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Tribunal judiciaire, j.l.d., 31 juillet 2026 — n° 26/01115

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien d'une hospitalisation complète sans consentement est-il justifié lorsque le patient consent à rester hospitalisé mais présente des troubles mentaux nécessitant des soins immédiats avec surveillance constante ?

Principe retenu

Le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité des décisions administratives en matière de soins psychiatriques sans consentement. Une irrégularité n'entraîne la mainlevée que si elle a porté atteinte aux droits de la personne. Le maintien de l'hospitalisation complète est ordonné si les troubles mentaux rendent impossible le consentement, imposent des soins immédiats avec surveillance constante, et si la mesure est adaptée, nécessaire et proportionnée à l'état du patient.

Faits clés

  • Admission en soins psychiatriques à la demande d'un tiers en urgence le 24 juillet 2026
  • Patient présent à l'audience, consentant à rester hospitalisé pour stabiliser son état
  • Troubles du comportement observés au sein du service médical
  • Refus du patient quant aux ajustements thérapeutiques
  • Certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures produits

Articles cités

article L.3211-12 du code de la santé publique article L.3211-12-1 du code de la santé publique article L.3211-12-2 du code de la santé publique article R.3211-12 du code de la santé publique article R.3211-29 du code de la santé publique article R.3211-32 du code de la santé publique article L.3216-1 du code de la santé publique article L.3212-1 du code de la santé publique article L.3211-3 du code de la santé publique article R.3211-18 du code de la santé publique article R.3211-20 du code de la santé publique

Exposé du litige

PROCÉDURE DE CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE DES MESURES DE SOINS PSYCHIATRIQUES Juge des Libertés et de la Détention ORDONNANCE N° RG 26/01115 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OPNY Le 31 Juillet 2026 Nous, Armelle WERNER NASSIMBENI, vice-président chargé des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de STRASBOURG, assistée de Fanny GEISS, Greffier, Statuant en premier ressort en qualité de magistrat du siège, après débats en audience publique ; Vu les dispositions des articles L.3211-12, L.3211-12-1, L.3211-12-2, R.3211-12, R.3211-29 et R.3211-32 du Code de la Santé Publique et le dossier de la procédure ; Vu la requête en date du 29 Juillet 2026 de MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 3] concernant M. [G] [Q] né le 05 Décembre 1967 à [Localité 4] demeurant [Adresse 3] actuellement en hospitalisation complète à [Localité 5] [Localité 3] ; Vu la décision d’admission en soins psychiatriques en cas d’hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 3] en date du 24 juillet 2026 ; Vu les certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures ; Vu la décision maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 3] en date du 27 juillet 2026 ; Vu l’avis motivé à l’appui de la requête ; Vu l’avis de Madame le procureur de la République aux termes duquel le ministère public s’en rapporte à l’appréciation du tribunal ; M. [G] [Q] régulièrement convoqué, présent, assisté de Me Elodie PELLETIER, avocate de permanence ;

Motivations de la décision

MOTIFS Monsieur [Q] [G] a été admis au centre hospitalier de [Localité 3] le 24 Juillet 2026 sur décision du directeur d’établissement intervenue dans le cadre légal de l’hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence. A l’audience ; le patient indique aller mieux depuis le début de la mesure et consent à rester hospitalisé le temps de stabiliser son état. Sur la régularité de la procédure Aux termes de l'article L.3216-1 du code de la santé publique, le juge des libertés et de la détention connaît des contestations relatives à la régularité des décisions administratives prises en matière de soins psychiatriques sans consentement dans le cadre des instances introduites en application des articles L.3211-12 et L.3211-12-1. Dans ce cas, l'irrégularité affectant une décision administrative n'entraîne la mainlevée de la mesure que s'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l'objet. En l'état, par conséquent, la procédure est régulière en la forme. Sur le bien fondé de la mesure Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme. Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux des 24 et 72heures, et de l’avis motivé rédigé que le patient a été admis en soins contraints dans un contexte de troubles du comportement imputables à une décompensation maniaque. La structure de soins rapporte qu’initialement, le patient était en soins libres mais que la forme de la prise en charge a du être modifiée en raison du refus du patient quant aux ajustement thérapeutiques. Il fut également à observer des troubles du comportement au sein du service médical. IL ressort en effet des certificats médicaux produits établis par les différents médecins, que l’atteinte portée aux libertés du patient est proportionnée aux objectifs poursuivis, l’intéressé se trouvant dans l’impossibilité de consentir pleinement aux soins en raison des troubles décrits. En conséquence, il y a lieu, conformément aux préconisations du corps médical, de maintenir l’hospitalisation complète du patient, dès lors que cette mesure constitue une réponse médicale nécessaire et proportionnée à l’état du patient. ; PAR CES MOTIFS Statuant en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,

Dispositif

ORDONNONS le maintien de l’hospitalisation complète de M. [G] [Q] né le 05 Décembre 1967 à [Localité 4] ; DISONS que les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public. RAPPELONS que cette décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification, par déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au Greffe de la cour d’Appel de [Localité 6] (article R.3211-18 et suivants du code de la santé publique). Le délai d’appel et l’appel ne sont pas suspensifs, à l’exception de l’appel formé par le ministère public qui peut être déclaré suspensif par le premier président de la cour d’appel ou son délégué conformément aux dispositions de l’article R.3211-20 du Code de la santé publique. Le Greffier Le Président Copie transmise par mail le 31 Juillet 2026 à : - M. [G] [Q], par remise de copie contre récépissé par l’intermédiaire de l’établissement hospitalier, - Ministère public, - Directrice/Directeur de EPSAN de [Localité 3] - Me Elodie PELLETIER, Conseil de [G] [Q] - ASSOCIATION TUTELAIRE D’ALSACE (responsable de la mesure de protection) - Courrier d’information transmis par LS/courriel au tiers demandeur Le Greffier

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation complète sans consentement ?
Le juge vérifie que les troubles mentaux rendent impossible le consentement, que l'état impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante, et que la mesure est proportionnée. Dans cette affaire, le patient consentait à rester mais présentait des troubles du comportement et un refus d'ajustements thérapeutiques, justifiant le maintien.
Que se passe-t-il si le patient accepte de rester hospitalisé mais refuse certains soins ?
Le consentement à l'hospitalisation ne suffit pas si les troubles mentaux altèrent le consentement aux soins. Ici, le patient consentait à rester mais refusait les ajustements thérapeutiques, ce qui a été considéré comme un signe de troubles nécessitant une surveillance constante.
Quel est le rôle du juge des libertés et de la détention dans ce type de procédure ?
Le juge contrôle la régularité des décisions administratives et vérifie que les restrictions aux libertés sont adaptées, nécessaires et proportionnées. Il ne se substitue pas à l'autorité médicale mais s'assure du respect des droits du patient.
Comment contester une ordonnance de maintien en hospitalisation complète ?
L'ordonnance peut faire l'objet d'un appel devant le premier président de la cour d'appel dans un délai de 10 jours à compter de la notification. L'appel n'est pas suspensif, sauf si le ministère public forme un appel suspensif.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation à la demande d'un tiers en urgence ?
C'est une procédure d'admission en soins psychiatriques sans consentement, initiée par un tiers en cas d'urgence, sur décision du directeur d'établissement. Elle est soumise à des certificats médicaux et à un contrôle du juge.
Le juge peut-il ordonner la mainlevée d'une hospitalisation si la procédure est irrégulière ?
Oui, mais seulement si l'irrégularité a porté atteinte aux droits de la personne. En l'espèce, la procédure a été jugée régulière, donc la mainlevée n'a pas été ordonnée.
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