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Cour d'appel, chambre civile 1-7, 9 juillet 2026 — n° 26/04493

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Synthèse de la décision

Question juridique

La suspension de l'obligation de quitter le territoire français par le juge des référés administratif rend-elle illégale la rétention administrative ?

Principe retenu

La rétention administrative est fondée sur une obligation de quitter le territoire français exécutoire. La suspension de l'obligation de quitter le territoire français par le juge des référés n'entraîne pas automatiquement la mainlevée de la rétention si l'autorité administrative n'a pas délivré l'autorisation provisoire de séjour ordonnée et que l'obligation de quitter le territoire français n'a pas été annulée.

Faits clés

  • M. [J] [F], ressortissant nigérian, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 24 mai 2026
  • Il a été placé en rétention administrative le 26 mai 2026
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a suspendu l'obligation de quitter le territoire français le 6 juillet 2026 et enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour
  • L'autorisation provisoire de séjour n'a pas été délivrée à la date de l'audience
  • Le jugement au fond du 12 juin 2026 avait rejeté le recours contre l'obligation de quitter le territoire français

Articles cités

article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 640 du code de procédure civile article 642 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile article R. 743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons le recours recevable en la forme, Confirmons l'ordonnance entreprise. Prononcé par mise à disposition au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées selon les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. Fait à [Localité 1], le 09 juillet 2026 à heures Et ont signé la présente ordonnance, Florence DUBOIS-STEVANT, Présidente, et Anne REBOULEAU, Greffière placée La Greffière placée, La Présidente, Anne REBOULEAU Florence DUBOIS-STEVANT Reçu copie de la présente décision et notification de ce qu'elle est susceptible de pourvoi en cassation dans un délai de 2 mois selon les modalités laissée ci-dessous. l'intéressé, l'interprète, l'avocat POUR INFORMATION : le délai de pourvoi en cassation est de DEUX MOIS à compter de la présente notification. Article R 743-20 du CESEDA : ' L'ordonnance du premier président de la cour d'appel ou de son délégué n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui l'a placé en rétention et au ministère public. '. Articles 973 à 976 du code de procédure civile : Le pourvoi en cassation est formé par déclaration au greffe de la Cour de Cassation, qui est signée par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation ; La déclaration est remise au secrétariat-greffe en autant d'exemplaires qu'il y a de défendeurs, plus deux ;

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE [Localité 1] Chambre civile 1-7 Code nac : 14H N° N° RG 26/04493 - N° Portalis DBV3-V-B7K-X7FW Du 09 JUILLET 2026 ORDONNANCE LE NEUF JUILLET DEUX MILLE VINGT SIX A notre audience publique, Nous, Florence DUBOIS-STEVANT, Présidente, à la cour d'appel de Versailles, déléguée par ordonnance de monsieur le premier président afin de statuer dans les termes de l'article L 743-21 et suivants du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, assistée de Anne REBOULEAU, Greffière placée, avons rendu l'ordonnance suivante : ENTRE : Monsieur [J] [F] né le 24 Novembre 2000 à [Localité 2] (NIGERIA) de nationalité Nigériane Actuellemenrt retenu au CRA de [Localité 3] Comparant par-visioconférence assisté de Me Noémie CHARTIER, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 50 et de Madame [W] [U], interprète en anglais, ayant prêté serment à l'audience DEMANDEUR ET : PREFECTURE DE L'ESSONE [Adresse 1] [Localité 4] représentée par Me Aziz BENZINA, avocat au barreau de VAL-DE-MARNE, vestiaire : 100, DEFENDERESSE Et comme partie jointe le ministère public absent Vu les dispositions des articles L. 742-1 et suivants et R. 743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu l'obligation pour M. [J] [F] de quitter le territoire français prise par le préfet de l'Essonne le 24 mai 2026 et notifiée à l'intéressé le 25 mai 2026 à 12 h 10 ; Vu l'arrêté du 26 mai 2026 du préfet de de l'Essonne portant placement de l'intéressé en rétention pour une durée de 4 jours, notifié à l'intéressé le 26 mai 2026 à 22 h 56 ; Vu l'ordonnance du 30 mai 2026 suivant laquelle le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Versailles a prolongé la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours : Vu l'ordonnance du 31 mai 2026 du premier président de la cour d'appel de Versailles confirmant cette ordonnance ; Vu l'ordonnance du 24 juin 2026 suivant laquelle le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Versailles a prolongé la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours : Vu l'ordonnance du 25 juin 2026 du premier président de la cour d'appel de Versailles confirmant cette ordonnance ; Vu la requête de M. [J] [F] du 7 juillet 2026 enregistrée ce même jour à 14 h 46 demandant à ce qu'il soit mis fin à sa rétention administrative ; Suivant ordonnance du 7 juillet 2026, notifiée à M. [J] [F] le même jour à 16 h 47, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Versailles a rejeté la demande de mise en liberté, sans qu'il y ait lieu à audience. Le 8 juillet 2026 à 15 h 27, M. [J] [F] a relevé appel de cette ordonnance. Il demande sa mise en liberté immédiate du centre de rétention en soutenant qu'en vertu du jugement du juge des référés du tribunal administratif de Versailles du 6 juillet 2026, le préfet est dans l'obligation de l'autoriser à séjourner provisoirement en France de sorte que l'arrêté de placement en rétention administrative est fondé sur une décision d'éloignement qui n'est plus exécutoire. Les parties et l'interprète ont été convoquées en vue de l'audience. A l'audience, le conseil de M. [J] [F] a soutenu ses demandes telles qu'exposées dans l'acte d'appel. Le conseil de la préfecture de l'Essonne s'est opposé à ces demandes. M. [J] [F] s'est exprimé en dernier.

Motivations de la décision

SUR CE, Sur la recevabilité de l'appel En vertu de l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire est susceptible d'appel devant le premier président dans les 24 heures de son prononcé, ce délai courant à compter de sa notification à l'étranger lorsque celui-ci n'assiste pas à l'audience. Le délai ainsi prévu est calculé et prorogé conformément aux articles 640 et 642 du code de procédure civile. L'article R. 743-11du même code prévoit qu'à peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée. En l'espèce, l'appel a été interjeté dans les délais légaux et il est motivé. Il doit être déclaré recevable. Sur la demande de mainlevée de la rétention administrative L'article L. 742-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que l'étranger peut, en saisissant le magistrat du siège du tribunal judiciaire, demander par requête qu'il soit mis fin à sa rétention hors des audiences de prolongation de la rétention. Le juge se prononce en raison de circonstances nouvelles de droit ou de fait survenues depuis une précédente prolongation. En l'espèce, M. [J] [F] invoque une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Versailles rendue le 6 juillet 2026 postérieurement à l'ordonnance du 24 juin 2026 prolongeant sa rétention administrative pour une durée maximale de trente jours et à sa confirmation par ordonnance du premier président de la cour d'appel de Versailles 25 juin 2026. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsque notamment l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents. L'article L. 741-1 dispose que l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 parmi lesquels celui où l'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. En l'espèce, M. [J] [F] a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai notifiée le 25 mai 2026 Si le juge des référés a notamment enjoint au préfet de l'Essonne de délivrer à M. [J] [F] une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, une telle autorisation ne lui a pas été délivrée à ce jour et l'ordonnance du juge des référés fait état d'un jugement du 12 juin 2026 ayant rejeté la requête de M. [J] [F] dirigée contre la décision d'obligation de quitter le territoire français. Il s'ensuit que les conditions légales définies notamment par les articles L. 611-1 et L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sus rappelés demeurent remplies à ce jour. Il y a lieu, en conséquence, de confirmer l'ordonnance entreprise. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement et contradictoirement,

Questions fréquentes

La suspension de mon OQTF par le juge administratif entraîne-t-elle automatiquement ma libération du centre de rétention ?
Non, la suspension de l'OQTF n'entraîne pas automatiquement la mainlevée de la rétention. Dans cette affaire, le juge a considéré que tant que l'autorisation provisoire de séjour n'est pas délivrée et que l'OQTF n'est pas annulée au fond, les conditions de la rétention restent remplies.
Que dois-je faire si le préfet ne délivre pas l'autorisation provisoire de séjour ordonnée par le juge des référés ?
Vous pouvez saisir le juge des référés pour demander l'exécution de sa décision. Dans cette affaire, l'absence de délivrance de l'autorisation provisoire de séjour n'a pas été considérée comme un motif suffisant pour ordonner la mainlevée de la rétention.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de maintien en rétention ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire devant le premier président de la cour d'appel dans les 24 heures suivant sa notification. Ensuite, un pourvoi en cassation est possible dans un délai de deux mois.
Le juge judiciaire peut-il ordonner ma libération si l'OQTF est suspendue ?
Le juge judiciaire vérifie si les conditions légales de la rétention sont remplies. La suspension de l'OQTF ne suffit pas à elle seule à ordonner la libération si l'OQTF n'est pas annulée et que l'autorisation provisoire de séjour n'a pas été délivrée.
Quelle est la différence entre une suspension et une annulation de l'OQTF pour la rétention ?
La suspension est une mesure provisoire qui ne remet pas en cause la validité de l'OQTF au fond. L'annulation définitive de l'OQTF rendrait la rétention illégale. Dans cette affaire, seule une suspension avait été ordonnée, et le jugement au fond avait rejeté le recours contre l'OQTF.
Puis-je demander la mainlevée de la rétention en référé devant le juge administratif ?
La mainlevée de la rétention relève de la compétence du juge judiciaire. Le juge administratif peut suspendre l'OQTF, mais c'est le juge judiciaire qui statue sur la rétention. Dans cette affaire, la demande de mise en liberté a été rejetée par le juge judiciaire.
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