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Tribunal judiciaire, référés, 31 juillet 2026 — n° 26/00839

Statue sur un incident survenant au cours d'une mesure d'instruction ou d'information

Synthèse de la décision

Question juridique

Une partie peut-elle obtenir que les opérations d'expertise ordonnées en référé soient rendues communes à l'assureur d'une autre partie, sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile ?

Principe retenu

L'article 145 du code de procédure civile permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. Une partie justifie d'un motif légitime lorsqu'elle démontre la probabilité de faits susceptibles d'être invoqués dans un litige éventuel. En l'espèce, la société RPCS a justifié d'un motif légitime pour rendre communes les opérations d'expertise à l'assureur de la société ID BATI.

Faits clés

  • Une ordonnance de référé du 31 janvier 2018 a désigné un expert dans une affaire opposant l'Association Syndicale Libre à d'autres parties.
  • La société RPCS a assigné l'assureur Abeille IARD & Santé pour que les opérations d'expertise lui soient rendues communes.
  • L'expert a rendu une note le 5 février 2026.
  • L'assureur a formulé des protestations et réserves à l'audience.
  • La société RPCS a justifié d'un motif légitime pour étendre l'expertise à l'assureur.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Selon l’ordonnance du 31 janvier 2018 rendue dans l’affaire enregistrée sous le RG n° 17/3257, le président du Tribunal de céans statuant en référé a, sur la demande de Association Syndicale Libre de la [Adresse 3], désigné Monsieur [U] [Y] en qualité d’expert. Par assignation délivrée le 31 mars 2026, la S.A.S. RPCS (REGULATION PLOMBERIE CHAUFFFAGE SANITAIRES) demande que les opérations d’expertise soient rendues communes à la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI. A l’audience du 25 Juin 2026, la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI formule protestations et réserves.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Selon l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé. Justifie d’un motif légitime au sens de ce texte la partie qui démontre la probabilité de faits susceptibles d’être invoqués dans un litige éventuel. L’expert a donné son avis selon note en date du 5 février 2026. La S.A.S. RPCS (REGULATION PLOMBERIE CHAUFFFAGE SANITAIRES) justifie d’un motif légitime de rendre communes à la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI les opérations d’expertise ; PAR CES MOTIFS, DÉCLARONS communes à la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI les opérations d’expertise ordonnées par l’ordonnance de référé du 31 janvier 2018 enregistrée sous le RG n° 17/3257, ayant désigné Monsieur [U] [Y] en qualité d’expert ; DISONS que la S.A.S. RPCS (REGULATION PLOMBERIE CHAUFFFAGE SANITAIRES) communiquera sans délai à la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI l'ensemble des pièces déjà produites par les parties ainsi que les notes rédigées par l'expert ; DISONS que l'expert devra convoquer la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI à la prochaine réunion d'expertise au cours de laquelle il sera informé des diligences déjà accomplies et invité à formuler ses observations ; Informons la partie intéressée qu’elle pourra être invitée par l’expert à l’utilisation d’Opalexe, outil de gestion dématérialisée de  l’expertise ; IMPARTISSONS à l’expert un délai supplémentaire de quatre mois pour déposer son rapport ; FIXONS à la somme de 500 euros la provision complémentaire à valoir sur la rémunération de l’expert qui devra être consignée par la S.A.S. RPCS (REGULATION PLOMBERIE CHAUFFFAGE SANITAIRES) entre les mains du régisseur d’avances et de recettes de ce tribunal, Régie du Tribunal judiciaire de Nanterre, [Adresse 4],dans le délai de trois semaines à compter de la présente ordonnance, sans autre avis ; DISONS que, faute de consignation par la S.A.S. RPCS (REGULATION PLOMBERIE CHAUFFFAGE SANITAIRES) lui revenant dans ce délai impératif, l’extension de la mission de l’expert à la S.A. ABEILLE IARD & SANTE, en qualité d’assureur de la société ID BATI sera caduque et privée de tout effet ; DISONS que dans l’hypothèse où la présente décision est portée à la connaissance de l’expert après dépôt de son rapport, ses dispositions seront caduques,

Dispositif

LAISSONS à chacune des parties la charge des dépens qu’elle a exposés. FAIT À [Localité 3], le 31 Juillet 2026. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT Philippe GOUTON, Greffier Marie D’ANTHENAISE, Juge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une extension d'expertise ?
C'est une décision du juge des référés qui rend les opérations d'expertise communes à une partie qui n'était pas initialement dans la procédure, comme un assureur, afin qu'elle puisse participer et être liée par les conclusions de l'expert.
Quel est le fondement juridique de l'extension d'expertise ?
L'article 145 du code de procédure civile, qui permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige.
Qu'est-ce qu'un motif légitime ?
Un motif légitime est démontré lorsque la partie qui demande l'extension justifie de la probabilité de faits susceptibles d'être invoqués dans un litige éventuel. En l'espèce, la société RPCS a démontré que l'expertise pouvait être utile pour un litige potentiel avec l'assureur.
Quelles sont les obligations de l'assureur après l'extension ?
L'assureur doit être convoqué par l'expert à la prochaine réunion, être informé des diligences déjà accomplies, et peut formuler ses observations. Il doit également recevoir l'ensemble des pièces déjà produites.
Que se passe-t-il si la provision complémentaire n'est pas consignée ?
Si la provision complémentaire de 500 euros n'est pas consignée dans le délai de trois semaines, l'extension de la mission de l'expert à l'assureur devient caduque et privée de tout effet.
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