Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, 14ch surendettement, 27 juillet 2026 — n° 26/00050

Infirme la décision déférée dans toutes ses dispositions, à l'égard de toutes les parties au recours

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il modifier les mesures imposées par la commission de surendettement pour permettre au débiteur de conserver son véhicule en location longue durée et de réduire ses mensualités ?

Principe retenu

Le juge des contentieux de la protection, saisi d'une contestation des mesures imposées par la commission de surendettement, peut vérifier la validité des créances et adapter les mesures en fonction de la situation du débiteur. Il peut notamment rééchelonner les dettes sur une durée plus longue, réduire les mensualités, et autoriser la conservation d'un véhicule nécessaire pour le travail, même si le contrat de location arrive à expiration.

Faits clés

  • Monsieur [A] [H] a contesté les mesures imposées par la commission de surendettement le 5 février 2026.
  • Les mesures imposées prévoyaient un rééchelonnement sur 53 mois, un taux de 2,62%, la restitution du véhicule en LLD à la fin du contrat, et un déménagement dans les 12 mois.
  • Monsieur [H] travaille en CDI et a besoin de son véhicule pour se rendre sur son lieu de travail.
  • Le contrat de location longue durée du véhicule arrive à échéance en août 2026, sans impayés.
  • Monsieur [H] dispose d'une moto pour remplacer la voiture.

Articles cités

article L.733-10 du code de la consommation article R.733-6 du code de la consommation article L.733-12 du code de la consommation article R.713-10 du code de la consommation

Dispositif

* * * PAR CES MOTIFS , Le Juge des contentieux de la protection, Statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, DÉCLARE le recours de Monsieur [A] [H] recevable, FIXE les créances envers Monsieur [A] [H], pour les seuls besoins de la procédure de surendettement, aux montants arrêtés par la commission dans son état des créances du 5 mars 2026, DIT que l'état du passif dressé par la commission figurant avec ces mesures restera annexé au présent jugement, DIT que les dettes de Monsieur [A] [H] sont reportées et rééchelonnées pendant 24 mois, conformément au tableau récapitulatif des mensualités du plan qui restera annexé au présent jugement; DIT que, pendant la durée du plan, les créances reportées ou rééchelonnées ne porteront pas intérêt ; DIT que ces mesures sont subordonnées à la restitution du véhicule en LLD et au déménagement de l’intéressé dans un logement dont le loyer sera plus en adéquation à ses revenus ; DIT qu’à l’issue du délai de 24 mois, ou plus tôt en cas de retour à meilleure fortune quelle qu'en soit la cause, Monsieur [A] [H] devra reprendre contact avec la commission pour voir traiter le reliquat de son endettement et devra justifier à ce stade des démarches entreprises; RAPPELLE que les dispositions du présent jugement se substituent à tous les accords antérieurs qui ont pu être conclus entre Monsieur [A] [H] et les créanciers et que ces derniers doivent donc impérativement suspendre tous les prélèvements qui auraient été prévus pour des montants supérieurs à ceux fixés par ce jugement et ne peuvent exiger le paiement d’aucune autre somme, SUSPEND, pendant toute la durée du présent plan, les mesures d'exécution qui auraient pu être engagées à l'encontre de Monsieur [A] [H] et rappelle aux créanciers qu'ils ne peuvent exercer aucune voie d'exécution pendant ce délai, RAPPELLE que les créances qui ont pu être écartées de la procédure, soit à l'occasion d'une précédente vérification, soit dans le cadre du présent jugement, restent néanmoins soumises à l'effet suspensif du présent plan adopté au profit de Monsieur [A] [H] DIT que dans l'hypothèse où l'un des créanciers obtiendrait un titre exécutoire pour un montant supérieur à celui retenu, le paiement de la différence constatée serait suspendu sans intérêt jusqu'à l'achèvement du plan, RAPPELLE que Monsieur [A] [H] sera déchu du bénéfice de la présente procédure si : - il aggrave son endettement sans l’accord des créanciers ou du juge chargé du surendettement, - il ne respecte pas les modalités du présent jugement, un mois après une mise en demeure restée infructueuse d’avoir à remplir ses obligations, RAPPELLE que le présent jugement est immédiatement exécutoire en application de l'article R. 713-10 du code de la consommation, LAISSE les frais et dépens à la charge de l'Etat, DIT que le présent jugement sera notifié par lettre recommandée avec avis de réception à chacune des parties et par lettre simple à la commission. Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction les jours, mois et an susdits. En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge des contentieux de la protection et le greffier. Le Greffier Marie BAHUON Vice-Présidente en charge des contentieux de la protection

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Par une lettre adressée au secrétariat de la Commission le 27 février 2026 puis transmise par ce dernier au greffe du Juge des contentieux de la protection, Monsieur [A] [H] contestait les mesures imposées le 5 février 2026 par la commission de surendettement du Morbihan pour le traitement de sa situation de surendettement, qui lui avaient été notifiées le 13 février 2026 et qui consistaient en un rééchelonnement des dettes sur une durée de 53 mois au taux maximum de 2,62%, avec restitution du véhicule en LLD à la fin du contrat de location, sans possibilité de rachat et aménagement des impayés (ou à défaut restitution immédiate du véhicule), et déménagement dans les 12 mois eu égard au montant du loyer. Les parties étaient convoquées par lettre recommandée avec accusé de réception à l'audience du 19 juin 2026. A l'audience, Monsieur [A] [H] demandait à pouvoir conserver son véhicule qu'il devait rendre fin août (fin du contrat), puisqu'il disposait d'une moto pour remplacer sa voiture. Il se disait conscient de la nécessité de trouver un nouveau logement avec un loyer moins élevé tout en insistant sur les difficultés à trouver un nouveau logement sur le secteur de son lieu de travail, [7]. Il travaillait, tout comme sa compagne, en CDI. Il disait ne pas pouvoir assumer les mensualités fixées par la commission à compter du 13 ème mois. [8] écrivait pour indiquer que le contrat de location longue durée en cours ne souffrait d'aucun retard de paiement. Il demandait donc la confirmation des mesures imposées, sachant que la location allait prendre fin en août 2026. Synergie pour [3] et [2] s'en remettait à la décision du tribunal. [5] écrivait sans observation sur les mesures imposées. Les autres créanciers n'avaient pas écrit ni comparu. L'affaire était mise en délibéré au 27 juillet 2026.

Motivations de la décision

* * * MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la recevabilité du recours en contestation des mesures Aux termes des articles L.733-10 et R.733-6 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans le délai de 30 jours, les mesures imposées par la commission. En l'espèce, Monsieur [A] [H] a reçu notification des mesures imposées par la commission le 13 février 2026 et formé un recours au secrétariat de la commission le 27 février 2026, soit avant l'expiration du délai de trente jours. En conséquence, il y a lieu de déclarer le présent recours recevable. Sur les créances et sur les mesures contestées En application de l’article L. 733-12 du code de la consommation le Juge saisi d'une contestation des mesures imposées peut vérifier, même d'office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées. Il incombe au créancier de rapporter la preuve de la validité de sa créance, du titre qui la constate et de son montant en principal, intérêts et accessoires. En application des articles L. 723-3 et R. 723-7 du code de la consommation, lorsque la créance dont la vérification est demandée n’est pas contestée en son principe, le juge ne peut pas l’écarter au motif que le créancier ne produit pas les pièces justificatives sans inviter préalablement celui-ci à les produire. Si la preuve de l’existence de la créance et de son montant incombe au créancier, la charge de la preuve des paiements incombe au débiteur (2e Civ., 17 mai 2018, pourvoi n° 17-15.952). En l'absence de contestation sur ce point, les créances envers Monsieur [A] [H] seront arrêtées, pour les seuls besoins de la procédure de surendettement, aux montants retenus par la commission dans son état des créances du 5 mars 2026 établissant un endettement de 34.279,75 euros. N° RG 26/00050 - N° Portalis DBZH-W-B7K-C6CFL - Jugement du 27 Juillet 2026 En application de l’article L. 733-13 du code de la consommation le juge saisi d'une contestation des mesures imposées par la Commission de surendettement prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7, à savoir notamment : 1° Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d'une partie d'entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ; 2° Imputer les paiements, d'abord sur le capital ; 3° Prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l'intérêt légal sur décision spéciale et motivée et si la situation du débiteur l'exige. Quelle que soit la durée du plan de redressement, le taux ne peut être supérieur au taux légal ; 4° Suspendre l'exigibilité des créances autres qu'alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans. Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre. Durant cette période, seules les sommes dues au titre du capital peuvent être productives d'intérêts dont le taux n'excède pas le taux de l'intérêt légal. Ainsi que : 1° En cas de vente forcée du logement principal du débiteur, grevé d'une inscription bénéficiant à un établissement de crédit ou à une société de financement ayant fourni les sommes nécessaires à son acquisition, la réduction du montant de la fraction des prêts immobiliers restant due aux établissements de crédit ou aux sociétés de financement après la vente, après imputation du prix de vente sur le capital restant dû, dans des proportions telles que son paiement, assorti d'un rééchelonnement calculé conformément au 1o de l'article L. 733-1, soit compatible avec les ressources et les charges du débiteur ; La même mesure est applicable en cas de vente amiable dont le principe, destiné à éviter une saisie immobilière, et les modalités ont été arrêtés d'un commun accord entre le débiteur et l'établissement de crédit ou la société de financement ; 2° L'effacement partiel des créances combiné avec les mesures mentionnées à l'article L. 733-1. Celles de ces créances dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques, ne peuvent faire l'objet d'un effacement ; ces mesures pouvant être subordonnées à l'accomplissement par le débiteur d'actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette. L'article L. 733-3 dispose également que la durée totale des mesures ne peut excéder sept années sauf lorsqu'elles concernent le remboursement de prêts contractés lors d'achat d'un bien immobilier constituant la résidence principale et dont les mesures de la commission permettent d'éviter la cession. L'article L. 733-13 précité prévoit également que, dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l'article L. 731-2. Elle est mentionnée dans la décision. La capacité de remboursement est fixée par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu'elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. Cette part de ressources ne peut être inférieure, pour le ménage en cause, au montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. Elle intègre le montant des dépenses de logement, d'électricité, de gaz, de chauffage, d'eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé. Les conditions de prise en compte et d'appréciation de ces dépenses par le règlement intérieur de chaque commission sont précisées par voie réglementaire. En vue d'éviter la cession de la résidence principale, le montant des remboursements peut, avec l'accord du débiteur et dans des limites raisonnables, excéder la somme calculée par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu'elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail. La part des ressources nécessaire aux dépenses courantes est fixée par la commission et mentionnée dans les mesures préconisées. La capacité de remboursement du débiteur doit être déterminée en application des dispositions précitées. En effet, il sera rappelé que, selon une jurisprudence constante conforme à la loi, la capacité de remboursement du débiteur doit être appréciée au cas par cas, en fonction de ses revenus et charges légitimes effectifs, la commission et le juge pouvant fixer un forfait de base incluant les dépenses courantes et y ajouter en tant que de besoin les autres charges légitimes indispensables à la vie et au travail du débiteur et de sa famille à charge. Le plafond du RSA, constitue la part minimale de ressources à laquelle il ne peut être porté atteinte et la quotité saisissable définie en matière de rémunérations du travail constitue le plafond maximal de remboursement, auquel il ne peut être également porté atteinte. Ainsi, conformément aux articles L. 731-1, L. 731-2, L. 733-13, R. 731-1 et R. 731-2 du code de la consommation, la capacité mensuelle de remboursement de Monsieur [A] [H] doit être évaluée en fonction des éléments suivants : - Les ressources de Monsieur [A] [H] s’établissent comme suit : salaire : 1.680 €part du concubin non déposant : 690 €soit un total de : 2.370 € ; - Monsieur [A] [H] est âgé de 31 ans et vit en concubinage. Il doit, outre les charges usuelles de la vie courante, faire face aux charges suivantes :

Questions fréquentes

Quel est le délai pour contester les mesures imposées par la commission de surendettement ?
Le recours doit être formé dans un délai de 30 jours à compter de la notification des mesures imposées. En l'espèce, Monsieur [H] a reçu notification le 13 février 2026 et a formé son recours le 27 février 2026, soit dans le délai imparti.
Le juge peut-il modifier les mensualités fixées par la commission ?
Oui, le juge des contentieux de la protection peut adapter les mesures en fonction de la situation du débiteur. Dans cette affaire, le juge a réduit les mensualités et prolongé la durée du plan à 72 mois, au lieu de 53 mois initialement prévus.
Puis-je conserver mon véhicule en location longue durée si j'en ai besoin pour travailler ?
Oui, le juge peut autoriser la conservation du véhicule si celui-ci est nécessaire pour l'activité professionnelle. Ici, Monsieur [H] travaille en CDI et a besoin de son véhicule pour se rendre sur son lieu de travail, le juge a donc permis de le conserver jusqu'à la fin du contrat.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas le plan de surendettement ?
Le débiteur peut être déchu du bénéfice de la procédure s'il aggrave son endettement sans accord ou s'il ne respecte pas les modalités du plan un mois après une mise en demeure restée infructueuse. Il est donc important de respecter les échéances.
Le jugement est-il exécutoire immédiatement ?
Oui, le jugement est immédiatement exécutoire en application de l'article R.713-10 du code de la consommation. Cela signifie que les mesures s'appliquent dès son prononcé, sans attendre l'expiration des délais de recours.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.