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Tribunal judiciaire, j.l.d., 31 juillet 2026 — n° 26/02559

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Une troisième prolongation exceptionnelle de la rétention administrative peut-elle être ordonnée lorsque l'éloignement n'a pu être exécuté en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat, malgré les diligences de l'administration ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée à titre exceptionnel pour une durée supplémentaire de trente jours lorsque, malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat ou de l'absence de moyens de transport. La requête doit être motivée, datée, signée et accompagnée des pièces justificatives utiles, et la procédure doit être régulière.

Faits clés

  • Interdiction du territoire français prononcée le 30 août 2023 pour une durée de trois ans
  • Obligation de quitter le territoire français notifiée le 08 janvier 2024
  • Placement en rétention le 02 juin 2026
  • Première prolongation de 26 jours confirmée en appel
  • Deuxième prolongation de 30 jours ordonnée par la cour d'appel le 03 juillet 2026

Articles cités

article L. 742-1 du CESEDA article L. 742-2 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 742-6 du CESEDA article L. 742-7 du CESEDA article L. 743-3 du CESEDA article L. 743-4 du CESEDA article L. 743-6 du CESEDA article L. 743-7 du CESEDA article L. 743-9 du CESEDA article L. 743-19 du CESEDA article L. 743-20 du CESEDA article L. 743-24 du CESEDA article L. 743-25 du CESEDA article R. 743-1 du CESEDA article L. 741-3 du CESEDA article L. 744-2 du CESEDA article 471 du code de procédure pénale

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02559 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4O4A ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 31 juillet 2026 à Nous, Clarisse DURAND, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assistée de Claudiane COLOMB, greffier placé. Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 02 juin 2026 par Mme la PREFETE DE HAUTE-SAVOIE à l’encontre de [J] [G] ; Vu l’ordonnance rendue le 06/06/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours, décision confirmée par la Cour d’appel de Lyon le 9 juin 2026 ; Vu l’ordonnance rendue le 01/07/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON déclarant irrecevable la demande de deuxième prolongation de la rétention administrative ; Vu l’ordonnance rendue le 03/07/2026 par la Cour d’appel de [Localité 1] déclarant recevable la requête de la Préfecture et prolongeant la rétention administrative pour une durée de trente jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 30 Juillet 2026 reçue et enregistrée le 30 Juillet 2026 à 15h02 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [J] [G] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES Mme la PREFETE DE HAUTE-SAVOIE préalablement avisé, représenté par Maître Geoffroy GOIRAND, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [J] [G] né le 26 Juillet 2004 à [Localité 2] (ALGERIE) préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative présent à l'audience, assisté de son conseil Me Cybèle MAILLY, avocat au barreau de LYON, de permanence, en présence de M. [I] [T], interprète assermentée en langue Arabe, déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français interprète inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 1], LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Geoffroy GOIRAND, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; [J] [G] a été entendu en ses explications ; Me Cybèle MAILLY, avocat au barreau de LYON, avocat de [J] [G], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une décision du tribunal correctionnel de LYON en date du 30 août 2023 a condamné [J] [G] à une interdiction du territoire français durant trois ans, cette mesure étant assortie de l'exécution provisoire conformément aux dispositions de l'article 471 du code de procédure pénale ; Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à [J] [G] le 08 janvier 2024 ; Attendu que par décision en date du 02 juin 2026 notifiée le 02 juin 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [J] [G] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 02 juin 2026; Attendu que par décision en date du 06/06/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [J] [G] pour une durée maximale de vingt-six jours, décision confirmée par la Cour d’appel de Lyon le 9 juin 2026 ; Attendu que par décision en date du 01/07/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a déclaré irrecevable la demande de deuxième prolongation de la rétention administrative ; Attendu que par décision en date du 03/07/2026, la Cour d’appel de [Localité 1] a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [J] [G] pour une durée maximale de trente jours ; Attendu que, par requête en date du 30 Juillet 2026, reçue le 30 Juillet 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ; Qu’en l’absence de documents de voyage de l’intéressé, la Préfecture justifie de diligences auprès des autorités consulaires algériennes, une audition ayant eu lieu le 30 juillet 2026 ; Attendu que la troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 30 Juillet 2026 de Mme [W] PREFETE DE HAUTE-SAVOIE et de prolonger la rétention de [J] [G] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet du Mme [W] PREFETE DE HAUTE-SAVOIE à l'égard de [J] [G] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [J] [G] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [J] [G] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires. LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
En principe, la rétention administrative peut durer jusqu'à 90 jours, mais dans des cas exceptionnels, elle peut être prolongée au-delà, comme dans cette affaire où une troisième prolongation de 30 jours a été accordée, portant la durée totale à 120 jours.
Quelles sont les conditions pour une troisième prolongation de la rétention ?
La troisième prolongation est exceptionnelle et nécessite que l'administration justifie de diligences pour exécuter l'éloignement, mais que celui-ci n'a pas pu être réalisé en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat ou de l'absence de moyens de transport. La requête doit être motivée et accompagnée des pièces justificatives.
Que se passe-t-il si le consulat ne délivre pas les documents de voyage ?
Si le consulat ne délivre pas les documents de voyage, l'administration peut demander une prolongation de la rétention, comme dans cette affaire où une audition consulaire a eu lieu le 30 juillet 2026, mais les documents n'ont pas été délivrés, justifiant une prolongation supplémentaire.
Comment contester une prolongation de rétention administrative ?
La prolongation peut être contestée en formant un recours devant le juge des libertés et de la détention, puis en appel. Dans cette affaire, l'étranger a pu être assisté d'un avocat et d'un interprète lors de l'audience.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger retenu a le droit d'être informé de ses droits, d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, de prévenir sa famille et les autorités consulaires, et de contester les décisions. Dans cette affaire, le juge a rappelé ces droits à l'audience.
Qu'est-ce qu'une interdiction du territoire français ?
L'interdiction du territoire français est une mesure d'éloignement prononcée par un tribunal pénal, interdisant à un étranger de séjourner en France pour une durée déterminée. Dans cette affaire, l'étranger avait été condamné à une interdiction de trois ans, ce qui a conduit à son placement en rétention.
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