Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Plainte et constitution de partie civile

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 20 juillet 2026 — n° 26/04068

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'avis au parquet du placement en rétention doit-il être donné avant ou dans les 24 heures suivant le placement effectif ?

Principe retenu

L'article L 741-8 du CESEDA impose que le procureur de la République soit informé immédiatement de tout placement en rétention. Un avis donné plus de 24 heures avant le placement effectif vide cette obligation de toute signification pratique et constitue une irrégularité justifiant la mainlevée.

Faits clés

  • Avis au parquet donné le 12 juillet 2026 à 17h34
  • Placement en rétention effectué le 13 juillet 2026 à 18h22
  • Délai de plus de 24 heures entre l'avis et le placement
  • Appel interjeté le 19 juillet 2026 à 07h23
  • Ordonnance de première instance ayant prolongé la rétention de 26 jours

Articles cités

article L 741-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 20 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04068 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRRR Décision déférée : ordonnance rendue le 18 juillet 2026, à 17h26, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Laurent Ben-kemoun, président de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Roxanne Therasse, greffière aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [W] [K] alias [U] [O] né le 15 juin 1997 à [Localité 1], de nationalité marocaine se disant M. [W] [K] à [Localité 1] né le 15 juillet 1997 et indiquant qu'il n'a pas besoin d'interprète à l'audience de ce jour RETENU au centre de rétention : [Adresse 1] assisté de Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris, présent en salle d'audience au centre de rétention administrative du [Etablissement 1], plaidant par visioconférence INTIMÉ : LE PREFET DES HAUTS-DE-SEINE représenté par Me Bruno [Localité 2] du cabinet Mathieu & Associés absent à l'audience de ce jour MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : - contradictoire - prononcée en audience publique - Vu l'ordonnance du 18 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet des Hauts-de-Seine enregistrée sous le numéro 26/3823 et celle introduite par le recours de M. [W] [K] alias [U] [O] enregistrée sous le numéro 26/3824, déclarant le recours de M. [W] [K] alias [U] [O]  recevable, le rejetant, rejetant les moyens d'irrégularité ou d'irrecevabilité soulevés par M. [W] [K] alias [U] [O], déclarant la requête du préfet des Hauts-de-Seine recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [W] [K] alias [U] [O] au centre de rétention administrative n°3 du [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de 26 jours à compter du 17 juillet 2026 ; - Vu l'appel motivé interjeté le 19 juillet 2026 , à 07h23 , par M. [W] [K] alias [U] [O] ; - Vu les conclusions de Me [Localité 2] du 20 juillet 2026 à 09h51 ; - Après avoir entendu les observations : - par visioconférence, de M. [W] [K] alias [U] [O], assisté de son avocat, qui demande l'infirmation de l'ordonnance ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 741-8 CESEDA prévoit que': Le procureur de la République est informé immédiatement de tout placement en rétention. En l'espèce, il est constant que l'avis à parquet du placement en rétention a été délivré le 12 juillet 2026 à 17 h 34 alors que ledit placement en rétention a été effectué le lendemain 13 juillet 2026 à 18 h 22, soit plus de vingt-quatre heures après, procédé qui vide l'article susvisé de toute signification pratique et le réduit à une formalité purement symbolique. C'est donc à tort que le premier juge a estimé que la procédure était régulière et fait droit à la requête en prolongation de la rétention administrative. Il convient en conséquence d'infirmer l'ordonnance sans qu'il soit besoin d'examiner l'ensemble des moyens soulevés. PAR CES MOTIFS INFIRMONS l'ordonnance, STATUANT A NOUVEAU': ORDONNONS la mainlevée immédiate de la rétention administrative de M. [W] [K], DISONS que la présente ordonnance sera notifiée à l'intéressé par l'intermédiaire du chef du centre de rétention administrative (avec traduction orale du dispositif de l'ordonnance dans la langue comprise par l'intéressé),

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 20 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant L'avocat de l'intéressé

Questions fréquentes

L'avis au parquet doit-il être donné avant ou après le placement en rétention ?
L'article L 741-8 du CESEDA exige que le procureur soit informé immédiatement du placement. Dans cette affaire, l'avis a été donné plus de 24 heures avant le placement effectif, ce qui a été jugé irrégulier car cela vide la formalité de son sens.
Quel est le délai pour informer le procureur d'un placement en rétention ?
Le texte impose une information 'immédiate', ce qui signifie sans délai après le placement. Un avis donné 24 heures avant le placement ne respecte pas cette exigence d'immédiateté.
Que se passe-t-il si l'avis au parquet est donné trop tôt ?
Dans cette décision, la cour a considéré qu'un avis donné plus de 24 heures avant le placement constituait une irrégularité justifiant la mainlevée de la rétention, car cela réduit la formalité à un symbole vide.
Puis-je contester une rétention si l'avis au parquet n'a pas été fait dans les temps ?
Oui, comme dans ce cas, l'irrégularité de l'avis au parquet peut être invoquée pour demander la mainlevée de la rétention. La cour d'appel a infirmé l'ordonnance de prolongation et ordonné la libération.
Qu'est-ce que l'article L 741-8 du CESEDA ?
Cet article prévoit que le procureur de la République est informé immédiatement de tout placement en rétention administrative. Il garantit un contrôle judiciaire rapide de la mesure.
Comment obtenir la mainlevée d'une rétention administrative ?
Il faut former un recours devant le juge des libertés et de la détention, puis éventuellement en appel. Dans cette affaire, l'appel a été accueilli car l'avis au parquet était irrégulier.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.