Se connecter Inscription gratuite
Justiweb – Assistant juridique IA
← Période d'essai

Cour de cassation, chambre sociale, 25 mars 2026 — n° 24-14.788

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:SO00301

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les obligations de l'employeur lors de la rupture de la période d'essai d'une salariée enceinte ?

Principe retenu

L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.

Faits clés

  • Rupture de la période d'essai par l'employeur
  • Salariée informant l'employeur de son état de grossesse
  • Employeur n'ayant pas justifié la rupture par des éléments sans lien avec la grossesse
  • Cour d'appel constatant l'absence de justification de l'employeur
  • Demande de nullité de la rupture par la salariée

Articles cités

article L. 1225-1 du code du travail article L. 1225-3 du code du travail

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 10 janvier 2024), Mme [W] a été engagée en qualité de cheffe de projet en normalisation par l'Association française de normalisation le 3 juillet 2017. 2. Le contrat de travail stipulait une période d'essai de quatre mois, renouvelable une fois pour une durée maximale de deux mois. 3. Par lettre du 27 octobre 2017, la salariée a été informée du renouvellement de sa période d'essai jusqu'au 23 janvier 2018 inclus, compte tenu de la prise en considération d'une période de congés. 4. Le 28 novembre 2017, la salariée a déclaré à son employeur son état de grossesse. 5. L'employeur a rompu la période d'essai le 16 janvier 2018.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Vu les articles L. 1225-1 et L. 1225-3 du code du travail : 7. Selon le premier de ces textes, l'employeur ne doit pas prendre en considération l'état de grossesse d'une femme pour refuser de l'embaucher, pour rompre son contrat de travail au cours d'une période d'essai ou, sous réserve d'une affectation temporaire réalisée dans le cadre des dispositions des articles L. 1225-7, L. 1225-9 et L. 1225-12, pour prononcer une mutation d'emploi. 8. Aux termes du second, lorsque survient un litige relatif à l'application des articles L. 1225-1 et L. 1225-2, l'employeur communique au juge tous les éléments de nature à justifier sa décision et lorsqu'un doute subsiste, il profite à la salariée enceinte. 9. Il en résulte que lorsque la rupture de la période d'essai à l'initiative de l'employeur intervient après qu'il a été informé de l'état de grossesse de la salariée, il lui appartient d'établir que sa décision est justifiée par des éléments sans lien avec l'état de grossesse. 10. Pour débouter la salariée de ses demandes, l'arrêt retient que l'employeur n'a pas à justifier des raisons pour lesquelles il met fin à une période d'essai et que la salariée n'établit aucun élément de fait laissant supposer l'existence d'une discrimination directe ou indirecte. 11. En statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses constatations que l'employeur avait été informé de la grossesse de la salariée avant la rupture de la période d'essai, la cour d'appel, qui a inversé la charge de la preuve, a violé les textes susvisés.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'autre grief, la Cour : CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il déboute Mme [W] de sa demande tendant à voir prononcer l'annulation du jugement rendu par le conseil de prud'hommes de Bobigny en date du 14 janvier 2021 et dit recevable l'action de Mme [W], l'arrêt rendu le 10 janvier 2024, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; Remet, sauf sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Paris autrement composée ; Condamne l'Association française de normalisation aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par l'Association française de normalisation et la condamne à payer à Mme [W] la somme de 3 000 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé publiquement le vingt-cinq mars deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Quels sont mes droits si je suis enceinte et que mon employeur veut rompre ma période d'essai ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.
Mon employeur peut-il me licencier pendant ma grossesse ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.
Comment prouver que ma rupture de période d'essai est liée à ma grossesse ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.
Que faire si je pense avoir été discriminée à cause de ma grossesse ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.
Quels recours ai-je en cas de rupture abusive de ma période d'essai ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.
L'employeur doit-il justifier la rupture de ma période d'essai si je suis enceinte ?
L'employeur doit prouver que la rupture de la période d'essai n'est pas liée à l'état de grossesse de la salariée. En cas d'information sur la grossesse, la charge de la preuve est inversée.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.