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Tribunal judiciaire, jld, 31 juillet 2026 — n° 26/02868

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration peut-elle obtenir la prolongation de la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière pour une durée maximale de vingt-six jours lorsque celui-ci ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et que des diligences ont été accomplies pour organiser son éloignement ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être autorisée par le juge si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. En l'absence de moyen soulevé, le juge peut accorder la prolongation demandée.

Faits clés

  • Monsieur [E] [W], de nationalité albanaise, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et d'une interdiction de retour le 28 juillet 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 28 juillet 2026 pour une durée de quatre-vingt-seize heures.
  • La préfecture a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours.
  • L'intéressé a déclaré vouloir rentrer en Albanie et avoir un billet de retour dans son téléphone.
  • La préfecture détient le passeport de l'intéressé et a réalisé une demande de vol le 28 juillet 2026.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-6 à L.743-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-24 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.213-12-2 du code de l'organisation judiciaire article L.741-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 31 Juillet 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02868 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UVQ Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Madame TIMMERMAN Marie, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de [T] [S], interprète en langue albanaise, serment préalablement prêté ; En présence de Maître Fabien STORME représentant M. [A] [Y]; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [E] [W] de nationalité Albanaise né le 08 Mai 1988 à [Localité 1] (ALBANIE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 28 juillet 2026 par M. [A] [Y] , qui lui a été notifié le 28 juillet 2026 à 16h10. - d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 28 juillet 2026 par M. [A] [Y] , qui lui a été notifié le 28 juillet 2026 à 16h10. Par requête du 30 Juillet 2026 reçue au greffe à 08h49, M. [A] [Y] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Salim IBRAHIMI, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je n’ai rien à dire. Je ne conteste pas, je veux bien rentrer en Albanie. D’ailleurs j’ai un billet de retour. Il est dans mon téléphone. Me [K] [C] entendu en ses observations ; pas d’observation. Je m’en rapporte. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. S’agissant des diligences de l’administration, il est justifié que la préfecture détient le passeport de l’intéressé et qu’une demande de vol a été réalisée le 28 juillet 2026. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. [A] [Y], il convient d’accorder la prolongation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [E] [W] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 2] ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de [Localité 2] ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, L’Avocat, En visio Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 11h02 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. [A] [Y] et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02868 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76UVQ En cas de remise en liberté : Ordonnance notifiée à Monsieur le procureur de la République à Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation peut être accordée si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Dans cette affaire, la préfecture avait le passeport et avait demandé un vol, et l'intéressé ne présentait pas de garanties.
J'ai un billet de retour, pourquoi suis-je encore retenu ?
Dans cette affaire, l'intéressé a déclaré avoir un billet de retour, mais le juge a estimé que cela ne constituait pas une garantie suffisante de représentation, car il ne présentait pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Pendant la rétention, vous avez le droit d'être assisté d'un avocat, d'un interprète, et de présenter vos observations. Dans cette affaire, l'intéressé a été assisté d'un avocat commis d'office et a pu s'exprimer.
Comment contester une décision de prolongation de rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation devant la première présidente de la cour d'appel dans les 24 heures de son prononcé. La déclaration d'appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen.
La préfecture doit-elle prouver qu'elle fait des démarches pour m'éloigner ?
Oui, l'administration doit justifier de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement. Dans cette affaire, la préfecture a prouvé qu'elle détenait le passeport et avait réalisé une demande de vol.
Que se passe-t-il si je n'ai pas de garanties de représentation ?
Si vous ne présentez pas de garanties suffisantes de représentation, le juge peut autoriser la prolongation de la rétention. Dans cette affaire, l'absence de garanties a été un motif pour accorder la prolongation.
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