Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, retentions, 31 juillet 2026 — n° 26/06143

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle accompli les diligences nécessaires pour organiser le départ d'un étranger pendant la rétention, justifiant ainsi une nouvelle prolongation de la rétention ?

Principe retenu

L'étranger ne peut être maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ, et l'administration doit exercer toutes diligences à cet effet. La prolongation de la rétention est possible si l'administration justifie de diligences suffisantes pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • Mesure d'expulsion prise le 28 novembre 2024
  • Placement en rétention le 30 juin 2026
  • Première prolongation de 26 jours le 4 juillet 2026
  • Demande de laissez-passer consulaire adressée aux autorités marocaines le 19 septembre 2025
  • Refus de l'intéressé d'être extrait pour audition le 7 octobre 2025

Articles cités

article L. 741-3 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 743-21 du CESEDA article R. 743-10 du CESEDA article R. 743-11 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une mesure d'expulsion a été prise le 28 novembre 2024 par le préfet de l'[Localité 4] à l'encontre de [E] [D], et notifiée le 15 janvier 2025. Par décision du 30 juin 2026, notifiée le 30 juin 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [E] [D] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 30 juin 2026 à l'issue de sa levée d'écrou. Par ordonnance du 4 juillet 2026, confirmée en appel le 7 juillet 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a prolongé la rétention administrative de [E] [D] pour une durée de vingt-six jours. Suivant requête du 28 juillet 2026, reçue le 28 juillet 2026 à 15 heures 01, le préfet de l'Allier a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner une nouvelle prolongation de la rétention pour une durée de trente jours. Le juge du tribunal judiciaire de Lyon, dans son ordonnance du 29 juillet 2026 à 14 heures 32 a fait droit à cette requête. [E] [D] a interjeté appel de cette ordonnance par déclaration au greffe le 30 juillet 2026 à 12 heures 03, en faisant valoir que le préfet de l'[Localité 4] n'avait pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser son départ pendant la première période de sa rétention administrative. [E] [D] a demandé l'infirmation de l'ordonnance déférée et sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 31 juillet 2026 à 10 heures 30. [E] [D] a comparu et a été assisté de son avocat. Le conseil de [E] [D] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. Le préfet de l'[Localité 4], représenté par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée. [E] [D] a eu la parole en dernier. Il a déclaré qu'il était malade, qu'il ne constituait pas une menace à l'ordre public, qu'il était en France depuis 60 ans et qu'il n'avait aucun lien avec le Maroc.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel L'appel de [E] [D] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable.  Sur le bien-fondé de la requête L'article L. 741-3 du CESEDA rappelle qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. L'article L. 742-4 du même code dispose que «Le juge du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours.» Dans sa requête en prolongation de la durée de la rétention de [E] [D], l'autorité préfectorale fait valoir que ce dernier étant dépourvu de tout document transfrontière, une première demande de laissez-passer consulaire avait été adressée aux autorités marocaines le 19 septembre 2025 ; que les autorités marocaines avaient proposé une audition le 7 octobre 2025, laquelle n'a pu avoir lieu en raison du refus de l'intéressé d'être extrait du centre pénitentiaire. Une nouvelle demande de laissez-passer consulaire a été effectuée le 23 mars 2026 par l'entremise de la DGEF (direction générale des étrangers en France). Il a refusé de se soumettre à la prise d'empreintes et aux photographies le 19 mai 2026. Les empreintes ont pu être recueillies dans le cadre de son placement en rétention. Le 2 juillet 2026, les éléments nécessaires pour compléter le dossier ont été transmis par courriel. Le 15 juillet 2026, la DGEF a informé l'autorité administrative que la demande de laissez-passer consulaire avait été transmise aux autorités centrales marocaines dans le cadre des accords bilatéraux. Il ressort des pièces de la procédure que les diligences sont justifiées. Il s'ensuit que l'autorité administrative justifie des diligences accomplies pour permettre la mise en oeuvre de la mesure d'éloignement. L'appelant ne précise d'ailleurs pas d'autre diligence utile susceptible d'être engagée par l'autorité administrative. L'ordonnance entreprise est en conséquence confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [E] [D], Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Stéphanie ROBIN

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative ?
La prolongation est possible si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser le départ de l'étranger, comme des démarches auprès des autorités consulaires pour obtenir un laissez-passer.
Que se passe-t-il si l'administration ne fait pas les diligences nécessaires ?
Si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes, le juge peut refuser la prolongation et ordonner la remise en liberté de l'étranger.
Puis-je refuser de coopérer à mon identification pendant la rétention ?
Le refus de coopérer peut retarder l'obtention d'un laissez-passer et être considéré comme un obstacle aux diligences, mais l'administration doit néanmoins justifier de ses efforts.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention est de 60 jours, sauf exceptions prévues par la loi. Dans cette affaire, la prolongation a été confirmée car les diligences étaient justifiées.
Que faire si je conteste la prolongation de ma rétention ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de prolongation dans les délais légaux. L'appel est examiné par le premier président de la cour d'appel ou son délégué.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.