Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, tech sec. soc: hm, 31 juillet 2026 — n° 26/02800

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il ordonner le rétablissement d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) individualisé pour un enfant handicapé, en l'absence de preuve d'un dommage imminent et en présence d'une contestation sérieuse sur le bien-fondé de la décision de la MDPH ?

Principe retenu

En référé, le juge peut ordonner des mesures conservatoires ou de remise en état pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite, même en présence d'une contestation sérieuse. Toutefois, si le dommage imminent n'est pas établi et que la contestation porte sur le bien-fondé de la décision administrative, le juge des référés doit dire n'y avoir lieu à référé et renvoyer l'affaire au fond.

Faits clés

  • Enfant [C] [X], né le 26 avril 2015, bénéficiaire d'un AESH individualisé
  • Diminution du temps d'accompagnement humain scolaire à compter de septembre 2025
  • Dégradation des résultats scolaires, fatigabilité constante, souffrance psychologique
  • AESH mutualisé jugé insuffisant pour les besoins permanents d'attention
  • Entrée en classe de 6ème en septembre 2026

Articles cités

article R 142-1 A II du code de la sécurité sociale article 834 du code de procédure civile article 835 du code de procédure civile article 837 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte de commissaire de justice en date du 17 juin 2026, [U] et [V] [X] ont assigné la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône (la MDPH) devant le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille statuant en matière de référé aux fins principales d’ordonner le rétablissement, dans l’attente du jugement au fond, d’un accompagnant d’élèves en situation de handicap ([1]) individualisé au bénéfice de leur fils [C] [X], né le 26 avril 2015. L’affaire a été évoquée à l’audience du 8 juillet 2026. [U] et [V] [X], en personne et en présence de leur fils, en soutenant les termes de leur requête initiale, maintiennent leur demande. Ils exposent que la diminution du temps d’accompagnement humain scolaire à compter de septembre 2025 a principalement entraîné une dégradation significative de ses résultats scolaires, une fatigabilité constante, une souffrance psychologique marquée. Ils ajoutent que l’accompagnement mutualisé ne permet pas de répondre aux besoins permanents d’attention de leur fils. Ils précisent que [C] entrera en classe de 6ème en septembre 2026. Bien que régulièrement assignée, la MDPH n’est pas comparante et ne produit pas d’écritures. Par courriel du 6 juillet 2026, elle indique ne pouvoir assurer sa représentation à l’audience. Conformément à l’article 455 du code de procédure civile, il convient de se référer aux dernières écritures des requérants, précédemment évoquées, pour un complet exposé de leurs moyens.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur le référé Aux termes des dispositions de l’article R 142-1 A II du code de la sécurité sociale : «sous réserve des dispositions particulières prévues par le présent chapitre, les demandes portées devant les juridictions spécialement désignées en application des articles L. 211-16 , L. 311-15 et L. 311-16 du code de l’organisation judiciaire sont formées, instruites et jugées, au fond comme en référé, selon les dispositions du code de procédure civile?». L’article 834 du code de procédure civile prévoit : «?dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend?». L’article 835 du même code prévoit, pour sa part, que «?le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire?». Les requérants expliquent la situation d’urgence par le fait que le passage d’un [1] individualisé à un [1] mutualisé depuis septembre 2025 a entraîné une dégradation significative des résultats scolaires de leur fils, une perte d’autonomie dans ses apprentissages, une souffrance psychologique marquée, et a favorisé une situation de harcèlement scolaire. Toutefois, les bulletins scolaires pour l’année 2025-2026 ne mettent pas en évidence une impossibilité de poursuivre la scolarité. Ces bulletins précisent que les aménagements mis en place permettent à l’élève de suivre les apprentissages. L’attestation de l’enseignante et de l’[1] ne caractérisent pas une telle impossibilité. Ainsi, la situation d’urgence apparaît relative. En tout état de cause, il existe une contestation sérieuse compte tenu des décisions de rejet de la CDAPH. Le dommage imminent s’entend du dommage qui n’est pas encore réalisé, mais qui se produira sûrement si la situation présente doit se perpétuer. L’existence d’un trouble manifestement illicite se définit comme toute perturbation résultant d’un fait matériel ou juridique qui, directement ou indirectement, constitue une violation évidente de la règle de droit. S’il n’est pas contestable que les conditions dans lesquelles le jeune suit sa scolarité sont vraisemblablement plus difficiles que lorsqu’il bénéficiait de l’assistance d’un [1] individuel, il n’est pas démontré avec certitude qu’il serait dans l’incapacité de poursuivre sereinement sa scolarité au collège. Le tribunal relève que le bénéfice de l’[1] mutualisé demeure pour la prochaine année scolaire. Ainsi, la preuve d’un dommage imminent n’est pas établi. Concernant le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, le tribunal observe que la décision initiale est motivée en droit et en fait. Les critiques tenant à la légalité de cette décision ne sont pas de nature à remettre en cause sa légalité, mais son bien-fondé. Cette divergence de vue aura vocation à être tranchée par le juge du fond. Dans ces conditions, les conditions du référé ne sont pas réunies. Il y aura lieu de statuer en ce sens. Sur le renvoi du dossier au fond Aux termes de l’alinéa 1er de l’article 837 dudit code, « le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection saisi en référé peut renvoyer l'affaire à une audience dont il fixe la date pour qu'il soit statué au fond. Il veille à ce que le défendeur dispose d'un temps suffisant pour préparer sa défense. L'ordonnance emporte saisine de la juridiction ». L’urgence, certes relative mais existante, impose de renvoyer l’affaire à une audience pour qu’il soit statué au fond. L’urgence apparaît également justifié eu égard à l’intérêt de l’enfant. Il y a donc lieu d’ordonner le renvoi de l’affaire à l’audience du 18 novembre 2026 à 13H30 pour qu’il soit statué au fond. Sur les frais de la procédure de référé Conformément à l’article 696 du code de procédure civile, et compte tenu de l’issue du litige, il y aura lieu de condamner [U] et [V] [X] aux dépens de l’instance de référé.

Dispositif

.../... PAR CES MOTIFS Le juge des référés, statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort, par mise à disposition ; DIT n’y avoir lieu à référé ; ORDONNE le renvoi de l’affaire devant le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille à l’audience du 18 novembre 2026 à 13H30 – salle 6 de la Caserne du [Etablissement 1] - [Adresse 7] ; DIT que la présente ordonnance vaut convocation à cette audience ; CONDAMNE condamner [U] et [V] [X] aux dépens de l’instance de référé. LA GREFFIÈRE LE JUGE DES RÉFÉRÉS

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un AESH ?
Un AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap) est une personne qui aide un élève handicapé dans sa scolarité. Il peut être individualisé (pour un seul élève) ou mutualisé (pour plusieurs élèves).
Quelles sont les conditions pour obtenir une mesure en référé concernant l'AESH ?
En référé, il faut démontrer une urgence, un dommage imminent ou un trouble manifestement illicite. Dans cette affaire, le juge a estimé que le dommage imminent n'était pas prouvé car l'AESH mutualisé était maintenu, et que la contestation portait sur le bien-fondé de la décision, ce qui relève du juge du fond.
Que se passe-t-il si la MDPH ne se présente pas à l'audience ?
L'ordonnance est réputée contradictoire, ce qui signifie que le juge statue quand même. Ici, la MDPH a indiqué ne pas pouvoir se présenter, mais le juge a examiné la demande et a rendu une décision.
Mon enfant va entrer en 6ème, peut-on obtenir un AESH individualisé ?
La demande d'AESH se fait auprès de la MDPH. En cas de refus ou de réduction, vous pouvez contester. En référé, il faut prouver un dommage imminent. Dans cette affaire, le juge a renvoyé au fond car le dommage imminent n'était pas établi.
Qu'est-ce qu'un AESH mutualisé et est-ce suffisant ?
Un AESH mutualisé est partagé entre plusieurs élèves. Dans ce cas, les parents estimaient que cela ne suffisait pas aux besoins permanents de leur fils, mais le juge a considéré que le maintien de l'AESH mutualisé ne constituait pas un dommage imminent.
Le juge des référés peut-il renvoyer l'affaire au fond ?
Oui, selon l'article 837 du code de procédure civile, le juge des référés peut renvoyer l'affaire à une audience au fond. C'est ce qui a été fait ici, avec une audience fixée au 18 novembre 2026.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.