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Tribunal judiciaire, ps ctx protection soc 4, 29 juillet 2026 — n° 23/01432

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

Les demandes d'annulation d'une décision de la CAF et de dommages et intérêts pour manquement à l'obligation d'information sont-elles irrecevables en raison de l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement ayant statué sur les mêmes demandes entre les mêmes parties ?

Principe retenu

L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même, que la demande soit fondée sur la même cause, que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité. En l'espèce, les demandes de M. [K] sont identiques à celles déjà tranchées par le jugement du 24 septembre 2025, de sorte qu'elles sont irrecevables.

Faits clés

  • M. [K] percevait l'AAH depuis 2017
  • La CAF a refusé le paiement de l'AAH pour la période de février 2021 à juillet 2021
  • M. [K] a formé plusieurs recours gracieux et contentieux
  • Un premier jugement du 24 septembre 2025 a déjà statué sur les demandes de M. [K]
  • Les nouvelles requêtes (RG n° 23/1432 et 23/2039) portent sur les mêmes demandes

Articles cités

article 367 du code de procédure civile article 368 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 28 mars 2017, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) a pris une décision de paiement à M. [U] [K] d’une Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) pour la période du 31/08/2017 au 31/07/2022. Par décision du 13 décembre 2021, la CAF a refusé à M. [K] le paiement de l’AAH pour la période de février 2021 à juillet 2021 au motif suivant : « selon la législation en vigueur, vous ne pouvez plus percevoir l’allocation adulte handicapé lorsque votre taux d’incapacité est inférieur à 80% à compter de l’âge légal de départ à la retraite ». Le 1er juillet 2022, M. [K] a formé un recours gracieux à l’encontre de la décision précitée auprès de la COMMISSION DE RECOURS AMIABLE (CRA). Par requête reçue au pôle social du tribunal judiciaire de PARIS le 4 novembre 2022, M. [K] a formé un recours contentieux à l’encontre d’une décision implicite de rejet de la CRA (RG n° 22/2820). La CAF a effectué une seconde notification de refus de droit le 10 novembre 2022. Le 27 décembre 2022, M. [K] a de nouveau saisi la [1] d’un recours gracieux à l’encontre de la décision précitée. Par requête reçue au pôle social du tribunal judiciaire de PARIS le 27 avril 2023, M. [K] a formé un recours contentieux à l’encontre d’une décision implicite de rejet de la CRA (RG n° 23/1432). La [1] a rendu une décision explicite de rejet le 30 mars 2023. Par requête reçue au pôle social du tribunal judiciaire de PARIS le 9 juin 2023, M. [K] a formé un recours contentieux à l’encontre de la décision précitée (RG n° 23/2039). L’affaire RG n° 22/2820 a fait l’objet d’un jugement du tribunal de céans du 24 septembre 2025. Les affaires RG n° 23/1432 et 23/209 ont été appelées et retenues à l’audience du 27 mai 2026. La CPAM soulève l’autorité de la chose jugée du fait du jugement du 24 septembre 2025. Le requérant n’émet pas d’observations sur ce point. Par ses requêtes, M. [K] demandait initialement au tribunal d’annuler la décision du 10 novembre 2022 et de condamner la CAF de PARIS à lui payer 5421,60 € de dommages et intérêts pour manquement à son obligation d’information. L’affaire a été mise en délibéré au 29 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la jonction L’article 367 du code de procédure civile dispose : « Le juge peut, à la demande des parties ou d'office, ordonner la jonction de plusieurs instances pendantes devant lui s'il existe entre les litiges un lien tel qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire instruire ou juger ensemble. Il peut également ordonner la disjonction d'une instance en plusieurs ». L’article 368 du code de procédure civile : « Les décisions de jonction ou disjonction d'instances sont des mesures d'administration judiciaire ». En l’espèce, ces deux instances concernent la même affaire. Il y a dès lors lieu de prononcer la jonction. Sur la recevabilité de la requête à l’encontre de la décision du 10 novembre 2022 confirmée par la [1] L’article 1355 du code civil dispose : « L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ». L’article 122 du code de procédure civile dispose : « Constitue une fin de non-recevoir tout moyen qui tend à faire déclarer l'adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut de droit d'agir, tel le défaut de qualité, le défaut d'intérêt, la prescription, le délai préfix, la chose jugée ». En l’espèce, la décision du 10 novembre 2022 est une réitération de la décision de la CAF de PARIS du 13 décembre 2021 à l’encontre de laquelle M. [K] a saisi le tribunal et a au demeurant obtenu partiellement gain de cause. Par jugement du 29 septembre 2025, le tribunal de céans (pôle social section 4) a : DEBOUTE M. [U] [K] de ses demandes d’annulation de la décision de la CAF du 13 décembre 2021 et de celle de la [2] du 5 septembre 2022 ; DIT que la CAF de [Localité 1] a engagé sa responsabilité civile en n’informant pas suffisamment tôt M. [K] des causes de la fin de ses droits à l’AAH et de la nécessité pour lui de demander la liquidation de sa pension de retraite ; CONDAMNE la CAF de [Localité 1] à payer à M. [K] une indemnité équivalente au montant de l’AAH que percevait M. [K] jusqu’à la liquidation des droits de ce dernier à la retraite et le premier versement de cette dernière, dans la limite de 5421,60 € ; ENJOINT à M. [K] de communiquer à la CAF la liquidation de ses droits à la retraite et la décision justifiant de sa date de début de perception ; CONDAMNE la CAF de [Localité 1] aux dépens de l’instance ; ORDONNE l’exécution provisoire. Il y a dès lors autorité de la chose jugée et les demandes de M. [K] seront déclarées irrecevables. Les dépens seront équitablement laissés à la charge des parties les ayant engagés. PAR CES MOTIFS Le tribunal, après en avoir délibéré conformémént à la loi, statuant après débats en audience publique, par jugement contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe, PRONONCE la jonction des instances RG n° 23/2039 et 23/1432 sous ce dernier numéro ; DELCARE irrecevable pour autorité de la chose jugée les demandes de M. [K] d’annulation de la décision du 10 novembre 2022 de la CAF de PARIS et de condamnation de la CAF de PARIS à lui payer 5421,60 € de dommages et intérêts pour manquement à son obligation d’information (jugement du 24 septembre 2025 de la section 4 du pôle social du tribunal judiciaire de PARIS RG n° 22/2820) ; DIT que les parties conserveront la charge des dépens par elles engagés. Fait et jugé à [Localité 1] le 29 Juillet 2026 Le Greffier Le Président N° RG 23/01432 - N° Portalis 352J-W-B7H-CZ2OV EXPÉDITION exécutoire dans l’affaire : Demandeur : M. [U] [K] Défendeur : CAF DE [Localité 1]

Dispositif

EN CONSÉQUENCE, LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE mande et ordonne : A tous les huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution, Aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaire d`y tenir la main, A tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu`ils en seront légalement requis. En foi de quoi la présente a été signée et délivrée par nous, Directeur de greffe soussigné au greffe du Tribunal judiciaire de Paris. P/Le Directeur de Greffe 5ème et dernière page

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'autorité de la chose jugée ?
L'autorité de la chose jugée signifie qu'une décision de justice définitive ne peut plus être remise en cause dans une nouvelle instance entre les mêmes parties, portant sur le même objet et fondée sur la même cause. En l'espèce, le jugement du 24 septembre 2025 a déjà tranché les demandes de M. [K], donc ses nouvelles demandes sont irrecevables.
Puis-je contester une décision de la CAF après un premier jugement ?
Non, si le premier jugement a déjà statué sur les mêmes demandes entre les mêmes parties, vous ne pouvez pas les présenter à nouveau. Vous devez utiliser les voies de recours contre ce jugement (appel, pourvoi) dans les délais légaux.
La CAF a-t-elle une obligation d'information envers les bénéficiaires de l'AAH ?
Oui, la CAF a une obligation d'information envers les bénéficiaires de prestations sociales. En cas de manquement, le bénéficiaire peut demander des dommages et intérêts. Cependant, dans cette affaire, cette demande a déjà été jugée et est donc irrecevable.
Que se passe-t-il si je présente les mêmes demandes dans une nouvelle requête ?
Si les demandes sont identiques (même objet, même cause, mêmes parties), le tribunal les déclarera irrecevables en raison de l'autorité de la chose jugée. C'est ce qui s'est produit pour M. [K].
Quel est le délai pour former un recours contre une décision de la CAF ?
En général, le recours doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision ou de la décision implicite de rejet. Il est important de respecter ces délais pour éviter l'irrecevabilité.
Qu'est-ce qu'une décision implicite de rejet ?
Une décision implicite de rejet est une décision qui naît du silence de l'administration pendant un certain délai (généralement deux mois) après un recours gracieux. Elle peut être contestée devant le tribunal.
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