Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Détention provisoire

Cour de cassation, cr, 19 décembre 2023 — n° 23-85.767

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2023:CR01599

Synthèse de la décision

Question juridique

L'absence d'interrogatoire de la personne mise en examen dans le délai prévu à l'article 82-1 du code de procédure pénale entraîne-t-elle sa mise en liberté d'office ?

Principe retenu

Ni l'article 82-1 du code de procédure pénale ni aucune autre disposition de ce code ne prévoient la mise en liberté d'office de la personne mise en examen en l'absence d'interrogatoire dans le délai imparti.

Faits clés

  • La personne mise en examen n'a pas été interrogée dans le délai prévu à l'article 82-1 du code de procédure pénale.
  • Aucune disposition légale ne prévoit de mise en liberté d'office en cas de non-respect de ce délai.
  • La décision porte sur l'interprétation de l'article 82-1 du code de procédure pénale.

Articles cités

article 82-1 du code de procédure pénale

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure ce qui suit. 2. M. [C] [B] a été mis en examen des chefs susvisés et placé en détention provisoire le 31 octobre 2022. 3. Le 31 mai 2023, M. [B] a sollicité son audition par le juge d'instruction en application de l'article 82-1, dernier alinéa, du code de procédure pénale. 4. Le 5 juillet suivant, M. [B] a directement saisi la chambre de l'instruction d'une demande de mise en liberté en application de l'article 148-4 dudit code.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Réponse de la Cour Vu les articles 5, § 1, de la Convention européenne des droits de l'homme, 80-1 et 137 du code de procédure pénale : 16. Il résulte des deux derniers de ces textes que les mesures de sûreté ne peuvent être prononcées qu'à l'égard de la personne à l'encontre de laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions dont le juge d'instruction est saisi. 17. Il se déduit du premier que la chambre de l'instruction, à chacun des stades de la procédure, doit s'assurer, même d'office, que les conditions légales des mesures de sûreté sont réunies, en constatant expressément l'existence de tels indices. 18. Pour rejeter la demande de mise en liberté, l'arrêt attaqué énonce qu'il ressort des éléments du dossier que M. [B] est mis en cause par les surveillances physiques, la géolocalisation d'un véhicule, les circonstances de son interpellation et les découvertes réalisées à cette occasion, les propos captés dans le cadre d'une sonorisation d'un véhicule et par ses propres déclarations. 19. Les juges ajoutent que ces éléments rendent vraisemblable sa participation aux faits. 20. En statuant ainsi, sans s'assurer de l'existence d'indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation à ces mêmes faits, la chambre de l'instruction a méconnu les textes susvisés et les principes ci-dessus énoncés. 21. La cassation est également encourue de ce chef.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, en date du 19 juillet 2023, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi ; RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé. Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président en son audience publique du dix-neuf décembre deux mille vingt-trois.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si le juge d'instruction n'interroge pas la personne mise en examen dans le délai prévu à l'article 82-1 ?
L'absence d'interrogatoire dans ce délai n'entraîne pas automatiquement la mise en liberté d'office de la personne mise en examen. Aucune disposition du code de procédure pénale ne prévoit une telle conséquence.
Puis-je être remis en liberté si mon interrogatoire n'a pas eu lieu dans les délais ?
Non, la loi ne prévoit pas de mise en liberté d'office en cas de non-respect du délai d'interrogatoire. Vous devez demander votre mise en liberté par voie de requête ou former un appel.
Quels sont les recours en cas de non-respect du délai d'interrogatoire ?
Vous pouvez contester la détention en saisissant la chambre de l'instruction ou en formant un pourvoi en cassation, mais l'absence d'interrogatoire dans le délai n'est pas une cause automatique de libération.
L'article 82-1 du code de procédure pénale prévoit-il une sanction en cas de retard ?
Non, l'article 82-1 fixe un délai pour l'interrogatoire mais n'assortit pas son non-respect d'une sanction spécifique comme la mise en liberté d'office.
Y a-t-il une nullité de procédure si l'interrogatoire n'est pas fait dans le délai ?
Le non-respect du délai peut être invoqué comme un vice de procédure, mais il n'entraîne pas automatiquement la nullité. Il appartient au juge d'apprécier si ce défaut a porté atteinte aux droits de la défense.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.