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Tribunal judiciaire, j.l.d., 31 juillet 2026 — n° 26/02558

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

La seconde prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut-elle être ordonnée lorsque l'administration a accompli des diligences suffisantes pour obtenir un laissez-passer consulaire mais que celui-ci n'a pas encore été délivré ?

Principe retenu

La seconde prolongation de la rétention administrative peut être ordonnée si l'administration justifie de diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement, notamment en sollicitant un laissez-passer auprès des autorités consulaires et en relançant celles-ci. Le juge vérifie la régularité de la procédure et la recevabilité de la requête.

Faits clés

  • Décision de placement en rétention le 02 juillet 2026
  • Première prolongation de 26 jours ordonnée le 06/07/2026, confirmée en appel le 08/07/2026
  • Requête en seconde prolongation déposée le 30/07/2026
  • Intéressé de nationalité algérienne, né le 28/11/1994
  • Interdiction du territoire français d'un an prononcée le 25/07/2025

Articles cités

article L. 742-1 du CESEDA article L. 742-2 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 742-6 du CESEDA article L. 742-7 du CESEDA article L. 743-3 du CESEDA article L. 743-4 du CESEDA article L. 743-6 du CESEDA article L. 743-7 du CESEDA article L. 743-9 du CESEDA article L. 743-19 du CESEDA article L. 743-20 du CESEDA article L. 743-24 du CESEDA article L. 743-25 du CESEDA article R. 743-1 du CESEDA article L. 741-3 du CESEDA article L. 744-2 du CESEDA article 471 du code de procédure pénale

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02558 - N° Portalis DB2H-W-B7K-[Immatriculation 1] ORDONNANCE STATUANT SUR UNE SECONDE DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 31 juillet 2026 à Nous, Clarisse DURAND, Juge au Tribunal judiciaire de LYON, assistée de Claudiane COLOMB, greffier placé. Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 02 juillet 2026 par M. [Y] à l’encontre de [Z] [B] ; Vu l’ordonnance rendue le 06/07/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours, confirmée par la Cour d’appel de Lyon le 8 juillet 2026 ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 30 Juillet 2026 reçue et enregistrée le 30 Juillet 2026 à 15h02 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation de la rétention de [Z] [B] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES M. [A] [Q] préalablement avisé, représenté par Maître Geoffroy GOIRAND, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [Z] [B] né le 28 Novembre 1994 à [Localité 2] - ALGERIE préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative, présent à l'audience, assisté de son conseil Me Cybèle MAILLY, avocat au barreau de LYON, de permanence, en présence de M. [D] [W], interprète assermentée en langue Arabe, déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français interprète inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 1], LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Geoffroy GOIRAND, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; [Z] [B] a été entendu en ses explications ; Me Cybèle MAILLY, avocat au barreau de LYON, avocat de [Z] [B], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une décision du tribunal correctionnel de Lyon en date du 25 juillet 2025 a condamné [Z] [B] à une interdiction du territoire français d’une durée d’un an, cette mesure étant assortie de l'exécution provisoire conformément aux dispositions de l'article 471 du code de procédure pénale ; Attendu que par décision en date du 02 juillet 2026 notifiée le 02 juillet 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [Z] [B] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 02 juillet 2026; Attendu que par décision en date du 06/07/2026, le juge de [Localité 1] a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [Z] [B] pour une durée maximale de vingt-six jours, décision confirmée par la Cour d’appel de [Localité 1] le 8 juillet 2026 ; Attendu que, par requête en date du 30 Juillet 2026 , reçue le 30 Juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu'en application de l’article L. 743-11 du CESEDA, à peine d’irrecevabilité prononcée d’office, aucune irrégularité antérieure à l’audience relative à la première prolongation de la rétention ne peut être soulevée lors de l’audience relative à la seconde prolongation ; Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-5, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ; Que l’intéressé étant dépourvu de documents de voyage, la Préfecture justifie avoir sollicité un laissez-passer auprès des autorités consulaires algériennes, et avoir adressé les éléments d’identification de l’intéressé et relancé le Consulat depuis la précédente prolongation de la mesure, Attendu que la seconde prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 30 Juillet 2026 de M.[A] [Q] et de prolonger la rétention de [Z] [B] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet de M. [A] [Q] à l'égard de [Z] [B] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [Z] [B] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [Z] [B] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires. LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
En France, la rétention administrative peut durer jusqu'à 90 jours, renouvelable par tranches de 30 jours, sous conditions. Dans cette affaire, une seconde prolongation de 30 jours a été accordée, portant la durée totale à 56 jours.
Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention ?
La prolongation nécessite que l'administration ait accompli des diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement, comme solliciter un laissez-passer consulaire. Le juge vérifie également la régularité de la procédure.
Que se passe-t-il si le consulat ne délivre pas le laissez-passer ?
Si le consulat ne délivre pas le laissez-passer malgré les relances, la rétention peut être prolongée pour permettre l'exécution de l'éloignement. Dans ce cas, le juge a estimé que les diligences étaient suffisantes.
Comment contester une prolongation de rétention ?
La personne retenue peut contester la prolongation en formant un recours devant le juge des libertés et de la détention, puis en appel. Dans cette affaire, la première prolongation a été confirmée en appel.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger retenu a le droit d'être informé de ses droits, d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, et de contester les décisions. Le juge vérifie que ces droits ont été respectés.
L'administration doit-elle faire des démarches pour obtenir un laissez-passer ?
Oui, l'administration doit justifier de diligences, comme avoir sollicité un laissez-passer auprès du consulat et relancé celui-ci. En l'espèce, ces démarches ont été jugées suffisantes.
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