Cour d'appel, etrangers, 22 mai 2026 — n° 26/00479
Synthèse de la décision
Question juridique
L'appel interjeté par la préfecture du Var contre l'ordonnance de mise en liberté de Monsieur [B] [N] est-il recevable ?
Principe retenu
La déclaration d'appel doit être signée par une personne ayant reçu délégation de signature. En l'absence de justificatif de cette délégation, l'appel est déclaré irrecevable.
Faits clés
- Monsieur [B] [N] a été placé en rétention administrative.
- Une ordonnance du tribunal judiciaire a ordonné sa mise en liberté.
- La préfecture du Var a interjeté appel de cette ordonnance.
- La déclaration d'appel a été signée par une personne sans délégation de signature valide.
- Le conseil de Monsieur [B] [N] a demandé l'irrecevabilité de l'appel.
Articles cités
article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 342-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R. 743-20 du CESEDA
article L. 611-1 du CESEDA
Dispositif
Déclarons irrecevable l'appel interjeté par la prefecture du Var à l'encontre de l'ordonnance du juge délégué du tribunal judiciaire de 20 mai 2026,
Disons que la présente ordonnance sera notifiée à la préfecture du Var, ainsi qu'au conseil de M. [B] [N] et communiquée au ministère public.
LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE
ORDONNANCE 26/480
NOTIFICATION DU DISPOSITIF DE L'ORDONNANCE DE LA COUR D'APPEL RELATIF A UN RECOURS EN MATIERE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Monsieur [B] [N],
Vous avez été placé au centre de rétention administative de [Localité 2] [Localité 3].
- Vous avez formé appel de la décision du magistrat du siège du tribnal judiciaire de [Localité 2] qui a décidé de la prolongation de votre placement,
- ou la Préfecture compétente /le Ministère Public a formé appel de votre remise en liberté.
Vous avez été entendu en audience à la cour d'appel.
Madame-Monsieur le conseiller, délégué par ordonnance de la première présidente, a rendu ce jour, par ordonnance, la décision suivante :
' PROLONGATION DE LA MESURE DE RÉTENTION (maintien au centre de rétention).
Art. R743-20 du CESEDA : Cette décision est susceptible de POURVOI EN CASSATION qui doit être formé, dans un délai de deux mois à compter de la date de signature de l'accusé de réception de la présente notification, par déclaration déposée au greffe de la COUR DE CASSATION ([Adresse 1]) par un AVOCAT au CONSEIL D'ETAT et à la COUR DE CASSATION, la représentation étant obligatoire, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office
---------------------------
' MAINLEVÉE DE LA MESURE DE RÉTENTION : LIBÉRATION (sortie du centre de rétention)
Vous allez pouvoir quitter le centre de rétention, nous vous rappelons que vous avez l'obligation de quitter le territoire français Art L611-1 du CESEDA
Exposé du litige
Exposé des faits
Vu les dispositions de l'article 455 du code de procédure civile et les dispositions du CESEDA,
Vu l'ordonnance du juge délégué du tribunal judiciaire de Toulouse du 20 mai 2026 à 16h18, déclarant irrecevable la requête en prolongation du maintien au centre de rétention de Monsieur [B] [N],
Vu l'appel interjeté par la préfecture du Var par courrier reçu au greffe de la cour le 21 mai 2026 à 14h44, soutenu oralement à l'audience, auquel il convient de se référer en application de l'article 455 du code de procédure civile et aux termes duquel elle sollicite l'infirmation de l'ordonnance la prolongation du placement en rétention pour les motifs suivants :
- la requête en prolongation de l'intéressé était suffisamment motivée au regard de l'article L742-4 du CESEDA
Entendu les explications fournies par l'appelant à l'audience du 22 mai 2026 ;
Entendu les explications orales du conseil de Monsieur [B] [N] qui demande à ce que la déclaration d'appel soit déclarée irrecevable et sollicite confirmation de l'ordonnance entreprise ;
Vu l'absence du ministère public, avisé de la date d'audience, qui n'a pas formulé d'observation.
Motivations de la décision
SUR CE :
Sur la recevabilité de l'appel
Le conseil de Monsieur [B] [N] fait valoir l'irrecevabilité de la déclaration d'appel en l'absence de tout justificatif d'une délégation de signature.
La requête initiale a été signée le 19 mai 2026 par [Q] [R].
La déclaration d'appel a été signée le 21 mai 2026 de [T] [V] « pour le préfet et par délégation le secrétaire général ».
Il est joint à la déclaration d'appel l'arrêté en date du 20 mars 2026 portant délégation de signature à M [O] [H], sur lequel apparaît bien le nom de [Q] [R] en cas d'absence ou d'empêchement de M [O] [H] mais sur lequel n'apparaît pas le nom de M. [T] [V] en qualité de délégataire pour signer les requêtes adressées aux juridictions en matière de rétention administrative.
Dans ces conditions la préfecture ne justifie pas que l'appelant avait délégation pour signer la déclaration d'appel, laquelle sera dès lors déclarée irrecevable.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance mise à disposition au greffe après avis aux parties,
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