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Cour de cassation, 1ère chambre civile, 5 janvier 2023 — n° 21-15.650

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2023:C100003

Synthèse de la décision

Question juridique

Une vente de meubles appartenant à un majeur en tutelle, autorisée par le juge des tutelles et devant avoir lieu aux enchères publiques, constitue-t-elle une vente judiciaire ou une vente volontaire ?

Principe retenu

Une vente de meubles appartenant à un majeur en tutelle, autorisée par le juge des tutelles à la requête du tuteur, et devant avoir lieu aux enchères publiques, constitue une vente volontaire, et non une vente judiciaire, dès lors qu'elle n'est pas prescrite par une décision de justice. Elle peut donc être organisée par un opérateur de ventes volontaires.

Faits clés

  • Vente de meubles appartenant à un majeur en tutelle
  • Autorisation du juge des tutelles à la requête du tuteur
  • Vente devant avoir lieu aux enchères publiques
  • Vente organisée par un opérateur de ventes volontaires
  • Question de la qualification de la vente (judiciaire ou volontaire)

Articles cités

article 29 de la loi n° 2000-642 du 10 juillet 2000 article 505 du code civil

Dispositif

PAR CES MOTIFS , et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs, la Cour : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 31 mars 2021, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; DIT n'y avoir lieu à renvoi ; Confirme le jugement du 5 septembre 2018 ; Condamne la chambre de discipline de la compagnie des commissaires priseurs judiciaires de Paris aux dépens, en ce compris ceux exposés devant la cour d'appel de Paris ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la chambre de discipline de la compagnie des commissaires priseurs judiciaires de Paris et la condamne à payer à la société Artcurial la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés devant la cour d'appel et la même somme pour ceux exposés devant la Cour de cassation ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du cinq janvier deux mille vingt-trois.

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 31 mars 2021), par ordonnance du 6 juin 2016, un juge des tutelles a autorisé M. [P], en sa qualité de tuteur de Mme [C] [S], à confier la vente de la collection d'oeuvres d'[U] et [B] [V], appartenant en indivision à la majeure protégée et à son fils, M. [I] [S], à la société Artcurial, opérateur de ventes volontaires, selon le mandat de vente annexé et par vente aux enchères volontaire, au prix minimum fixé par oeuvre dans ce mandat. 2. Prétendant que la société Artcurial avait commis une faute en procédant à la vente volontaire de ces oeuvres et violé le monopole des commissaires-priseurs judiciaires, la chambre de discipline de la compagnie des commissaires priseurs judiciaires de Paris et la chambre nationale des commissaires priseurs judiciaires l'ont assignée en paiement de dommages et intérêts.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Vu les articles 29 de la loi n° 2000-642 du 10 juillet 2000 et 505 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2022-267 du 28 février 2022 : 4. Il résulte de ces textes qu'une vente de meubles appartenant à un majeur en tutelle, autorisée par le juge des tutelles à la requête du tuteur, agissant au nom de la personne protégée, et devant avoir lieu aux enchères publiques, constitue, non pas une vente judiciaire prescrite par décision de justice, mais une vente volontaire qui peut être organisée par un opérateur de ventes volontaires. 5. Pour condamner la société Artcurial au paiement de dommages-intérêts, l'arrêt retient que la vente initiée par le tuteur et autorisée par le juge des tutelles, qui prescrit d'y procéder sous la forme d'une vente aux enchères, est une vente judiciaire et que la société Artcurial a commis une faute en choisissant de procéder à une vente volontaire. 6. En statuant ainsi, la cour d'appel a violé les textes susvisés. Portée et conséquences de la cassation 7. Après avis donné aux parties conformément à l'article 1015 du code de procédure civile, il est fait application des articles L. 411-3, alinéa 2, du code de l'organisation judiciaire et 627 du code de procédure civile. 8. L'intérêt d'une bonne administration de la justice justifie, en effet, que la Cour de cassation statue au fond. 9. La vente aux enchères publiques des oeuvres d'art, propriété indivise de la personne protégée et de son fils, autorisée par le juge des tutelles à la requête du tuteur, constituant une vente volontaire, la société Artcurial n'a pas commis de faute en y procédant. 10. Le jugement doit donc être confirmé.

Questions fréquentes

Une vente de meubles d'un majeur en tutelle doit-elle être faite par un commissaire-priseur ?
Non, elle peut être organisée par un opérateur de ventes volontaires, car elle constitue une vente volontaire, et non une vente judiciaire.
Quelle est la différence entre une vente judiciaire et une vente volontaire pour un majeur protégé ?
Une vente judiciaire est prescrite par une décision de justice, tandis qu'une vente volontaire est organisée à l'initiative du tuteur avec l'autorisation du juge des tutelles, mais sans être ordonnée par le juge.
Qui peut organiser la vente des biens d'un majeur en tutelle ?
La vente peut être organisée par un opérateur de ventes volontaires, comme une maison de vente aux enchères, dès lors qu'elle est autorisée par le juge des tutelles.
Faut-il l'autorisation du juge pour vendre les meubles d'une personne sous tutelle ?
Oui, le tuteur doit obtenir l'autorisation du juge des tutelles pour vendre les meubles du majeur protégé, conformément à l'article 505 du code civil.
La vente aux enchères des biens d'un majeur protégé est-elle une vente judiciaire ?
Non, elle est considérée comme une vente volontaire, car elle n'est pas prescrite par une décision de justice, même si elle se déroule aux enchères publiques.
Un opérateur de ventes volontaires peut-il vendre les meubles d'un majeur en tutelle ?
Oui, car la vente est volontaire et peut être organisée par un opérateur de ventes volontaires, sous réserve de l'autorisation du juge des tutelles.
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