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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 31 juillet 2026 — n° 26/04267

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'arrêté de placement en rétention administrative est-il suffisamment motivé et proportionné au regard de la situation personnelle de l'étranger ?

Principe retenu

Le juge vérifie la légalité de l'arrêté de placement en rétention en se plaçant à la date à laquelle le préfet a statué. L'arrêté est suffisamment motivé s'il prend en compte la situation personnelle de l'intéressé, notamment l'absence de garanties de représentation, le défaut de documents d'identité, l'absence de résidence effective et la menace pour l'ordre public. Le placement en rétention est proportionné si une assignation à résidence n'est pas possible.

Faits clés

  • M. [V] [O] [Q], ressortissant algérien, né le 13 avril 1999
  • Obligation de quitter le territoire français du 10 avril 2026
  • Placement en rétention administrative par arrêté du 25 juillet 2026
  • Absence de garanties de représentation suffisantes
  • Défaut de présentation de documents d'identité ou de voyage

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE M. [V] [O] [Q], né le 13 avril 1999 à [Localité 1], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative par arrêté du 25 juillet 2026, sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français du 10 avril 2026. Le 28 juillet 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire de Paris aux fins de prolongation de la rétention administrative.   Le 29 juillet 2026, M. [V] [O] [Q] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Paris d'une requête en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention.   Par ordonnance du 29 juillet 2026 à 16 heures 21, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 3] a ordonné la prolongation du maintien en rétention de M. [V] [O] [Q].   M. [V] [O] [Q] a interjeté appel de cette décision le 30 juillet 2026 à 11 heures 58 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, aux motifs suivants : L'insuffisance de motivation et le défaut d'examen attentif et personnalisé du dossier ; L'irrégularité de la décision de placement au regard de la légalité interne : sur l'erreur de droit, l'erreur manifeste d'appréciation et le caractère disproportionné du placement en rétention.

Motivations de la décision

MOTIVATION   Sur la motivation insuffisante de l'arrêté de placement en rétention et son caractère disproportionné En application de l'article L.741-1 du CESEDA, « L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. » Par ailleurs, l'article L.741-32 du même code prévoit que « Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. » Enfin, l'article L. 741-4 énonce que « La décision de placement en rétention prend en compte l'état de vulnérabilité et tout handicap de l'étranger. Le handicap moteur, cognitif ou psychique et les besoins d'accompagnement de l'étranger sont pris en compte pour déterminer les conditions de son placement en rétention. » Le préfet n'est pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé dès lors que les motifs positifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention. Il y a lieu de se placer à la date à laquelle le préfet a statué pour procéder à l'examen de la légalité de l'arrêté de placement en rétention. En l'espèce, l'arrêté de placement en rétention apparaît suffisamment motivé au regard de la situation personnelle de M. [V] [O] [Q] qui a été prise en compte, aucun état de vulnérabilité n'étant établi. C'est ainsi que la décision fait état de son absence de garanties de représentation suffisantes, du défaut de présentation de documents d'identité ou de voyage, de l'absence de résidence effective, de son comportement qui constitue une menace pour l'ordre public au regard des faits de violence qui ont motivé son interpellation et des onze autres signalements pour extorsion, harcèlement, vol et infractions liés aux stupéfiants. Dès lors, c'est à juste titre que le juge des libertés et de la détention a considéré que les conditions d'une assignation à résidence n'étaient pas remplies, et qu'il convenait de faire droit à la demande de prolongation de la mesure de rétention présentée par l'administration. La décision sera confirmée. PAR CES MOTIFS CONFIRMONS l'ordonnance,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 31 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant L'intéressé L'interprète L'avocat de l'intéressé

Questions fréquentes

Quels sont les motifs valables pour justifier une rétention administrative ?
Dans cette affaire, la rétention a été justifiée par l'absence de garanties de représentation, le défaut de documents d'identité, l'absence de résidence effective et une menace pour l'ordre public en raison de faits de violence et de signalements pour extorsion, harcèlement, vol et stupéfiants.
Puis-je demander une assignation à résidence au lieu de la rétention ?
Oui, mais dans cette affaire, l'assignation à résidence a été refusée car les conditions n'étaient pas remplies : l'intéressé ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes et son comportement constituait une menace pour l'ordre public.
Comment contester une décision de placement en rétention ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention pour contester la régularité de la décision, puis faire appel de l'ordonnance dans un délai de 24 heures. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté car l'arrêté était suffisamment motivé.
Qu'est-ce qu'une menace pour l'ordre public dans le cadre d'une rétention ?
Une menace pour l'ordre public peut être constituée par des faits de violence, des signalements pour extorsion, harcèlement, vol ou infractions liées aux stupéfiants, comme c'était le cas pour M. [Q].
Le préfet doit-il examiner ma situation personnelle avant de me placer en rétention ?
Oui, le préfet doit procéder à un examen individuel de votre situation. Dans cette affaire, l'arrêté a été jugé suffisamment motivé car il prenait en compte les éléments personnels de l'intéressé.
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