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Tribunal judiciaire, 14ch surendettement, 27 juillet 2026 — n° 26/00049

Confirme la décision déférée dans toutes ses dispositions, à l'égard de toutes les parties au recours

Synthèse de la décision

Question juridique

La demande de traitement de la situation de surendettement est-elle irrecevable en raison de l'absence de bonne foi des débiteurs, faute d'éléments nouveaux depuis une précédente décision de justice ?

Principe retenu

L'irrecevabilité d'une demande de surendettement peut être prononcée si le débiteur est de mauvaise foi, notamment lorsqu'il a contracté des dettes sans perspective raisonnable de remboursement. En l'absence d'éléments nouveaux et pertinents depuis une précédente décision de justice ayant constaté la mauvaise foi, la demande est irrecevable.

Faits clés

  • Premier dossier de surendettement jugé irrecevable pour mauvaise foi le 22 décembre 2023
  • Nouveau dossier déposé le 25 novembre 2025 avec des dettes similaires
  • Endettement de 64 353,20 euros, incluant une créance de 41 593,12 euros du [6]
  • Débiteurs en arrêt maladie depuis 2022
  • Dépenses jugées excessives (restaurant, Mac Donalds, achats divers)

Dispositif

* * * PAR CES MOTIFS Le Juge des contentieux de la protection, Statuant publiquement, par jugement rendu par défaut et en dernier ressort, DÉCLARE le recours de Madame [H] [V] épouse [K] et Monsieur [N] [K] recevable mais infondé, DÉCLARE en conséquence irrecevable leur demande de pouvoir bénéficier d’une procédure de surendettement, LAISSE les frais et dépens de l'instance à la charge de l’Etat. Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction les jours, mois et an susdits. En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge des contentieux de la protection et le greffier. Le Greffier Marie BAHUON Vice-Présidente en charge des contentieux de la protection

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Par déclaration en date du 25 novembre 2025, Madame [H] [V] épouse [K] et Monsieur [N] [K] saisissaient la Commission de Surendettement des Particuliers du Morbihan d’une demande tendant au traitement de leur situation de surendettement. Par une lettre expédiée le 23 février 2026 (date d'injection), Madame [H] [V] épouse [K] et Monsieur [N] [K] contestaient la décision d'irrecevabilité prise par la commission de surendettement des particuliers du Morbihan le 5 février 2026 et notifiée le 13 février 2026 pour le traitement de leur situation de surendettement pour le motif suivant : absence de bonne foi, les débiteurs ne présentant pas d'éléments nouveaux et pertinents, à savoir des efforts importants pour redresser leur situation financière, pouvant remettre en cause l'autorité de la chose de la précédente décision de justice. Les parties étaient convoquées par lettre recommandée avec accusé de réception à l'audience du 19 juin 2026. * * A l'audience, Madame [H] [V] épouse [K] et Monsieur [N] [K] concédaient avoir déposé un premier dossier de surendettement ayant abouti au jugement du 22 décembre 2023 qui les avaient déclarés irrecevables à bénéficier d'une procédure de surendettement pour cause de mauvaise foi. Ils entendaient ne pas avoir d'éléments nouveaux, déclarant les mêmes dettes, mais persistaient à dire qu'ils ne s'en sortaient pas et qu'ils souhaitaient de l'aide. Confrontés aux motivations du jugement de 2023, Monsieur [K] finissait par être désobligeant voire outrageant à la fin de l'audience. Le [6], [3], les SGC [Localité 1] et France Travail écrivaient pour maintenir ou actualiser leurs créances sans observation sur la recevabilité du dossier. Les autres créanciers n'avaient pas écrit et pas comparu. L'affaire était mise en délibéré au 27 juillet 2026.

Motivations de la décision

* * * MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la recevabilité du recours en contestation des mesures Aux termes des articles L.722-1, R722-1 et R.722-2 du code de la consommation, le débiteur peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans le délai de 15 jours, la décision d’irrecevabilité de sa demande de traitement de sa situation de surendettement. En l'espèce, les époux [K] ont reçu notification de la décision d’irrecevabilité de leur dossier par la commission le 13 février 2026 et formé un recours auprès du secrétariat de la commission le 23 février 2026 (date d'injection), soit avant l'expiration du délai de quinze jours. En conséquence, il y a lieu de déclarer le présent recours recevable. Sur la recevabilité de la situation de surendettement L’article L. 711-1 du code de la consommation dispose : “Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes non-professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.” Dans le cadre d'une procédure de surendettement, la bonne foi des débiteurs est présumée. Il appartient à celui qui se prévaut de leur mauvaise foi de démontrer celle-ci. La bonne ou mauvaise foi doit s'apprécier compte tenu des circonstances de la cause et en fonction du comportement du débiteur au moment du dépôt de leur demande mais aussi à la date des faits qui sont à l'origine du surendettement et pendant le processus de formation de la situation de surendettement. En l'espèce, les débiteurs ont déjà déposé une demande de surendettement en janvier 2023 qui avait été déclaré recevable. Suite à contestation du [15] [16], un jugement du juge du surendettement a été rendu le 22 décembre 2023. Ce jugement précise qu'en 2021, Madame [K] a ouvert un compte de dépôt individuel auprès du [15]. Suite à plusieurs avenants, le couple a ensuite bénéficié d'une carte à débit immédiat puis une carte à débit différé. Après étude détaillée des relevés de compte, il s'avérait que les débiteurs procédaient à des virements pouvant aller jusqu'à 15.000 euros du dit compte chèque vers des comptes PAYPAL puis percevaient des montants importants depuis ces mêmes comptes. Le jugement ajoutait que ce procédé consistait à camoufler une insolvabilité en détournant le système de débit différé de leur compte PAYPAL ou compte chèque, leurs agissements s'analysant en cavalerie bancaire. Ils ont ainsi, toujours selon ce jugement, cherché à obtenir un train de vie auquel ils n'auraient pu normalement prétendre au regard de leurs revenus (étant observé qu'ils se disent tous deux en arrêt maladie depuis 2022) notamment en se rendant à [Etablissement 1], des repas répétitifs au Mac Donalds, des achats divers... Pendant tout ce temps, différents crédits ont été souscrits, l'état d'endettement du 14 avril 2023 faisant alorsmention d'un endettement de 63.807,90 euros, intégrant la créance du [15] correspondant à une position débitrice du compte pour 33.511,98 euros. Dans le cadre du nouveau dossier déposé, il est question d'un endettement de 64.353,20 euros comprenant toujours la créance de 2022 du [6] de 41.593,12 euros. Dans ces conditions, et faute d'éléments nouveaux apportés à l'audience du 19 juin 2026 permettant d'écarter la mauvaise retenue à juste titre en 2023, les débiteurs, qui se contentent de dire qu'ils ne s'en sortent plus et veulent être aidés pour payer leurs dettes, se montrant par ailleurs très vindicatifs, ne sauraient être considérés comme de bonne foi dans le processus ayant conduit à leur situation de surendettement. En conséquence, il y a lieu de déclarer irrecevable la demande de Madame [H] [V] épouse [K] et Monsieur [N] [K] tendant au bénéfice d'une procédure de traitement de leur situation de surendettement.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la bonne foi dans le cadre d'une procédure de surendettement ?
La bonne foi est une condition essentielle pour bénéficier d'une procédure de surendettement. Elle implique que le débiteur n'a pas volontairement aggravé son endettement, par exemple en contractant des crédits sans capacité de remboursement ou en effectuant des dépenses excessives. Dans cette affaire, les juges ont estimé que les débiteurs avaient fait preuve de mauvaise foi en raison de dépenses jugées excessives et de crédits souscrits sans perspective de remboursement.
Que signifie 'éléments nouveaux' pour un nouveau dossier de surendettement ?
Les éléments nouveaux sont des faits ou des justificatifs qui n'ont pas été examinés lors de la précédente décision et qui pourraient changer l'appréciation de la situation. Par exemple, une perte d'emploi, une maladie grave, ou une diminution significative des revenus. Dans cette affaire, les débiteurs n'ont apporté aucun élément nouveau, se contentant de déclarer les mêmes dettes, ce qui a conduit au rejet de leur demande.
Puis-je déposer un nouveau dossier de surendettement après un refus pour mauvaise foi ?
Oui, il est possible de déposer un nouveau dossier, mais il devra démontrer que la situation a changé et que le débiteur est désormais de bonne foi. En l'absence d'éléments nouveaux, la demande sera irrecevable en raison de l'autorité de la chose jugée. Dans cette affaire, le tribunal a rappelé que les débiteurs devaient apporter des éléments nouveaux et pertinents pour remettre en cause la précédente décision.
Quelles sont les conséquences d'une précédente décision de justice sur un nouveau dossier ?
Une précédente décision de justice ayant constaté la mauvaise foi a une autorité de la chose jugée. Cela signifie que, sauf éléments nouveaux, la même question ne peut pas être rejugée. Dans cette affaire, le tribunal a déclaré irrecevable la nouvelle demande car les débiteurs n'avaient pas apporté d'éléments nouveaux permettant d'écarter la mauvaise foi retenue en 2023.
Comment prouver ma bonne foi dans une demande de surendettement ?
Pour prouver sa bonne foi, le débiteur doit démontrer qu'il a fait des efforts pour rembourser ses dettes, qu'il n'a pas aggravé volontairement son endettement, et que sa situation financière est due à des circonstances indépendantes de sa volonté. Dans cette affaire, les débiteurs n'ont pas fourni de preuves d'efforts, se contentant de dire qu'ils ne s'en sortaient plus, ce qui a été jugé insuffisant.
Quels sont les critères pour être recevable dans une procédure de surendettement ?
Les critères de recevabilité incluent la bonne foi du débiteur, l'existence d'une situation de surendettement (impossibilité de faire face aux dettes non professionnelles), et l'absence de mauvaise foi caractérisée. Dans cette affaire, la demande a été jugée irrecevable car la mauvaise foi avait été établie précédemment et aucun élément nouveau n'a été apporté.
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