Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité du dirigeant

Cour d'appel, pôle 5 - chambre 8, 23 mai 2018 — n° 17/11391

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Une créance déclarée après le délai de six mois suivant la publication du jugement d'ouverture, mais après un relevé de forclusion, doit-elle être admise au passif ?

Principe retenu

Le créancier relevé de forclusion reste tenu de déclarer sa créance dans le délai préfix de six mois à compter de la publication du jugement d'ouverture. Le délai d'un an prévu par l'article L 622-24 alinéa 1er du code de commerce, issu de l'ordonnance du 12 mars 2014, n'est applicable qu'aux procédures ouvertes à compter du 1er juillet 2014.

Faits clés

  • Liquidation judiciaire ouverte le 8 février 2007, publiée au Bodacc le 9 mars 2007
  • Créance de la CNBF de 110 555,48 euros
  • Relevé de forclusion obtenu par ordonnance du 25 septembre 2007
  • Déclaration de créance effectuée le 15 octobre 2007, reçue le 17 octobre 2007
  • Contestation de la créance le 21 janvier 2016 pour déclaration tardive

Articles cités

article L 622-26 du code de commerce article L 641-3 du code de commerce article L 622-24 alinéa 1er du code de commerce

Dispositif

PAR CES MOTIFS Confirme l'ordonnance en toutes ses dispositions, Y ajoutant, Déboute les parties de leurs demandes fondées sur l'article 700 du code de procédure civile, Condamne la CNBF aux entiers dépens. LE GREFFIER LE PRESIDENT

Exposé du litige

* Par jugement du 8 février 2007, le tribunal de grande instance de Paris a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l'égard de Mme[X] épouse [W], exerçant la profession d'avocat, Maître [B] étant désigné en qualité de liquidateur. Le jugement a été publié au Bodacc le 9 mars 2007. La Caisse nationale des barreaux français (CNBF), qui invoque une créance de 110.555,48 euros à l'égard de Mme [W], a été relevée de forclusion suivant ordonnance du juge-commissaire du 25 septembre 2007, puis jugement du 29 novembre 2007, confirmé par arrêt du 23 septembre 2008, devenu définitif. Par courrier du 15 octobre 2007, reçu le 17 octobre 2007, la CNBF a déclaré sa créance de 110.555,48 euros au passif de la liquidation de Mme [W]. Cette créance a été contestée le 21 janvier 2016 au motif qu'elle a été régularisée après l'expiration du délai préfix de six mois, suivant la publication du jugement d'ouverture. La CNBF a maintenu sa déclaration, faisant valoir qu'elle était intervenue dans le délai préfix d'un an. Par ordonnance du 23 mai 2017, le juge-commissaire du tribunal de grande instance de Paris a rejeté la déclaration de créance de la CNBF, au motif qu'elle a été déclarée après l'expiration du délai de six mois ayant commencé à courir le 9 mars 2007, a débouté Mme [W] de sa demande de dommages et intérêts et a condamné la CNBF aux dépens. La CNBF a relevé appel de cette décision selon déclaration du 8 juin 2017.

Motivations de la décision

SUR CE - Sur la créance de la CNBF La CNBF conteste l'ordonnance du juge-commissaire en ce qu'elle a considéré sa déclaration tardive, faisant valoir qu'elle a effectué sa déclaration de créance le 15 octobre 2017 dans le délai de six mois de l'action en relevé de forclusion introduite le 29 mai 2007 et dans le délai de deux mois de la notification de l'ordonnance l'ayant relevée de forclusion , de sorte qu'elle est bien opposable à la liquidation judiciaire de Mme [W]. Tandis que Mme [W] soutient, d'une part, que cette déclaration de créance est tardive en ce qu'elle est intervenue au-delà du délai préfix de six mois, ce délai ayant commencé à courir à compter de la publication au Bodacc du jugement d'ouverture et non pas de l'action en relevé de forclusion , s'agissant d'une liquidation judiciaire ouverte avant le 1er juillet 2014, d'autre part, que la CNBF est privée de la possibilité de toute contestation, n'ayant pas répondu au courrier de contestation du mandataire judiciaire, du 4 mars 2008, dans le délai de 30 jours. Le relevé de forclusion, définitivement jugé, ne dispensait pas la CNBF d'effectuer sa déclaration de créance. Il est constant que la CNBF a déclaré sa créance, le 15 octobre 2007, après avoir été relevée de forclusion. La procédure collective, ouverte en 2007, se trouve régie par les dispositions de la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005 et relève des dispositions de l'article L 622-26 du code du commerce en leur rédaction applicable du 1er janvier 2006 au 15 février 2009, selon laquelle l'action en relevé de forclusion ne peut être exercée que dans le délai de 6 mois courant à compter de la publication du jugement d'ouverture. La CNBF soutient vainement que l'article L 622-26 du code du commerce ne pose comme unique condition de délai, que le dépôt de la requête en relevé de forclusion, dès lors que, si aucun texte n'oblige le créancier défaillant à déclarer sa créance avant de saisir le juge-commissaire d'une demande de relevé de forclusion, il est néanmoins tenu, en application des articles L 622-26 et L 641-3 du code du commerce de la déclarer dans le délai préfix de l'action en relevé de forclusion, soit dans le délai six mois à compter du jugement d'ouverture. N'est pas davantage opérant le moyen pris de ce que la déclaration est intervenue dans le mois suivant la notification du relevé de forclusion, dès lors que ce délai, instauré par l'article L 622-24 alinéa 1er du code du commerce, est issu d'une ordonnance du 12 mars 2014 et n'est applicable qu'aux procédures ouvertes à compter du 1er juillet 2014. Le jugement d'ouverture ayant été publié au Bodacc le 9 mars 2007, le délai de six mois expirait le 9 septembre 2007, de sorte que la déclaration de créance est intervenue hors délai. En conséquence, l'ordonnance du juge-commissaire ayant rejeté la créance mérite confirmation. - Sur la demande de dommages et intérêts Ainsi que l'a exactement relevé le premier juge, il n'est justifié d'aucun abus du droit d'agir de la part du CNBF qui a déclaré sa créance après avoir été relevée de forclusion. L'exercice d'une voie de recours pour tenter de faire admettre au passif de la liquidation une créance, dont le montant n'est pas négligeable, ne caractérise pas une volonté de nuire à Mme [W], étant relevé que cette dernière use elle-même régulièrement, dans le cadre de sa procédure collective, des voies de recours ouvertes par la loi. En conséquence, l'ordonnance sera confirmée en ce qu'elle a rejeté la demande de dommages et intérêts de Mme [W] pour procédure abusive. - Sur les dépens et l'article 700 du code de procédure civile La CNBF, partie perdante sera condamnée aux entiers dépens. Aucune considération d'équité ne justifie de faire application de l'article 700 du code de procédure civile au profit de quiconque.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déclarer une créance dans une liquidation judiciaire ouverte en 2007 ?
Pour une procédure ouverte en 2007, le délai de déclaration de créance est de six mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bodacc. Dans cette affaire, la publication a eu lieu le 9 mars 2007, donc le délai expirait le 9 septembre 2007.
Que se passe-t-il si je déclare ma créance après le délai de six mois ?
Si vous déclarez votre créance après le délai de six mois, elle peut être rejetée comme irrecevable. Dans cette affaire, la CNBF a déclaré sa créance le 15 octobre 2007, soit après le 9 septembre 2007, et le juge-commissaire a rejeté sa déclaration.
Puis-je déclarer ma créance après avoir obtenu un relevé de forclusion ?
Oui, mais vous devez respecter le délai de six mois à compter de la publication du jugement d'ouverture. Le relevé de forclusion ne prolonge pas ce délai. Dans cette affaire, la CNBF avait obtenu un relevé de forclusion, mais sa déclaration était toujours tardive.
Quelle est la différence entre le délai de six mois et le délai d'un an pour déclarer une créance ?
Le délai d'un an est prévu par l'article L 622-24 alinéa 1er du code de commerce, mais il n'est applicable qu'aux procédures ouvertes à compter du 1er juillet 2014. Pour les procédures antérieures, comme celle de 2007, le délai est de six mois.
Quels sont les effets d'une déclaration tardive sur l'admission de ma créance ?
Une déclaration tardive entraîne le rejet de la créance, sauf si le créancier est relevé de la forclusion. Cependant, même avec un relevé de forclusion, la déclaration doit être faite dans le délai de six mois. Dans cette affaire, la créance a été rejetée.
La CNBF peut-elle être relevée de la forclusion pour déclarer sa créance ?
La CNBF avait déjà obtenu un relevé de forclusion, mais cela ne l'exonérait pas de respecter le délai de six mois pour déclarer sa créance. Le relevé de forclusion ne modifie pas le délai de déclaration.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.