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Tribunal judiciaire, jcp- juge ctx protection, 30 juillet 2026 — n° 26/00074

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Quel est le montant de la créance à retenir dans le cadre d'une procédure de surendettement lorsque le prêteur n'a pas consulté le FICP avant l'octroi d'un crédit à la consommation ?

Principe retenu

Le juge vérifie la validité et le montant des créances dans le cadre d'une procédure de surendettement. Le défaut de consultation du FICP par le prêteur avant l'octroi d'un crédit à la consommation entraîne la déchéance du droit aux intérêts. La solidarité entre emprunteurs permet au prêteur de réclamer l'intégralité de la dette à l'un ou l'autre, sans que les modalités internes de remboursement ne lui soient opposables.

Faits clés

  • Mme [Z] a souscrit un crédit avec son ancien compagnon, M. [J], avec une clause de solidarité.
  • Ils avaient convenu d'une répartition inégalitaire des échéances (260 euros pour elle, 505,26 euros pour lui).
  • Le prêteur, la SA [1], n'a pas justifié avoir consulté le FICP avant l'octroi du prêt.
  • Le montant emprunté était de 70 200 euros, et les versements effectués s'élevaient à 57 312,28 euros.
  • La commission de surendettement a déclaré la demande recevable et dressé l'état des dettes.

Articles cités

article L.723-2 du code de la consommation article R.723-7 du code de la consommation article L.312-16 du code de la consommation article R.713-4 du code de la consommation

Exposé du litige

**** * EXPOSÉ DU LITIGE Par déclaration en date du 8 janvier 2026, Mme [W] [Z] a saisi la commission de surendettement des particuliers du Puy-de-Dôme d’une demande tendant au traitement de sa situation de surendettement. Dans sa séance du 29 janvier 2026, la commission a déclaré sa demande recevable. La commission a ensuite dressé l’état détaillé des dettes. Mme [Z] en a accusé réception le 7 avril 2026. Par lettre recommandée avec accusé de réception adressée le 13 avril 2026 à la commission de surendettement des particuliers du Puy-de-Dôme, Mme [Z] a sollicité la vérification de la créance de la SA [1]. Les parties ont été invitées à présenter leurs observations par écrit après avoir justifié de l’envoi de leurs observations aux autres parties par lettre recommandée avec avis de réception, en application de l’article R. 713-4 du code de la consommation. Mme [Z] indique avoir souscrit ce crédit avec son ancien compagnon. Ils avaient décidé entre eux d’une répartition inégalitaire des échéances mensuelles du crédit (260 euros pour elle et 505,26 euros pour lui). Elle souhaite que cette répartition soit respectée dans le cadre du solde restant dû. La SA [1] n’a pas répondu sur ce point mais a fourni différentes pièces, dont notamment le contrat de prêt et l’historique de celui-ci.

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION En vertu des dispositions de l’article L.723-2 du code de la consommation, la commission informe le débiteur de l’état du passif qu’elle a dressé et, en vertu des dispositions de l’article suivant, le débiteur dispose d’un délai de 20 jours pour le contester et demander à la commission de saisir le juge des contentieux de la protection aux fins de vérification de la validité des créances, des titres qui les constatent et de leur montant. L’article R.723-7 du même code dispose que cette vérification est opérée pour les besoins de la procédure et afin de permettre à la commission de poursuivre sa mission. Elle porte sur le caractère liquide et certain des créances ainsi que sur le montant des sommes réclamées en principal, intérêts et accessoires. Les créances dont la validité ou celle des titres qui les constatent n’est pas reconnue sont écartées de la procédure. Enfin, la vérification opérée par le juge est complète et il peut notamment, dans le cadre d’un crédit à la consommation, soulever d’office tous les manquements aux dispositions d’ordre public du code de la consommation. Cette possibilité est nécessairement dans le débat dans le cadre d’une instance portant sur la vérification d’une créance. En l’espèce, il résulte du contrat de prêt produit que celui-ci a été souscrit par Mme [W] [Z] et M. [R] [J] qui se sont engagés solidairement, ainsi que cela résulte de la page 28 du contrat. Il s’ensuit que les modalités de remboursement mises en place entre eux par les emprunteurs ne sont pas opposables au prêteur qui, par le jeu de cette clause de solidarité, est en droit de réclamer l’intégralité des sommes dues à l’un ou l’autre des deux emprunteurs. En revanche, il résulte de l’examen des pièces produites que le prêteur ne justifie pas avoir procédé à la consultation du FICP avant d’octroyer le prêt, comme le prévoient les dispositions de l’article L.312-16 du code de la consommation. La sanction de ce manquement est la déchéance du droit aux intérêts pour le prêteur. Il résulte de l’historique du compte que Mme [Z] et M. [J] ont emprunté une somme de 70.200 euros et effectué des versements pour une somme totale de 57.312,28 euros. La somme qu’ils restent devoir solidairement est donc de 12.887,72 euros après déchéance du droit aux intérêts. La créance de la SA [1] sera fixée à ce montant.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection, Statuant publiquement, par jugement contradictoire et en dernier ressort, FIXE le montant de la créance due par Mme [W] [Z] à la SA [1] à la somme de 12.887,72 euros, LAISSE les frais et dépens à la charge du Trésor public. Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction aux jour, mois et année susdits. En foi de quoi le jugement a été signé par le juge des contentieux de la protection et le greffier. Le greffier Le juge des contentieux de la protection Vanessa Jeullain Virginie Dufayet

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si le prêteur n'a pas consulté le FICP avant de m'accorder un crédit ?
Dans cette décision, le juge a prononcé la déchéance du droit aux intérêts pour le prêteur, car il n'a pas justifié avoir consulté le FICP. Cela signifie que le prêteur ne peut pas réclamer les intérêts, et la créance est réduite au capital restant dû.
Puis-je contester le montant d'une dette dans le cadre d'un surendettement ?
Oui, vous pouvez demander la vérification de la créance auprès de la commission de surendettement, qui saisira le juge des contentieux de la protection. Le juge vérifie la validité, le caractère liquide et certain de la créance, et peut l'écarter ou la réduire.
Mon ex-compagnon et moi avons un crédit solidaire, le prêteur peut-il me réclamer tout ?
Oui, en raison de la clause de solidarité, le prêteur peut réclamer l'intégralité de la dette à l'un ou l'autre des emprunteurs. Les accords internes entre emprunteurs ne sont pas opposables au prêteur.
Comment demander la vérification d'une créance en surendettement ?
Vous devez adresser une lettre recommandée avec accusé de réception à la commission de surendettement dans un délai de 20 jours après réception de l'état des dettes, en demandant la vérification de la créance contestée.
Qu'est-ce que la déchéance du droit aux intérêts ?
C'est une sanction qui prive le prêteur de son droit de percevoir les intérêts contractuels, en raison d'un manquement à ses obligations légales, comme l'absence de consultation du FICP. La créance est alors réduite au capital restant dû.
Le prêteur doit-il consulter le FICP avant de m'accorder un prêt ?
Oui, l'article L.312-16 du code de la consommation impose au prêteur de consulter le FICP avant d'octroyer un crédit. Le non-respect de cette obligation entraîne la déchéance du droit aux intérêts.
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