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Cour d'appel, etrangers, 31 juillet 2026 — n° 26/01151

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le moyen tiré du défaut de diligences de l'administration est-il fondé pour obtenir la main-levée de la rétention administrative ?

Principe retenu

L'administration doit justifier avoir effectué toutes les diligences utiles pour réduire au maximum la période de rétention. Le moyen soulevé doit être motivé par des éléments concrets ; des arguments généraux sans précision des carences alléguées ne suffisent pas.

Faits clés

  • M. [W] [C], ressortissant égyptien, a fait l'objet d'un arrêté de placement en rétention administrative le 25 juillet 2026
  • Il a été placé en rétention après sa sortie de détention pour exécuter une interdiction judiciaire du territoire français de 10 ans
  • Le juge a ordonné la première prolongation de la rétention pour 26 jours le 30 juillet 2026
  • L'appelant a soulevé un nouveau moyen en appel : le défaut de diligences de l'administration
  • Le moyen était fondé sur des arguments juridiques généraux sans indiquer de carences spécifiques

Articles cités

article L 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 743-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [W] [C], né le 5 juin 1996 à [Localité 1] (Egypte), de nationalité égyptienne, a fait l'objet d'un arrêté de placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet de l'Oise le 25 juillet 2026 notifié à 9h15 à sa sortie de détention pour l'exécution d'un éloignement au titre d'une interdiction judiciaire du territoire français pour une durée de dix ans prononcée par arrêt de la cour d'assises de [Localité 4] en date du 29 janvier 2022. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 30 juillet 2026 à 12h41, ordonnant la première prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé pour une durée de 26 jours, notifiée le même jour à 12h50, Vu la déclaration d'appel de M. [W] [C] du 30 juillet 2026 à 14h57 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel l'appelant soulève le nouveau moyen tiré du défaut de diligences.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur les diligences de l'administration Il ressort de l'article L 741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'administration doit justifier avoir effectué toutes les "diligences utiles" suffisantes pour réduire au maximum la période de rétention de l'étranger. Le moyen se borne à exposer des arguments juridiques généraux dépourvus de toute motivation d'espèce sans indiquer quelles carences l'appelant estime devoir soulever et n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen ne peut donc qu'être écarté. Au surplus, le premier juge a dûment retenu que l'administration a effectué l'ensemble des diligences utiles et suffisantes en l'espèce, en ce qu'elle a sollicité la délivrance d'un laissez-passer consulaire auprès des autorités égyptiennes par courrier du 24 juillet 2026, transmis par courriel à 14h41 et a adressé une demande de routing auprès du pôle éloignement le 25 juillet 2026 à destination de l'Egypte. La prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé est justifiée au regard de l'article L742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance sera confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise ; DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [W] [C] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'État. La greffière La conseillère A l'attention du centre de rétention, le vendredi 31 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier N° RG 26/01151 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4O4 REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 31 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [W] [C] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [W] [C] le vendredi 31 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [S] et à Maître [N] [R] le vendredi 31 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le vendredi 31 juillet 2026 N° RG 26/01151 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4O4

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le défaut de diligences de l'administration en matière de rétention administrative ?
Le défaut de diligences signifie que l'administration n'a pas effectué toutes les démarches nécessaires pour organiser l'éloignement de l'étranger dans les meilleurs délais. Dans cette affaire, le moyen a été rejeté car il était trop général et ne précisait pas les carences concrètes.
Comment contester une prolongation de rétention administrative ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures. Dans cette affaire, l'appelant a soulevé un nouveau moyen en appel, mais il a été rejeté car il manquait de précision.
Quels sont les recours contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
Les recours sont l'appel devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué, puis un pourvoi en cassation. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté, confirmant la prolongation.
Que signifie 'diligences utiles' dans le cadre de la rétention administrative ?
Les diligences utiles sont les démarches que l'administration doit accomplir pour préparer l'éloignement de l'étranger, comme obtenir les documents de voyage. L'administration doit en justifier pour prolonger la rétention.
Puis-je obtenir la main-levée de ma rétention si l'administration n'agit pas assez vite ?
Oui, si vous pouvez démontrer que l'administration n'a pas fait les diligences nécessaires. Mais il faut apporter des preuves concrètes, comme dans cette affaire où le moyen a été jugé trop vague.
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