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Tribunal judiciaire, ctx protection sociale, 30 juillet 2026 — n° 26/00870

Déclare la demande ou le recours irrecevable

Synthèse de la décision

Question juridique

L'opposition à contrainte formée par un assuré social est-elle irrecevable faute de paiement de la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) dans le délai imparti ?

Principe retenu

Toute partie qui introduit une instance devant le pôle social du tribunal judiciaire doit acquitter la contribution pour l'aide juridique de 50 euros, sous peine d'irrecevabilité de sa demande. Le juge doit préalablement inviter le justiciable à régulariser sa situation dans un délai d'un mois. À défaut de régularisation dans ce délai, l'irrecevabilité est constatée d'office.

Faits clés

  • M. [L] [K] a formé opposition à une contrainte émise par la CPAM des Yvelines pour le paiement de 193,50 euros.
  • Le greffe a invité M. [L] [K] à justifier du paiement de la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) de 50 euros par courrier du 26 juin 2026.
  • M. [L] [K] n'a pas répondu à cette invitation dans le délai d'un mois.
  • La contrainte a été émise le 10 juin 2026 et l'opposition a été expédiée le 18 juin 2026.
  • La décision a été rendue sans débat par le juge de la mise en état.

Articles cités

article 1635 bis Q du code général des impôts article 62 du code de procédure civile article 62-4 du code de procédure civile article 62-5 du code de procédure civile article 795 du code de procédure civile

Motivations de la décision

Pôle social - N° RG 26/00870 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCUR Copies certifiées conformes délivrées, le : à : - CPAM DES YVELINES - [F] [B] [L] [K] N° de minute : 26/00524 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES POLE SOCIAL CONTENTIEUX GENERAL DE SECURITE SOCIALE ORDONNANCE DU JUGE DE LA MISE EN ETAT RENDUE HORS AUDIENCE LE JEUDI 30 JUILLET 2026 N° RG 26/00870 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCUR Code NAC : 88B DEMANDEUR : CPAM DES YVELINES Service juridique [Localité 1] DÉFENDEUR : M. [F] [B] [L] [K] [Adresse 1] [Localité 2] Nous, Madame Marie-Sophie CARRIERE, Vice-présidente, au pôle social du Tribunal judiciaire de Versailles, agissant en qualité de juge de la mise en état, assistée de Madame Marie-Bernadette MELOT, Greffière. Pôle social - N° RG 26/00870 - N° Portalis DB22-W-B7K-UCUR Par courrier recommandé avec accusé de réception expédié le 18 juin 2026, M. [L] [K] a formé opposition devant le pôle social du tribunal judiciaire de Versailles, à l'exécution d'une contrainte émise à son encontre, le 10 juin 2026, par la Caisse primaire d’assurance maladie des Yvelines, pour avoir paiement de la somme de 193,50 euros, qui lui a été réglée à tort. Par courrier daté du 26 juin 2026, le greffe du pôle social du tribunal judiciaire, après avoir rappelé l’obligation pour toute partie qui introduit une instance devant le pôle social du tribunal judiciaire de payer une taxe de 50 €, a invité M. [F] [B] [L] [K] dans un délai d’un mois, à justifier qu’il a acquitté la contribution pour l’aide juridique (CPAJ) dite « droit de timbre », sous peine d’irrecevabilité de sa requête. M. [F] [B] [L] [K] n’a donné aucune suite à ce courrier. L’article 128 de la loi de finance 2026, entrée en vigueur le 21 février 2026 a inséré dans le Code général des impôts un nouvel article 1635 bis Q qui dispose que pour toutes les saisines postérieures au 1er mars 2026 : « I. - Une contribution pour l'aide juridique de 50 euros est perçue par instance introduite en matière civile et prud'homale devant un tribunal judiciaire ou un conseil des prud'hommes. II. - La contribution pour l'aide juridique est due par la partie qui introduit l'instance. III. - Toutefois, la contribution pour l'aide juridique n'est pas due : 1° Par les personnes bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, (…) IV. - La contribution est due lors de l'introduction de l'instance. Elle est acquittée par voie électronique dans les conditions prévues au chapitre II du titre IV de la première partie du livre Ier du présent code. Lorsqu'une même instance donne lieu à plusieurs procédures successives devant la même juridiction, la contribution n'est due qu'au titre de la première des procédures intentées. Aucune irrecevabilité ne peut être prononcée sans invitation préalable du justiciable à régulariser la contribution à l'aide juridique, dans un délai d'un mois à compter de la demande formulée par le greffe. ». Ce texte s’applique donc à la saisine de la juridiction par M. [L] [K]. Les articles 62, 62-4 et 62-5 du code de procédure civile, dans leur dernière version, issus du décret n°2026-250 du 7 avril 2026, disposent que :  « A peine d'irrecevabilité, les demandes initiales sont assujetties au paiement de la contribution pour l'aide juridique prévue par l'article 135 bis Q du code général des impôts. », « La personne, redevable de la contribution pour l'aide juridique, justifie de son acquittement, lors de la saisine du juge, par la remise d'un justificatif de l'acquittement de la contribution par voie électronique (…). »,« Lorsque le justiciable ne s'est pas acquitté de la contribution, il est invité à régulariser la situation dans le mois qui suit la demande formulée par le greffe. A défaut, l'irrecevabilité est constatée d'office par le juge à l'expiration de ce délai. (…) Le juge peut statuer sans débat. (…) ». Ainsi, l’absence de règlement de la contribution pour l’aide juridique lors de l’introduction de l’instance ou à l’issue du délai d’un mois suivant la demande de régularisation par le greffe est prévue à peine d’irrecevabilité de la demande introductive d’instance, qui est constatée d’office par le juge, sans débat. En l’espèce, M. [F] [B] [L] [K] ne justifie pas du règlement de la contribution pour l’aide juridique (CPAJ) ni lors du dépôt de sa demande ni dans le délai d’un mois suivant le courrier qui lui a été adressé par le greffe le 26 juin 2026 pour régulariser la procédure, soit au plus tard le 27 juillet 2026, le premier jour ouvrable dans le délai d’un mois. Dès lors, il y a lieu de constater l’irrecevabilité du recours.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de la mise en état, statuant par ordonnance rendue sans débats et susceptible de recours dans les conditions prévues à l’article 795 du code de procédure civile : CONSTATE l’irrecevabilité de l’opposition à contrainte de M. [L] [K] expédiée le 18 juin 2026 ; CONSTATE le dessaisissement de la présente juridiction et l’extinction de l’instance inscrite sous le RG N°26/00870 - N° Portalis : DB22-W-B7K-UCUR, opposant M. [L] [K] à la Caisse primaire d’assurance maladie des Yvelines ; DIT que la présente décision sera notifiée aux parties par lettre recommandée. En foi de quoi, la présente décision a été signée par le juge de la mise en état et le greffier. La Greffière Le Juge de la mise en état Madame Marie-Bernadette MELOT Madame Marie-Sophie CARRIERE

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la contribution pour l'aide juridique (CPAJ) ?
La contribution pour l'aide juridique est une taxe de 50 euros due par toute partie qui introduit une instance devant un tribunal judiciaire ou un conseil de prud'hommes, y compris devant le pôle social. Elle doit être payée lors de la saisine, sauf dispense (bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, etc.).
Que se passe-t-il si je ne paie pas la contribution pour l'aide juridique ?
Si vous ne payez pas la contribution lors de l'introduction de votre demande, le greffe vous invite à régulariser dans un délai d'un mois. Si vous ne le faites pas dans ce délai, votre demande est déclarée irrecevable, comme dans cette affaire où l'opposition à contrainte de M. [L] [K] a été jugée irrecevable.
Quel est le délai pour régulariser le paiement de la contribution après l'invitation du greffe ?
Le délai est d'un mois à compter de la demande formulée par le greffe. Dans cette affaire, le greffe a envoyé le courrier le 26 juin 2026, et le délai expirait le 27 juillet 2026 (premier jour ouvrable après le 26 juillet). M. [L] [K] n'ayant pas régularisé, l'irrecevabilité a été constatée.
Puis-je être dispensé de payer la contribution pour l'aide juridique ?
Oui, certaines personnes sont dispensées, notamment les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle. Dans cette affaire, M. [L] [K] n'a pas invoqué de dispense et n'a pas justifié de sa situation, ce qui a conduit à l'irrecevabilité.
Le juge peut-il constater l'irrecevabilité sans audience ?
Oui, le juge de la mise en état peut statuer sans débat, comme cela a été fait dans cette ordonnance. L'irrecevabilité est constatée d'office à l'expiration du délai de régularisation.
Quel recours contre une ordonnance constatant l'irrecevabilité ?
L'ordonnance est susceptible de recours dans les conditions prévues à l'article 795 du code de procédure civile. En général, un appel peut être formé dans un délai de 15 jours à compter de la notification.
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