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Cour d'appel, etrangers, 27 juillet 2026 — n° 26/01123

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le placement en rétention administrative et sa prolongation sont-ils réguliers au regard des moyens soulevés par l'étranger ?

Principe retenu

La rétention administrative est une mesure privative de liberté qui doit être strictement encadrée. Le juge vérifie la régularité de la décision de placement, le respect des garanties de représentation et les diligences de l'administration. En l'espèce, les moyens soulevés par l'appelant ont été rejetés et la prolongation confirmée.

Faits clés

  • M. [X] [N], ressortissant tunisien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 23 juillet 2026.
  • Placement en rétention administrative le même jour par le préfet du Nord.
  • Première prolongation de la rétention ordonnée par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille le 26 juillet 2026.
  • Appel interjeté le 26 juillet 2026 à 23h59 demandant l'annulation du placement et la libération.
  • Moyens soulevés : insuffisance de motivation, défaut d'examen de la situation personnelle, erreur d'appréciation des garanties de représentation, défaut de diligence.

Articles cités

article L.741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.740-1 à L.744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile article 955 du code de procédure civile article 612 du code de procédure civile article R.743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [X] [N], né le 14 mars 1994 à [Localité 1] (Tunisie), de nationalité tunisienne a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet du Nord le 23 juillet 2026 notifié à 13h00 pour l'exécution d'un éloignement au titre d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français délivrée le même jour par la même autorité. Un recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille en date du 26 juillet 2026 à 17h04, notifiée à 17h19 à l'intéressé, déclarant régulier le placement en rétention administrative et ordonnant la première prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé pour une durée de 26 jours, Vu la déclaration d'appel de M. [X] [N] du 26 juillet 2026 à 23h59 sollicitant l'annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative et d'ordonner sa libération. Au soutien de son appel, l'appelant reprend les moyens développés devant le premier juge tirés de l'insuffisance de motivation et défaut d'examen de sa situation personnelle, de l'erreur d'appréciation de ses garanties de représentation, et du défaut de diligence.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et défaut d'examen de sa situation personnelle, et de l'erreur d'appréciation de ses garanties de représentation C'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents qu'il convient d'adopter au visa de l'article 955 du code de procédure civile que le premier juge a statué sur ces moyens de nullité soulevés devant lui et repris en appel, sans qu'il soit nécessaire d'apporter quelque observation. Les moyens doivent être rejetés. Sur de défaut de diligence C'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents qu'il convient d'adopter au visa de l'article 955 du code de procédure civile que le premier juge a statué sur ce moyen soulevé devant lui et repris en appel, sans qu'il soit nécessaire d'apporter quelque observation, sauf à ajouter que l'intéressé est dépourvu de tout document d'identité ou de voyage. Le moyen doit être rejeté. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Pour le surplus, il convient de considérer que c'est par une analyse circonstanciée et des motifs pertinents qui seront intégralement adoptés au visa de l'article 955 du code de procédure civile, que le premier juge a statué sur le fond en ordonnant la prolongation de la rétention en l'attente du laissez-passer consulaire et du routing sollicités respectivement le 24 juillet 2026 à 9h38, et le 24 juillet 2026 à 9h35. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La conseillère N° RG 26/01123 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W4FM A l'attention du centre de rétention, le lundi 27 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 27 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [X] [N] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [X] [N] le lundi 27 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [Q] et à Maître [K] [D] le lundi 27 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le lundi 27 juillet 2026

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure privative de liberté prise par l'autorité administrative à l'encontre d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement, afin de préparer son départ. Elle est encadrée par le CESEDA et doit être strictement proportionnée.
Quelles sont les conditions pour prolonger la rétention administrative ?
La prolongation de la rétention administrative est possible si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Dans cette affaire, la première prolongation de 26 jours a été confirmée car ces conditions étaient remplies.
Comment contester une décision de placement en rétention administrative ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) pour demander l'annulation de la décision de placement, puis faire appel de l'ordonnance du JLD devant le premier président de la cour d'appel. Dans ce cas, l'appel a été déclaré recevable mais les moyens ont été rejetés.
Que signifie 'insuffisance de motivation' dans une décision de rétention ?
L'insuffisance de motivation est un moyen de nullité qui consiste à soutenir que la décision de placement ne comporte pas de motifs suffisants pour justifier la mesure. En l'espèce, le juge a estimé que la motivation était suffisante et a rejeté ce moyen.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
Un étranger en rétention a droit à l'assistance d'un avocat, d'un interprète, à la communication avec son consulat, et peut contester la mesure. Dans cette affaire, l'appelant a été assisté d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue arabe.
Qu'est-ce qu'une OQTF ?
Une OQTF (obligation de quitter le territoire français) est une mesure administrative qui enjoint à un étranger de quitter la France. Elle peut être assortie d'une rétention administrative si l'étranger ne peut pas partir immédiatement. Ici, l'OQTF a été délivrée le même jour que le placement en rétention.
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