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Tribunal judiciaire, juge libertés & détention, 27 juillet 2026 — n° 26/01475

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger pour une durée de trente jours lorsque celui-ci conteste la validité de son titre de séjour espagnol et souhaite retourner en Espagne ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative peut être ordonnée par le juge des libertés et de la détention lorsque les conditions légales sont remplies, notamment l'impossibilité d'exécuter l'éloignement ou l'absence de garanties de représentation. La contestation de la validité d'un titre de séjour délivré par un autre État membre ne fait pas obstacle à la prolongation si l'intéressé ne présente pas de garanties suffisantes.

Faits clés

  • M. [A] [P], de nationalité indienne, a été placé en rétention administrative le 29/05/2026.
  • Il a fait l'objet de deux prolongations antérieures, la dernière jusqu'au 27/07/2026.
  • L'administration a demandé une nouvelle prolongation de trente jours le 26/07/2026.
  • M. [P] conteste la validité de son titre de séjour espagnol, affirmant qu'il est authentique mais expiré.
  • Il déclare vouloir retourner en Espagne pour renouveler son titre, mais il est maintenu en rétention.

Articles cités

article L.614-1 du CESEDA article L.614-13 du CESEDA article L.741-10 du CESEDA article L.742-4 du CESEDA article L.743-5 du CESEDA article L.743-20 du CESEDA

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RETENTION de M. [A] [P] pour une durée de trente jours à compter du 28/07/2026 à 08h54. Fait à [Localité 3], le 27 Juillet 2026 Notifié ce jour à h mn LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES DOSSIER : N° RG 26/01475 - N° Portalis DBZS-W-B7K-3AOS M. [O] [G] / M. [A] [P] DATE DE L’ORDONNANCE : 27 Juillet 2026 NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance aux parties, qui en émargeant ci-après, attestent en avoir reçu copie et les avisons de la possibilité de faire appel, devant le Premier président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de son prononcé ; les informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1]); leur indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué si celui-ci est formé dans les six heures de la décision. Information est donnée à M. [A] [P] qu’il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu’il est mis fin à sa rétention ou lors d’une assignation à résidence. Durant cette période, l’intéressé peut, s'il le souhaite, contacter son avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s'alimenter. Traduction orale faite par l’interprète. LE REPRESENTANT DU PREFET L’INTERESSE Par mail Par visioconférence puis envoi au CRA L’INTERPRETE LE GREFFIER L’AVOCAT Par mail ______________________________________________________________________________ RÉCÉPISSÉ M. [A] [P] retenu au Centre de Rétention de [Localité 4] reconnait avoir reçu notification de ladite ordonnance en date du 27 Juillet 2026 date de remise de l’ordonnance : le : signature de l’intéressé

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par décision en date du 29 mai 2026 notifiée le même jour à 8 heures 54, l’autorité administrative a ordonné le placement de [A] [P] en rétention dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire. Par décision en date du 2 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [A] [P] pour une durée maximale de vingt-six jours. Cette décision a été confirmée par ordonnance du premier président de la cour d’appel de [Localité 1] rendue le 4 juin 2026 Par décision en date du 27 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [A] [P] pour une durée maximale de trente jours. Cette décision a été confirmée par ordonnance du premier président de la cour d’appel de [Localité 1] rendue le 30 juin 2026 Par requête en date du 26 juillet 2026, reçue à 11 heures 45, l’autorité administrative a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée supplémentaire de trente jours. Le représentant du préfet soutient oralement sa requête faisant valoir que [A] [P] constitue une menace pour l’ordre public, qu’il ne dispose d’aucune garanties de représentation effectives, qu’un nouveau rendez-vous avec les autorités consulaires est fixé le 30 juillet 2026 après deux refus de présentation de [A] [P]. Le conseil de [A] [P] sollicite le rejet de la prolongation de la rétention déclarant s’en remettre à l’appréciation du tribunal. [A] [P] déclare avoir commis une erreur en se présentant en France alors qu’il avait un titre de séjour espagnol expiré et présente un permis de résidence à son nom expiré depuis le 21 décembre 2023. [A] [P] déclare vouloir repartir en Espagne.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION PROLONGATION DE LA RÉTENTION L’article L742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose : “Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.” I1 est rappelé qu’il suffit que le retenu réponde à l’une des situations prévues par le texte pour autoriser la prolongation, s’agissant de critères alternatifs et non cumulatifs. En l’espéce, [A] [P] n’a pas de document d’identité ou de voyage en cours de validité. Une réservation de vol a été faite le 29 mai 2026 et la demande de laissez-passer consulaire est toujours en cours, [A] [P] ayant refusé de se rendre aux auditions consulaires des 30 juin et 9 juillet 2026. Une relance a été effectuée le 24 juillet 2026 et un nouveau rendez-vous consulaire est programmé le 30 juillet 2026. La demande de laissez-passer consulaire est la seule diligence utile dès lors que l’administration n’a aucun pouvoir d’injonction aupres des autorités consulaires étrangères. Il est relevé que la menace pour l’ordre public est par ailleurs motivée par le préfet. Il résulte de ces éléments que l’administration a effectué l’ensemble des diligences utiles, par conséquent, il sera fait droit à la requête de l’administration. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire, DÉCLARONS recevable la requête en prolongation de la rétention administrative ;

Questions fréquentes

Quelle était la situation de M. [P] ?
M. [P], de nationalité indienne, était retenu au centre de rétention de [Localité 4] après avoir été placé en rétention le 29 mai 2026. Il avait déjà fait l'objet de deux prolongations, et l'administration demandait une troisième prolongation de trente jours.
Pourquoi M. [P] contestait-il son maintien en rétention ?
M. [P] affirmait que son titre de séjour espagnol était authentique mais expiré, et qu'il souhaitait retourner en Espagne pour le renouveler. Il estimait que sa venue en France était une erreur et qu'il était bloqué.
Quelle décision le juge a-t-il rendue ?
Le juge a déclaré recevable la requête de l'administration et a ordonné la prolongation de la rétention de M. [P] pour une durée de trente jours à compter du 28 juillet 2026.
Quels sont les recours possibles contre cette ordonnance ?
M. [P] pouvait faire appel dans les vingt-quatre heures suivant la notification de l'ordonnance, devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué. L'appel devait être motivé et pouvait être transmis par tout moyen, notamment par mail.
Quels textes ont été appliqués ?
Le juge a fondé sa décision sur les articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.742-4, L.743-5 et L.743-20 du CESEDA, ainsi que d'autres articles relatifs à la rétention administrative.
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