Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Plainte et constitution de partie civile

Cour de cassation, cr, 15 octobre 2025 — n° 25-80.452

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2025:CR01320

Synthèse de la décision

Question juridique

Une association peut-elle exercer les droits reconnus à la partie civile sans justifier d'un préjudice propre dans le cadre d'agressions sexuelles sur mineurs ?

Principe retenu

Une association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans, ayant pour objet statutaire l'assistance ou la défense de l'enfant en danger, peut exercer les droits de la partie civile sans avoir à justifier d'un préjudice propre. Cela inclut les agressions sexuelles commises sur des mineurs.

Faits clés

  • Une association a été déboutée de sa demande d'indemnisation.
  • L'association n'a pas précisé en quoi consistait son préjudice.
  • L'association n'a pas démontré d'actions concrètes dans la lutte contre les violences sexuelles.
  • L'objet statutaire de l'association inclut la lutte contre les violences familiales.
  • L'action publique a été mise en mouvement par le ministère public.

Articles cités

article 2-3 du code de procédure pénale

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces soumises à l'examen de la Cour de cassation ce qui suit. 2. Par arrêt du 7 juillet 2023, la cour criminelle départementale a condamné M. [Y] [I], pour viols et agressions sexuelles, incestueux, sur mineur de quinze ans, par personne ayant autorité, et corruption de mineur de quinze ans, à quatorze ans de réclusion criminelle, cinq ans de suivi socio-judiciaire, une injonction de soins, dix ans d'inéligibilité et une confiscation. 3. Par arrêt du même jour, elle a prononcé sur les intérêts civils. 4. M. [I], le ministère public et l'[1] ([1]), partie civile, ont relevé appel, le premier, des arrêts pénal et civil, le deuxième, de l'arrêt pénal, la troisième, de l'arrêt civil. Examen de la recevabilité du pourvoi formé par M. [I] 5. Le demandeur ayant été informé, dans les conditions prévues par l'article 370 du code de procédure pénale, de son droit de se pourvoir en cassation et du délai dans lequel il pouvait se pourvoir, lors du prononcé de l'arrêt de condamnation, le pourvoi, formé le 13 novembre 2024, plus de dix jours francs après le prononcé, contradictoirement, des arrêts pénal et civil, est irrecevable comme tardif en application de l'article 568 du code de procédure pénale. Examen du pourvoi formé par l'[1]

Motivations de la décision

Réponse de la Cour 10. Les moyens sont réunis. Vu les articles 2-3 et 593 du code de procédure pénale : 11. Il résulte du premier de ces textes que toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits et dont l'objet statutaire comporte l'assistance ou la défense de l'enfant en danger et victime de toute forme de maltraitance peut exercer les droits reconnus à la partie civile, notamment en ce qui concerne les agressions et autres atteintes sexuelles commises sur la personne d'un mineur, lorsque l'action publique a été mise en mouvement par le ministère public ou la partie lésée. 12. Selon le second, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence. 13. Pour débouter l'[1], partie civile, de sa réclamation indemnitaire, l'arrêt civil attaqué énonce que la demanderesse, qui n'a, d'une part, pas indiqué en quoi consistait son préjudice, d'autre part, justifié, dans le cadre de l'audience, d'aucune action ou travail concret, au delà de sa simple présence, ni de façon plus générale, dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles commises sur les mineurs, d'aucune action de prévention, d'information ou de soutien, n'a pas justifié du dommage dont elle demande réparation. 14. En se déterminant ainsi, alors que, compte tenu de son objet statutaire comprenant la lutte contre toutes les formes de violences familiales, en particulier celles à l'encontre des enfants, l'association partie civile pouvait obtenir réparation sans justifier d'un préjudice propre ni d'une assistance apportée à la victime des faits poursuivis, la cour d'assises a méconnu les textes susvisés. 15. La cassation de l'arrêt civil est par conséquent encourue de ce chef. Portée et conséquences de la cassation 16. La cassation ne concernera que les dispositions de l'arrêt civil ayant rejeté la demande indemnitaire de l'[1], partie civile. Les autres dispositions seront donc maintenues. 17. En raison de la cassation prononcée, il n'y a pas lieu d'examiner le troisième moyen proposé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : Sur le pourvoi formé par M. [I] contre les arrêts pénal et civil : Le DÉCLARE IRRECEVABLE ; Sur le pourvoi formé par l'[1] contre l'arrêt civil : CASSE et ANNULE l'arrêt civil susvisé de la cour d'assises des Yvelines, en date du 31 octobre 2024, mais en ses seules dispositions ayant rejeté la demande indemnitaire de l'[1], partie civile, toutes autres dispositions étant expressément maintenues ; Et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, dans les limites de la cassation ainsi prononcée, RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Paris, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'assises des Yvelines et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt civil partiellement annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président en son audience publique du quinze octobre deux mille vingt-cinq.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.