffisant entre la demande et la mesure initiale. En l'espèce, l'extension a été ordonnée car la responsabilité de l'assureur pouvait être engagée.
Quel est le rôle de l'assureur dans une expertise ?
L'assureur peut intervenir volontairement dans une expertise si sa responsabilité est susceptible d'être engagée. Il participe aux opérations d'expertise pour défendre ses intérêts.
Qui supporte les frais d'expertise ?
En général, les frais d'expertise sont avancés par la partie qui la demande, mais le juge peut décider de les laisser à la charge provisoire de certaines parties. Dans cette affaire, les dépens ont été laissés à la charge provisoire des demandeurs et des défendeurs.
Que faire en cas de fissures causées par la construction d'un voisin ?
Il est conseillé de faire constater les désordres par un expert. On peut saisir le juge des référés pour obtenir une expertise judiciaire, comme l'ont fait les époux Q.
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