Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, service de proximité, 29 juillet 2026 — n° 26/00061

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Une agence immobilière peut-elle facturer des frais de transfert de mandat et des honoraires en l'absence de mandat valable, et engager sa responsabilité pour comportement fautif ?

Principe retenu

Le professionnel de l'immobilier doit justifier de l'existence d'un mandat pour facturer des frais. En l'absence de mandat, les frais facturés sont indus. La responsabilité civile peut être engagée pour comportement fautif, mais les demandes de dommages et intérêts doivent être prouvées.

Faits clés

  • M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL ont assigné deux agences immobilières, la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I].
  • Des frais de transfert de mandat de 720 euros ont été facturés par la SARL AGENCE [G].
  • Des honoraires de 147,58 euros ont été facturés par la SARL IMMOBILIERE [I].
  • La SARL IMMOBILIERE [I] a perçu des loyers de 1 100,47 euros non restitués.
  • Les demandeurs ont réclamé des dommages et intérêts pour comportement indigne de professionnels de l'immobilier.

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte de commissaire de justice du 30 septembre 2025 M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL ont fait assigner la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] devant le pôle de proximité du tribunal judiciaire de NICE, aux fins notamment de voir: - condamner la SARL AGENCE [G] à payer à M. [M] [Z] les sommes suivantes : la somme de 720 euros en remboursement des frais de transfert indûment facturés, la somme de 500 euros de dommages et intérêts au regard de son comportement indigne d’un professionnel de l’immobilier, condamner la SARL IMMOBILIERE [I] à payer à la SARL AGENCE [G] les sommes suivantes :la somme de 1 100,47 euros au titre des loyers perçus et non restitués, la somme de 147,58 euros en remboursement des honoraires indûment facturés ; la somme de 4 000 euros de dommages et intérêts au regard de son comportement indigne d’un professionnel de l’immobilier, condamner la SARL IMMOBILIERE [I] à restituer les clés de la cave de l’appartement sis [Adresse 5] au bénéfice de la SAS CABINET FERIAL, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;condamner solidairement la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] à leur payer la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et les entiers dépens ; A l’audience utile du 16 juin 2026, M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL, représentés par leur conseil, sollicitent dans ses dernières conclusions notamment de : - condamner solidairement la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] à payer à M. [M] [Z] la somme de 500 euros de dommages et intérêts au regard de leur comportement consistant à transférer un mandat inexistant et à le facturer ; - condamner la SARL IMMOBILIERE [I] à payer à M. [M] [Z] la somme de 4 000 euros de dommages et intérêts au regard de son comportement indigne d’un professionnel de l’immobilier ; - condamner solidairement la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] à leur payer la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et les entiers dépens ; Aux termes de leurs dernières conclusions, la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I], représentés par leur conseil, sollicitent de la présente juridiction notamment de : - débouter M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL de l’intégralité de leurs demandes ; - juger qu’il appartient à chaque partie de conserver ses propres dépens et frais au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il est expressément référé aux conclusions récapitulatives pour un plus ample exposé du litige, des moyens et prétentions respectives des parties, conformément aux dispositions de l'article 446-1 et 455 du code de procédure civile. La décision a été mise en délibéré à la date du 29 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION A titre liminaire, il convient de rappeler : - qu'en application de l’article 9 du code de procédure civile il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention, et qu’il ne suffit pas d’affirmer un fait, même de manière péremptoire, pour le démontrer, - qu’il n’y a pas lieu de statuer sur les demandes de «dire et juger», «constater», «dire» et «donner acte» puisque de telles demandes ne visent pas à la reconnaissance d'un droit mais à une constatation qui ne constitue pas une prétention au sens des articles 4 et 954 du code de procédure. Sur les demandes de dommages et intérêts : Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Les demandeurs sollicitent la somme de 500 euros de dommages et intérêts au regard du comportement des défendeurs consistant à transférer un mandat inexistant et à le facturer et la somme de 4 000 euros de dommages et intérêts à l’encontre de la SARL IMMOBILIERE [I] au regard de son comportement indigne d’un professionnel de l’immobilier. A ce titre, ils relèvent qu’aucun mandat n’avait été consenti entre M. [M] [Z] et la SARL AGENCE [G], de sorte que les facturations et le transfert de mandat opéré par la SARL AGENCE [G] n’étaient nullement justifiés. Ils indiquent également qu’aucun mandat n’a été signé avec la SARL IMMOBILIERE [I] qui a pourtant géré des biens sans mandat. La SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] s’opposent à ces demandes indemnitaires comme sans objet, les sommes réclamées étant toutes restitués par les défendeurs. En l’espèce, il n’est nullement contesté qu’il n’existe pas de relation contractuelle entre d’une part M. [M] [Z] et d’autre part la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I]. Il est constant que les sommes réclamées par M. [M] [Z] ont été restituées par les défendeurs après l’assignation en justice. Dès lors, depuis la restitution des sommes réclamées, le demandeur ne justifie d’aucun préjudice à son encontre. Par conséquent il convient de débouter M. [M] [Z] de ses demandes à ce titre. Sur les demandes accessoires : Sur les dépens : L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. Les demandes indemnitaires principales des demandeurs ont été réglées par les défendeurs, qui n’en contestent pas le fondement. Dès lors, la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I], partie perdantes seront condamnés in solidum aux dépens. Sur les frais irrépétibles : Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. Il serait inéquitable de laisser à la charge des demandeurs que la carence de la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] a obligé à intenter une action judiciaire, la totalité des frais irrépétibles engagés. La SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] seront donc condamnés in solidum à payer à M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL la somme de 1 400 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile. Sur l’exécution provisoire : Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort, DÉBOUTE M. [M] [Z] de ses demandes de dommages et intérêts à l’encontre de la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] ; CONDAMNE in solidum la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] à payer à M. [M] [Z] et la SAS CABINET FERIAL la somme de 1 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE in solidum la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I] aux entiers dépens ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ; Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal judiciaire, le 29 juillet 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par le président et par la greffière. LE GREFFIER LE PRESIDENT

Questions fréquentes

Quels sont les faits de cette affaire ?
M. [Z] et la SAS CABINET FERIAL ont assigné deux agences immobilières, la SARL AGENCE [G] et la SARL IMMOBILIERE [I], pour facturation de frais de transfert de mandat et d'honoraires, et pour non-restitution de loyers perçus.
Quelle est la décision du tribunal concernant les dommages et intérêts ?
Le tribunal a débouté M. [Z] de ses demandes de dommages et intérêts contre les deux agences, faute de preuve suffisante du préjudice.
Les agences ont-elles été condamnées à rembourser les frais ?
Le jugement ne mentionne pas explicitement de condamnation au remboursement des frais, mais condamne les agences aux dépens et à payer 1 400 euros au titre de l'article 700.
Qu'est-ce que l'article 700 du code de procédure civile ?
L'article 700 permet au juge de condamner la partie perdante à payer à l'autre une somme pour les frais exposés non compris dans les dépens. En l'espèce, les agences ont été condamnées in solidum à payer 1 400 euros.
Quelle est la portée de cette décision pour les agences immobilières ?
Cette décision rappelle que les agences doivent justifier leurs facturations par un mandat valable, mais aussi que les demandeurs doivent prouver leur préjudice pour obtenir des dommages et intérêts.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.