Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, jld, 30 juillet 2026 — n° 26/00797

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Les conditions de maintien de l'hospitalisation complète sans consentement d'un patient sont-elles réunies ?

Principe retenu

Le juge peut ordonner la poursuite de soins psychiatriques sous forme d'hospitalisation complète si les conditions légales sont réunies, notamment la persistance de troubles mentaux rendant impossible le consentement et nécessitant des soins immédiats assortis d'une surveillance constante.

Faits clés

  • Patient né le 23 mars 1973
  • Admission en soins psychiatriques le 20/02/2024
  • Dernière décision de maintien du directeur le 03/07/2026
  • Avis médical du 09/07/2026 préconisant le maintien
  • Certificat de situation du 30/07/2026 préconisant la poursuite

Articles cités

article L 3211-12-1 du code de la santé publique article L 3212-1 du code de la santé publique article L 3211-12-2 du code de la santé publique article L 3211-12-4 du code de la santé publique article 433 du code de procédure civile article 642 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DES DEMANDES La personne faisant l’objet de soins psychiatriques est représentée à l’audience par Me Pauline DROUET, avocat commis d’office par le bâtonnier de l’ordre des avocats. Me Pauline DROUET s’en rapporte à l’appréciation des médecins. L’auteur de la demande d’hospitalisation (le “tiers”) demande ln’a pas formulé d’observations Le ministère public, dont l’avis écrit a été communiqué aux autres parties, sollicite le maintien.

Motivations de la décision

MOTIFS ET CIRCONSTANCES DE L’HOSPITALISATION Il ressort des pièces communiquées et des débats que la personne susvisée a été admise et maintenue en soins psychiatriques à l’Hôpital [Etablissement 1], [Adresse 4], sous la forme d’une hospitalisation complète, au vu des documents suivants : 1/ la dernière ordonnance du juge délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement en date du 05/02/2026. 2/ des certificats ou avis médicaux mensuels circonstanciés indiquant si les soins sont toujours nécessaires. 3/ Les décisions mensuelles du directeur du groupe hospitalier maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète, dont la dernière en date du 03/07/2026. 4/ L’avis médical pour la saisine du juge délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement établi par le Docteur [Z] le 09/07/2026 conclut à un maintien de la mesure de soins psychiatriques. 5/ Le cas échéant Le certificat de situation établi par le Docteur [T] du 30 juillet 2027. 6/ L’évaluation réalisée par un collège de trois membres à l’issue d’une durée de soins excédant une période continue en date du 20/02/2026. SUR CE, Sur la forme : Nous avons été régulièrement saisi dans les délais requis par la loi et la procédure d’admission en soins psychiatriques a été menée conformément à la loi. Sur le fond : Selon l'article L 3212-1 du code de la santé publique, « une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur demande d'un tiers que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1. » Selon l'article L3212-3 du code de la santé publique « En cas d'urgence, lorsqu'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, le directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d'un tiers l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade au vu d'un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d'un médecin exerçant dans l'établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts. » En l'espèce il ressort des certificats médicaux produits et des débats que la personne sus-visée a bien été admise en soins psychiatriques sur demande d'un tiers en urgence en raison de troubles mentaux qui rendaient son consentement impossible et d'un état de santé qui imposait des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante en milieu hospitalier. En effet, [W] [U] a été admis le 20 février 2024 en soins psychiatriques sans consentement sous le régime de l’hospitalisation complète au constaté médical de mises en danger récurrentes par consommation de toxiques chez un patient souffrant de troubles chroniques avec délires et hallucinations. La poursuite de l’hospitalisation complète a été autorisée par dernière décision du 2 février 2026. Des sorties de courte durée étaient autorisées à compter du 12 février 2026. L’avis du collège du 20 février 2026, préconisait la poursuite de l’hospitalisation complète en raison de la persistance de l’activité délirante et la faible adhésion aux soins. Depuis cette décision, les certificats médicaux mensuels notaient une persistance des idées délirantes (09/02/2026), une adhésion fluctuante aux soins (09/03/26), une adhésion aux délires mais un comportement calme et adapté (09/04/2026), une amélioration clinique malgré un fléchissement thymique lié à la découverte d’une pathologie (07/05/26), une fragilité psychologique (05/06/26), un délire persistant et une faible conscience des troubles (03/07/2026). L’avis médical du Docteur [Z] du 9 juillet 2026 à l’appui de notre saisine préconise le maintien en hospitalisation complète pour garantir la continuité des soins. Le certificat de situation du 30 juillet 2026 du Docteur [T] préconisait la poursuite de l’hospitalisation complèteau vu de la faible conscience des troubles En conséquence, les conditions de ces soins psychiatriques sous le régime de l’hospitalisation complète demeurent réunies.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort, Disons que les soins psychiatriques dont [W] [U] fait l’objet peuvent se poursuivre sous le régime de l’hospitalisation complète. La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel ou son délégué dans un délai de 10 jours à compter de sa notification ; en vertu de l’article 642 du code de procédure civile, le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant ; cet appel n’est pas suspensif, sauf s'il est interjeté par le ministère public dans les conditions de l'article L. 3211-12-4 du code de la santé publique ; il doit être formalisé par déclaration motivée avec une copie jointe de la présente ordonnance transmise : - s'agissant des avocats du ressort de la cour d'appel de Rouen et à compter du 1er juillet 2018: via le RPVA sur l'adresse [Courriel 1] conformément à la convention relative à la communication électronique en matière civile ; - s'agissant des avocats hors ressort, des personnes morales, des autorités administratives et des parties : par tout moyen ou par mail à l'adresse suivante : [Courriel 2] au greffe de la cour d'appel de Rouen sis [Adresse 5]. L'auteur d'un recours abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile et au paiement d'une indemnité à l'autre partie. Le greffier Le juge délégué

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation complète sans consentement ?
Le juge vérifie que les conditions légales sont réunies : troubles mentaux rendant impossible le consentement, nécessité de soins immédiats et surveillance constante. Dans cette affaire, le patient présentait un délire persistant et une faible conscience des troubles, justifiant le maintien.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle des hospitalisations sans consentement ?
Le juge des libertés et de la détention contrôle régulièrement la nécessité de la mesure. Il examine les certificats médicaux et les avis pour décider si l'hospitalisation complète doit se poursuivre.
Comment contester une décision de maintien en hospitalisation complète ?
La décision peut être contestée par un appel devant le premier président de la cour d'appel dans un délai de 10 jours à compter de la notification. L'appel n'est pas suspensif, sauf s'il est interjeté par le ministère public.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sans consentement ?
Le patient a droit à un avocat, à être informé de ses droits, et à un contrôle judiciaire périodique. Dans cette affaire, le patient était représenté par un avocat commis d'office.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation à la demande d'un tiers ?
C'est une admission en soins psychiatriques à la demande d'un proche ou d'un tiers, lorsque le patient ne peut pas consentir. Le directeur de l'établissement décide, et le juge contrôle la mesure.
Quelle est la durée maximale d'une hospitalisation complète sans consentement ?
La loi ne fixe pas de durée maximale absolue, mais la mesure doit être réévaluée régulièrement par des certificats médicaux et soumise au contrôle du juge. Dans cette affaire, le patient était hospitalisé depuis plus de deux ans.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.