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Tribunal judiciaire, ctx protection sociale, 30 juillet 2026 — n° 26/00874

Déclare la demande ou le recours irrecevable

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelle est la sanction de l'absence de paiement de la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) lors de la saisine du pôle social du tribunal judiciaire, après invitation à régulariser ?

Principe retenu

L'absence de paiement de la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) de 50 euros lors de l'introduction d'une instance devant le pôle social du tribunal judiciaire, ou à défaut de régularisation dans le délai d'un mois suivant la demande du greffe, entraîne l'irrecevabilité de la demande, constatée d'office par le juge, sans débat.

Faits clés

  • La société [2] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Versailles le 18 juin 2026 pour contester une décision de la CRA de la CPAM de la Marne confirmant un indu de 406,21 euros.
  • Le greffe a invité la société à justifier du paiement de la CPAJ par courrier du 26 juin 2026, avec un délai d'un mois.
  • La société n'a pas donné suite à ce courrier et n'a pas justifié du paiement de la CPAJ.
  • La saisine est postérieure au 1er mars 2026, date d'entrée en vigueur de l'article 1635 bis Q du CGI.
  • La société n'a pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.

Articles cités

article 1635 bis Q du code général des impôts article 128 de la loi de finance 2026 article 62 du code de procédure civile article 62-4 du code de procédure civile article 62-5 du code de procédure civile article 795 du code de procédure civile

Motivations de la décision

Pôle social - N° RG 26/00874 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCVC Copies certifiées conformes délivrées, le : à : - Société [1] - CPAM DE [Localité 1] N° de minute : 26/00526 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES POLE SOCIAL CONTENTIEUX GENERAL DE SECURITE SOCIALE ORDONNANCE DU JUGE DE LA MISE EN ETAT RENDUE HORS AUDIENCE LE JEUDI 30 JUILLET 2026 N° RG 26/00874 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCVC Code NAC : 88D DEMANDEUR : Société [1] prise en la personne de son représentant légal [Adresse 1] [Localité 2] DÉFENDEUR : CPAM DE [Localité 1] [Adresse 2] [Localité 3] Nous, Madame Marie-Sophie CARRIERE, Vice-présidente, au pôle social du Tribunal judiciaire de Versailles, agissant en qualité de juge de la mise en état, assistée de Madame Marie-Bernadette MELOT, Greffière. Pôle social - N° RG 26/00874 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCVC La société « [2] » S.A.R.L. a, par courrier recommandé expédié le 18 juin 2026, saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Versailles, aux fins de contester la décision de la Commission de recours amiable (CRA) de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Marne, prise lors de sa séance du 26 mars 2026, confirmant le bien-fondé de l’indu d’un montant de 406,21 euros, qui lui a été notifiée par la caisse le 07 octobre 2025, au titre du remboursement à tort de la facture n° 102480 du lot n° 564 du 27 février 2025. Par courrier du 26 juin 2026, le greffe du pôle social du tribunal judiciaire, après avoir rappelé l’obligation pour toute partie qui introduit une instance devant le pôle social du tribunal judiciaire de payer une taxe de 50 €, a invité la société « [2] », dans un délai d’un mois, à justifier qu’elle a acquitté la contribution pour l’aide juridique (CPAJ) dite « droit de timbre », sous peine d’irrecevabilité de sa requête. La société « [2] » n’a donné aucune suite à ce courrier. L’article 128 de la loi de finance 2026, entrée en vigueur le 21 février 2026 a inséré dans le Code général des impôts un nouvel article 1635 bis Q qui dispose que pour toutes les saisines postérieures au 1er mars 2026 : « I. - Une contribution pour l'aide juridique de 50 euros est perçue par instance introduite en matière civile et prud'homale devant un tribunal judiciaire ou un conseil des prud'hommes. II. - La contribution pour l'aide juridique est due par la partie qui introduit l'instance. III. - Toutefois, la contribution pour l'aide juridique n'est pas due : 1° Par les personnes bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, (…) IV. - La contribution est due lors de l'introduction de l'instance. Elle est acquittée par voie électronique dans les conditions prévues au chapitre II du titre IV de la première partie du livre Ier du présent code. Lorsqu'une même instance donne lieu à plusieurs procédures successives devant la même juridiction, la contribution n'est due qu'au titre de la première des procédures intentées. Aucune irrecevabilité ne peut être prononcée sans invitation préalable du justiciable à régulariser la contribution à l'aide juridique, dans un délai d'un mois à compter de la demande formulée par le greffe. ». Ce texte s’applique donc à la saisine de la juridiction par la société « [2] ». Les articles 62, 62-4 et 62-5 du code de procédure civile, dans leur dernière version, issus du décret n°2026-250 du 7 avril 2026, disposent que :  « A peine d'irrecevabilité, les demandes initiales sont assujetties au paiement de la contribution pour l'aide juridique prévue par l'article 135 bis Q du code général des impôts. », « La personne, redevable de la contribution pour l'aide juridique, justifie de son acquittement, lors de la saisine du juge, par la remise d'un justificatif de l'acquittement de la contribution par voie électronique (…). »,« Lorsque le justiciable ne s'est pas acquitté de la contribution, il est invité à régulariser la situation dans le mois qui suit la demande formulée par le greffe. A défaut, l'irrecevabilité est constatée d'office par le juge à l'expiration de ce délai. (…) Le juge peut statuer sans débat. (…) ». Ainsi, l’absence de règlement de la contribution pour l’aide juridique lors de l’introduction de l’instance ou à l’issue du délai d’un mois suivant la demande de régularisation par le greffe est prévue à peine d’irrecevabilité de la demande introductive d’instance, qui est constatée d’office par le juge, sans débat. En l’espèce, la société « [2] » ne justifie pas du règlement de la contribution pour l’aide juridique (CPAJ) ni lors du dépôt de sa demande ni dans le délai d’un mois suivant le courrier qui lui a été adressé par le greffe le 26 juin 2026 pour régulariser la procédure, soit au plus tard le 27 juillet 2026, le premier jour ouvrable dans le délai d’un mois. Dès lors, il y a lieu de constater l’irrecevabilité du recours.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de la mise en état, statuant par ordonnance rendue sans débats et susceptible de recours dans les conditions prévues à l’article 795 du code de procédure civile : CONSTATE l’irrecevabilité du recours de la société « [2] » S.A.R.L. et le rejette ; CONSTATE le dessaisissement de présente la juridiction et l’extinction de l’instance inscrite sous le RG N°26/00874 - N° Portalis : DB22-W-B7K-UCVC, opposant la société « [2] » S.A.R.L. à la Caisse primaire d’assurance maladie de la Marne ; DIT que la présente décision sera notifiée aux parties par lettre recommandée. En foi de quoi, la présente décision a été signée par le juge de la mise en état et le greffier. La Greffière Le Juge de la mise en état Madame Marie-Bernadette MELOT Madame Marie-Sophie CARRIERE

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) ?
La CPAJ est une taxe de 50 euros due par toute partie qui introduit une instance devant un tribunal judiciaire ou un conseil de prud'hommes, y compris le pôle social. Elle est prévue à l'article 1635 bis Q du Code général des impôts.
Que se passe-t-il si je ne paie pas la CPAJ lors de ma saisine ?
Si vous ne payez pas la CPAJ lors de votre saisine, le greffe vous invite à régulariser dans un délai d'un mois. Si vous ne le faites pas, votre demande est déclarée irrecevable d'office par le juge, sans débat.
Puis-je régulariser le paiement de la CPAJ après avoir saisi le tribunal ?
Oui, vous pouvez régulariser dans le mois suivant la demande du greffe. Dans cette affaire, la société n'a pas régularisé dans le délai, ce qui a entraîné l'irrecevabilité de son recours.
Quel est le montant de la taxe pour saisir le pôle social ?
Le montant est de 50 euros. Cette taxe est due pour chaque instance introduite, sauf si vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle.
Quelles sont les conséquences de l'irrecevabilité de ma requête ?
L'irrecevabilité entraîne le rejet de votre demande et l'extinction de l'instance. Vous pouvez éventuellement former un recours contre l'ordonnance d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article 795 du code de procédure civile.
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