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Tribunal judiciaire, 4ème chambre, 22 juin 2026 — n° 24/06257

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de l'inexécution d'un contrat de travaux ?

Principe retenu

La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté peut demander la résolution du contrat et obtenir réparation des conséquences de l'inexécution. Les sanctions peuvent être cumulées, mais doivent être prouvées.

Faits clés

  • Monsieur [Z] [E] a assigné plusieurs entrepreneurs pour inexécution de contrats de travaux.
  • Les contrats concernés datent de septembre et décembre 2023.
  • Monsieur [Z] [E] a demandé la résolution judiciaire des contrats et des dommages-intérêts.
  • Les défendeurs n'ont pas comparu ni constitué avocat.
  • Monsieur [Z] [E] n'a pas prouvé avoir réglé plus que les travaux effectués.

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par actes des 30 septembre, 1er et 2 octobre 2024 assignant Monsieur [C] [P], Monsieur [F] [N] [H], Monsieur [J] [M] et Monsieur [S] [K], Monsieur [Z] [E] demande au tribunal de : A titre principal - PRONONCER la résolution judiciaire des contrats de travaux en date des 25 septembre, 15 octobre, 25 octobre et le 1er décembre 2023 en raison de l’inexécution contractuelle de Messieurs [P], [H], [M] et [K] - CONDAMNER solidairement Messieurs [P], [H], [M] et [K] à lui payer la somme de 47.930, 79 € A titre subsidiaire - CONDAMNER Monsieur [S] [K] à lui payer la somme de 17.571, 99 € - CONDAMNER Monsieur [C] [P] à lui payer la somme de 10.758, 50 € - CONDAMNER Monsieur [F] [N] [H] à lui payer la somme de 12.583, 30 € - CONDAMNER Monsieur [J] [M] à lui payer la somme de 7.017 € En tout état de cause - CONDAMNER solidairement Messieurs [P], [H], [M] et [K] à lui payer la somme de 49.382, 79 € en réparation de son préjudice financier - CONDAMNER solidairement Messieurs [P], [H], [M] et [K] à lui payer la somme de 10.000 € en réparation de son préjudice moral - ASSORTIR les condamnations prononcées des intérêts au taux légal calculé à compter de la mise en demeure du 28 mai 2024, avec capitalisation annuelle dans les conditions prescrites par l’article 1343-2 du code civil - CONDAMNER solidairement Messieurs [P], [H], [M] et [K] aux entiers dépens outre à lui payer la somme de 3.000 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. La clôture a été fixée au 27 mars 2026. L’affaire a été retenue à l’audience de plaidoirie du 27 avril 2026 et mise en délibéré au 22 juin 2022. Monsieur [H], Monsieur [K], et Monsieur [M], régulièrement cités à étude, et Monsieur [P], cité à domicile, n’ont pas constitué avocat.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur l'absence de défendeur constitué  En application de l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la demande de résolution judiciaire du contrat et de dommages et intérêts “La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut : - refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ; - poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ; - obtenir une réduction du prix ; - provoquer la résolution du contrat ; - demander réparation des conséquences de l'inexécution. Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter”. Suivant devis en date du 25 septembre 2023, Monsieur [E] a confié à Monsieur [S] [K] la rénovation complète de sa maison pour la somme de 87.011 euros TTC. Ce devis mentionne Messieurs [J] [M], [C] [P] et [F] [N] [H], sans précision du lot qui leur est attribué à chacun. Ce devis est signé par l’ensemble des parties. Ainsi, il sera retenu que le marché de travaux a bien été conclu. S’agissant du constat en date du 30 mai 2024, Monsieur [E] prétend que Monsieur [K] y a assisté. Cependant, l’huissier a indiqué la mention “en présence de ... Monsieur [S] [K], ainsi déclaré” ce qui implique que l’identité de la personne se présentant comme tel n’a pas été vérifiée. Or la lettre qui a été envoyée à Monsieur [K] afin de le convoquer à la tenue de ce constat a été distribuée à celui-ci le 6 juin 2024, donc postérieurement au jour du constat. Dès lors, il ne sera pas retenu que ce constat a été établi de façon contradictoire. Les photos qui y figurent permettent de démontrer que le chantier n’a pas été terminé. En revanche, l’existence de malfaçons, qui ne résulte que des déclarations de Monsieur [B] [D], entrepreneur reprenant les travaux, n’est pas suffisamment établie. S’agissant du paiement du marché, il sera observé que les “factures acquittées”, produites au débat, ne comportent aucune signature. Monsieur [E] qui prétend à la restitution des sommes versées sans contrepartie échoue à prouver ces versements. Monsieur [E] ne démontre pas avoir réglé plus que les travaux effectivement effectués. En ce qui concerne les attestations de Monsieur [C] [P], Monsieur [F] [N] [H] et Monsieur [J] [M], versées au débat, il sera relevé qu’elles ne sont pas conformes aux prescriptions de l’article 202 du code de procédure civile, il n’est nullement fait mention de leur production en justice et aucune pièce d’identité n’y est annexée. En outre, il est curieux d’observer que l’écriture des trois attestations est sensiblement la même, et que deux d’entre elles comportent la même faute d’orthographe au mot “artisant”. Au surplus l’orthographe des noms de Monsieur [C] [P] et Monsieur [F] [N] [H] n’est pas conforme à celle mentionnée sur le devis. Le tribunal considère que ces attestations sont dépourvues de toute force probante. Au regard de l’ensemble de ces éléments, aucune faute n’est établie à l’encontre des défendeurs. Par conséquent, Monsieur [E] sera débouté de l’intégralité de ses demandes. Sur les demandes accessoires Conformément à l’article 696 du code de procédure civile, Monsieur [E], succombant, conservera la charge de ses dépens. Par ailleurs, rien ne justifie d’écarter l’exécution provisoire de droit. Son principe sera rappelé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, mis à la disposition des parties au greffe, DÉBOUTE Monsieur [Z] [E] de l’intégralité de leurs demandes ; DIT que Monsieur [Z] [E] conservera la charge de ses dépens ; DIT n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire. AINSI JUGÉ ET PRONONCÉ PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE LES JOUR, MOIS ET AN SUSDITS, LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un contrat de travaux ?
Un contrat de travaux est un accord entre un client et un entrepreneur pour la réalisation de travaux spécifiques, souvent en échange d'une rémunération.
Comment prouver l'inexécution d'un contrat ?
Il est nécessaire de fournir des preuves telles que des factures, des attestations de témoins, ou des rapports d'expertise sur les travaux non réalisés.
Que faire si l'entrepreneur ne respecte pas le contrat ?
Vous pouvez tenter de résoudre le litige à l'amiable, puis envisager une action en justice pour demander la résolution du contrat et des dommages-intérêts.
Quels sont les effets de la résolution d'un contrat ?
La résolution d'un contrat met fin aux obligations des parties, et peut donner lieu à des demandes de réparation pour les préjudices subis.

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