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Délai pour abandon d'une poursuite par une société de recouvrement après saisies infructueuses Droit des contrats

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A partir de combien temps une société de recouvrement munie de titre exécutoire et de saisies infructueuses face a un débiteur insolvable peut elle laisser tomber
La question de savoir quand une société de recouvrement "laisse tomber" face à un débiteur insolvable ne relève pas seulement d'un choix commercial, mais d'un cadre légal strict lié à la prescription des titres exécutoires et aux règles de procédure civile d'exécution. Voici l'analyse stratégique de votre situation. ## 1. Le délai légal de prescription (La règle des 10 ans) Même si le débiteur est insolvable aujourd'hui, le créancier dispose d'un temps très long pour agir. En vertu de [l'article L111-4 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L111-4+Code+des+procédures+civiles+d'exécution), l'exécution des titres exécutoires (comme un jugement) se prescrit par **dix ans**, sauf si les actions en recouvrement des créances qui y sont constatées se prescrivent par un délai plus long. **Attention :** Ce délai de 10 ans peut être **interrompu**. Chaque acte de saisie (même infructueux) ou chaque commandement de payer délivré par un commissaire de justice (anciennement huissier) fait repartir le compteur à zéro pour 10 nouvelles années. ## 2. Anticipation de la partie adverse : Le "coup d'après" du créancier Une société de recouvrement ne "laisse pas tomber" par simple générosité. Elle adopte généralement l'une des trois stratégies suivantes : * **La mise en sommeil :** Elle attend que la situation financière du débiteur s'améliore (héritage, nouvel emploi, retraite). Elle effectuera des tests de solvabilité (FICOBA) tous les 2 ou 3 ans. * **Le rachat de créances :** Si la société initiale abandonne, elle peut revendre votre dette à un "fonds de titrisation" pour quelques centimes d'euro. Le nouveau créancier reprendra alors les poursuites. * **La pression psychologique :** Même sans saisie possible, ils continueront les relances amiables pour obtenir un paiement, même minime, car cela vaut reconnaissance de dette et peut interrompre la prescription selon [l'article 2240 du Code civil](https://www.google.com/search?q=Article+2240+Code+civil). ## 3. Les risques et la charge de la preuve Pour que le créancier soit contraint de s'arrêter, il faut que la dette s'éteigne juridiquement. * **La preuve de l'insolvabilité :** Un procès-verbal de carence dressé par un commissaire de justice prouve que vous n'avez rien à saisir. Cependant, cela n'annule pas la dette, cela suspend juste l'efficacité des saisies immédiates. * **Le risque de l'exécution "aux risques et périls" :** Selon [l'article L111-10 du Code des procédures civiles d'exécution](https://www.google.com/search?q=Article+L111-10+Code+des+procédures+civiles+d'exécution), le créancier poursuit l'exécution à ses risques et périls. S'il multiplie les procédures abusives sur un débiteur manifestement insolvable, il pourrait être condamné à des dommages et intérêts (abus de saisie). ## 4. Stratégie pour "forcer" l'arrêt des poursuites Si l'insolvabilité est structurelle et définitive, il existe deux voies pour clore le dossier : 1. **La procédure de surendettement :** C'est la voie royale. Si votre dossier est recevable auprès de la Banque de France, les mesures d'exécution sont suspendues. En cas d'insolvabilité irrémédiable, la Commission peut imposer un **Rétablissement Personnel sans liquidation judiciaire**, ce qui entraîne l'effacement total des dettes. 2. **La prescription de l'action :** Si le créancier reste totalement inactif pendant plus de 10 ans (aucun acte d'huissier, aucune saisie), la dette s'éteint. Mais les sociétés de recouvrement automatisent désormais leurs relances pour éviter cela. **En résumé :** Une société de recouvrement ne laissera tomber que si elle estime que le coût des recherches et des actes de commissaire de justice est supérieur à l'espoir de recouvrement sur 10 ans, ou si une décision de justice (surendettement) l'y oblige. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - La nature de la dette (crédit conso, dette commerciale, loyers ?) - La date du dernier acte d'huissier reçu ou de la dernière saisie tentée. - Si vous avez envisagé ou déjà déposé un dossier de surendettement.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article L121-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Le juge de l'exécution connaît de l'application des dispositions du présent code dans les conditions prévues par l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire .

📄 Article L111-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Cet article du Code des procédures civiles d'exécution est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article 2224 du Code civil

Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - comm - n°22-20.185 - 17/01/2024

Sommaire :
Si, en application des articles L. 526-1 et L. 643-11 du code de commerce, le créancier auquel l'insaisissabilité de plein droit de la résidence principale du débiteur est inopposable peut, même après clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif, exercer son droit de poursuite sur l'immeuble qui n'est pas entré dans le gage commun des créanciers de la liquidation judiciaire, il ne peut, après cette clôture, en dehors des exceptions prévues au deuxième des textes visés, recouvrer l'exercice individuel de ses actions.
En conséquence, le commandement de saisie-vente, acte qui engage la mesure d'exécution forcée, ne peut être délivré par ce créancier, après la clôture pour insuffisance d'actif de la liquidation judiciaire de son débiteur, sur les autres biens de ce dernier

📋 Other - 2ème chambre civile - n°19-22.704 - 04/03/2021

Sommaire :
Il résulte de la combinaison des articles L. 111-2 et L. 111-3, 1°, et R. 121-1 du code des procédures civiles d'exécution, R. 3252-1 et R. 3252-19 du code du travail, L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire, dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019, et de l'article L. 221-8 du même code, alors applicable, que le jugement rendu par le juge du tribunal d'instance statuant, à l'occasion de la procédure de saisie des rémunérations, avec les pouvoirs du juge de l'exécution, qui n'a pas pour objet de constater une créance liquide et exigible, mais, à défaut de conciliation, de vérifier le montant de la créance en principal, intérêts et frais et, s'il y a lieu, de trancher les contestations soulevées par le débiteur, ne constitue pas un titre exécutoire.
Il ne peut, dès lors, servir de fondement à une mesure d'exécution forcée pratiquée par le créancier à l'égard du débiteur

📋 Other - 2ème chambre civile - n°19-17.721 - 17/09/2020

Sommaire :
En application de l'article L. 111-10 du code des procédures civiles d'exécution, l'exécution d'une décision de justice exécutoire à titre provisoire n'a lieu qu'aux risques et périls de celui qui la poursuit, à charge pour lui, si le titre est ultérieurement modifié, d'en réparer les conséquences dommageables.
Viole ces dispositions la cour d'appel qui rejette, au motif de l'absence de faute prouvée à l'encontre du créancier poursuivant, la demande de réparation formée par un débiteur saisi dont le véhicule a été vendu au terme d'une procédure de saisie ultérieurement annulée

📋 Other - 2ème chambre civile - n°17-17.481 - 28/06/2018

Sommaire :
En l'état d'une décision de recevabilité d'une demande de traitement de la situation de surendettement de son débiteur, il ne saurait être imposé à un créancier qui recherche l'exécution d'un titre exécutoire notarié dont il dispose déjà, d'introduire une action au fond. Par ailleurs, ce créancier ne peut, à compter de la décision de recevabilité, interrompre la prescription en délivrant au débiteur un commandement à fins de saisie-vente. Doit dès lors être approuvé l'arrêt d'une cour d'appel qui retient, pour écarter une fin de non-recevoir tirée de la prescription, qu'une banque s'est trouvée dans l'impossibilité d'agir, au sens de l'article 2234 du code civil, à compter de la décision de recevabilité de la demande de traitement de la situation financière de son débiteur

📋 Other - 2ème chambre civile - n°17-18.955 - 06/09/2018

Sommaire :
L'action du créancier prévue par l'article R. 523-5, alinéa 1, du code des procédures civiles d'exécution, qui tend à faire condamner le tiers saisi au paiement des sommes pour lesquelles la saisie conservatoire des créances a été pratiquée, n'a pas pour objet l'exécution d'un titre exécutoire qui serait détenu à l'égard de ce tiers, de sorte qu'elle n'est pas soumise à la prescription décennale prévue par l'article L. 111-4 du code des procédures civiles d'exécution pour l'exécution de certains titres exécutoires. Cette action peut être introduite à compter de la signification de la décision, même susceptible de recours, condamnant le débiteur au paiement des sommes pour lesquelles la saisie est pratiquée
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Est ce certain que l'huissier avant de faire une saisie rémunération sur retraite doit demander au juge une autorisation?
Et si le débiteur ne peut s'y rendre?
La réponse est **oui**, la procédure de saisie des rémunérations (qui inclut les pensions de retraite) est l'une des plus protectrices du Code du travail et du Code des procédures civiles d'exécution. Elle impose obligatoirement un passage devant le juge. Voici l'analyse stratégique de cette procédure et les solutions en cas d'absence. ### 1. Le passage obligatoire devant le juge : La phase de conciliation Contrairement à une saisie sur compte bancaire (saisie-attribution) qui peut être faite directement par un commissaire de justice (huissier), la saisie sur les pensions de retraite nécessite une **tentative de conciliation préalable**. Selon [l'article L3252-7 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+L3252-7+Code+du+travail), le créancier doit déposer une requête auprès du secrétariat-greffe du tribunal judiciaire. Le juge convoque ensuite les parties pour une audience de conciliation. * **L'objectif :** Vérifier la validité de la dette et tenter de trouver un accord de paiement échelonné. * **Le rôle du juge :** Sans cette étape de conciliation, aucune saisie sur votre retraite ne peut être pratiquée. C'est seulement si la conciliation échoue que le juge rend une ordonnance de saisie. ### 2. Que faire si le débiteur ne peut pas se rendre à l'audience ? Si vous ne vous présentez pas à l'audience de conciliation et que vous n'êtes pas représenté, le juge constatera l'échec de la conciliation et autorisera la saisie immédiatement. **C'est le scénario le plus risqué.** Cependant, vous avez plusieurs options juridiques : * **Se faire représenter :** Selon [l'article R3252-20 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+R3252-20+Code+du+travail), vous pouvez vous faire représenter par : * Un avocat. * Votre conjoint, partenaire de PACS ou concubin. * Un parent ou allié (frère, enfant, etc.). * **Condition :** Le mandataire (sauf l'avocat) doit disposer d'un **pouvoir écrit** (une procuration) et de la justification du lien de parenté ou de vie commune. * **Demander un renvoi par écrit :** Si vous avez un empêchement grave (santé, hospitalisation), vous pouvez adresser un courrier recommandé au greffe du juge des contentieux de la protection en joignant vos justificatifs. Le juge peut décider de reporter l'audience. * **Envoyer vos arguments par écrit :** Bien que la procédure soit orale, vous pouvez envoyer un courrier au juge expliquant votre situation financière et proposant un échéancier. Cela permet au juge de ne pas vous considérer comme "démissionnaire". ### 3. Anticipation de la partie adverse : Le piège de la saisie-attribution **Attention :** Si l'huissier voit que la procédure de saisie des rémunérations est trop longue ou bloquée, il peut tenter une **saisie-attribution** directement sur votre compte bancaire. * **Le risque :** Cette saisie ne nécessite pas d'autorisation préalable du juge. Elle bloque le compte instantanément. * **La parade :** Vous devez alors invoquer le **Solde Bancaire Insaisissable (SBI)** et justifier que les sommes sur le compte sont des pensions de retraite, qui sont soumises à un barème de saisissabilité strict (on ne peut pas tout vous prendre). ### 4. La stratégie "Go/No-Go" * **Si vous avez une capacité de remboursement :** Allez à l'audience ou faites-vous représenter pour négocier un petit montant mensuel. Le juge est souvent plus clément que l'huissier. * **Si vous êtes totalement insolvable :** Ne restez pas passif. L'audience est le moment idéal pour prouver au juge que votre "reste à vivre" est inférieur au seuil légal. Selon [l'article R3252-2 du Code du travail](https://www.google.com/search?q=Article+R3252-2+Code+du+travail), une portion de votre retraite est absolument insaisissable (égale au montant du RSA). **Conseil pragmatique :** Si vous ne pouvez vraiment pas vous déplacer, rédigez une lettre au juge détaillant vos charges (loyer, mutuelle, électricité) et joignez-y vos derniers relevés. Demandez au juge de fixer les mensualités au minimum légal au regard de votre précarité. 💡 **Votre situation comporte des enjeux importants.** Si vous le souhaitez, je peux réfléchir plus longuement pour affiner et renforcer mes conseils. Pour cela, sélectionnez le mode **Raisonnement**, disponible avec un [compte gratuit Justiweb](https://www.justiweb.fr/pricing), et ré-expliquez-moi précisément : - Le montant approximatif de votre retraite. - Si vous avez déjà reçu une convocation au tribunal (date et lieu). - La nature de l'empêchement qui vous empêche de vous y rendre.
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Sources officielles Légifrance

📄 Article R325-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Cet article du Code des procédures civiles d'exécution est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article L325-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Cet article du Code des procédures civiles d'exécution est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.

📄 Article L325-2 du Code des procédures civiles d'exécution

Cet article du Code des procédures civiles d'exécution est pertinent pour votre question. Consultez le texte intégral sur Légifrance pour connaître les dispositions exactes et leur application à votre situation.
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Jurisprudences rendues par la Cour de Cassation

📋 Other - 1ère chambre civile - n°21-23.773 - 17/05/2023

Sommaire :
Il résulte des articles 1240 du code civil et L. 122-2 du code des procédures civiles d'exécution qu'il incombe à l'huissier de justice, garant de la légalité des poursuites, de vérifier que le titre en vertu duquel il pratique une saisie-attribution aux risques du créancier mandant est exécutoire au jour de l'acte de saisie.
Dès lors, viole ces textes la cour d'appel qui rejette la demande indemnitaire formée par un débiteur contre l'huissier de justice qui a pratiqué une saisie sur ses biens, alors qu'elle avait constaté que le débiteur n'avait ni reçu notification des jugements dont l'exécution était poursuivie ni été destinataire de la signification de ceux-ci
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