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Tribunal judiciaire, pcp jcp acr référé, 4 juin 2024 — n° 24/00163

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

La suroccupation d'un logement par des tiers, même des enfants, constitue-t-elle un manquement contractuel justifiant la résiliation de plein droit du contrat de résidence après mise en demeure ?

Principe retenu

La clause contractuelle interdisant au résident de consentir l'occupation du logement à quelque titre que ce soit, même à titre gratuit, est opposable. La suroccupation constatée par commissaire de justice après mise en demeure non suivie d'effet entraîne la résiliation de plein droit du contrat un mois après la mise en demeure.

Faits clés

  • Contrat de résidence à durée indéterminée conclu le 29 janvier 2021 entre Adoma et M. [U] pour une chambre.
  • Clause contractuelle interdisant l'occupation par des tiers, même à titre gratuit.
  • Mise en demeure par commissaire de justice le 24 août 2023 de cesser la suroccupation.
  • Constat par commissaire de justice le 14 octobre 2023 de la présence de trois adultes dans le logement, occupants depuis un an.
  • M. [U] n'a pas contesté le constat mais a soutenu ne pas avoir reçu la mise en demeure.

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution articles L433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution

Dispositif

PAR CES MOTIFS , Statuant publiquement par ordonnance de référé mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort, Constatons la résiliation du contrat de résidence à durée indéterminée, conclu le 29 janvier 2021, pour le logement situé : chambre n° B173, [Adresse 2], à la date du 25 septembre 2023 ; Ordonnons l'expulsion, au besoin avec l'aide de la force publique et d'un serrurier, de M. [U] et celle de tous occupants de son chef de ces lieux, deux mois après la délivrance d'un commandement de quitter les lieux conformément aux dispositions de l'article L412 - 1 du code des procédures civiles d'exécution ; Disons que les meubles trouvés dans les lieux seront traités conformément aux dispositions des articles L433 - 1 et suivants du même code ; Fixons l'indemnité d'occupation mensuelle due par M. [U] à compter de la résiliation au montant de la redevance et des accessoires qui auraient été dus si le contrat d'hébergement n'avait pas été résilié (indexation incluse) et le condamnons à payer cette indemnité à compter du 25 septembre 2023, ladite indemnité d'occupation étant due jusqu'à complète libération du foyer, de tout bien et de toute personne de son chef ; Condamnons M. [U] à payer 600 € à la société Adoma en application de l'article 700 du code de procédure civile ; Condamnons M. [U] aux dépens. Le greffier, Le président

Exposé du litige

Décision du 04 juin 2024 PCP JCP ACR référé - N° RG 24/00163 - N° Portalis 352J-W-B7H-C3WM2 Vu l'assignation en référé du 1er décembre 2023, délivrée par la SA Adoma à M. [M] [U] par laquelle le tribunal judiciaire de Paris a été saisi aux fins de voir : - constater la résiliation du contrat de résidence à durée indéterminée conclu le 29 janvier 2021, pour un logement situé, chambre n° B173, [Adresse 2], par application du contrat et du règlement intérieur, en raison de la sur-occupation du logement, après l'envoi d'une lettre par commissaire de justice du 24 août 2023, l'ayant mis en demeure de régulariser sa situation, - prononcer son expulsion, et celle de tous occupants de son chef, - ordonner la séquestration à ses frais de tous les meubles et objets mobilier lui appartenant qui pourraient encore se trouver dans les lieux lors de l'expulsion, - le condamner à payer une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant de la redevance mensuelle, et 600 € en application de l'article 700 du code de procédure civile. M. [U] soutient de ne pas avoir été destinataire de la mise en demeure et que l'ordonnance du 8 septembre 2023 doit être rétractée, au regard du détournement de l'article 145 du code de procédure civile, à défaut de motif légitime. Subsidiairement, le fils du locataire était venu s'assoupir quelques heures. Il sollicite la condamnation de la société Adoma à lui payer 1200 € en application de l'article 700 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

MOTIFS La société Adoma et M. [U] ont conclu un contrat le 29 janvier 2021, à durée indéterminée, avec paiement d'une redevance mensuelle. L'article 8 paragraphe 5 du contrat stipule : " …Occuper personnellement les lieux mis à sa disposition et n'en consentir l'occupation à quelque titre que ce soit, partiellement ou en totalité, à titre onéreux ou à titre gratuit. " Une mise en demeure, par commissaire de justice lui a été présentée le 24 août 2023, le représentant de la société Adoma ayant constaté une suroccupation. Celle-ci n'a pas suscité de réaction. C'est pourquoi le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris a autorisé la venue d'un commissaire de justice sur place, pour faire des constatations, lequel a effectivement noté la présence de trois personnes dans la chambre, donnée à bail. Cette mise en demeure, lui avait été présentée le 24 août 2023, pour qu'il mette fin à la situation de suroccupation, sous peine de résiliation automatique du contrat dans le délai d'un mois. Or il résulte du procès-verbal de commissaire de justice du 14 octobre 2023, de Me Emery, postérieur à la mise en demeure du 24 août 2023, non contesté, que M. [U] vit dans les lieux, à cette date, avec trois adultes, qui ont indiqué occuper les lieux depuis une année, en violation des obligations contractuelles. Les conditions de résiliation du contrat sont donc réunies de plein droit, un mois après la mise en demeure, à partir du 25 septembre 2023, du fait qu'il a manqué aux obligations du contrat, lui interdisant de consentir à l'occupation d'aucune autre tierce personne, même s'il s'agit de ses propres enfants. L'expulsion du résident est ordonnée, avec paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle à compter de la résiliation, égale au montant de la redevance et des accessoires qui auraient été dus si le contrat d'hébergement n'avait pas été résilié (indexation incluse).

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la suroccupation dans un contrat de résidence ?
La suroccupation consiste à héberger dans le logement un nombre de personnes supérieur à celui autorisé par le contrat, ou à permettre l'occupation par des tiers en violation d'une clause interdisant toute occupation même à titre gratuit. Dans cette affaire, le résident hébergeait trois adultes dans une chambre individuelle.
Puis-je être expulsé si mon fils vient habiter chez moi dans un logement social ?
Oui, si le contrat de résidence contient une clause interdisant l'occupation par des tiers, même vos enfants. Dans cette décision, le résident a vu son contrat résilié pour avoir hébergé son fils et deux autres adultes, malgré la clause contractuelle.
Combien de temps après une mise en demeure peut-on être expulsé ?
La résiliation intervient de plein droit un mois après la mise en demeure restée sans effet. L'expulsion peut être ordonnée ensuite, mais elle ne peut avoir lieu que deux mois après la délivrance d'un commandement de quitter les lieux, conformément à l'article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution.
Que faire si je reçois une mise en demeure pour suroccupation ?
Vous devez immédiatement cesser la suroccupation, par exemple en faisant partir les occupants non autorisés. Si vous contestez la mise en demeure, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. Dans cette affaire, le résident n'a pas réagi et la suroccupation a été constatée par commissaire de justice.
Quels sont mes droits si je suis locataire d'un logement social et que mon enfant vit avec moi ?
Cela dépend des clauses de votre contrat. Si le contrat interdit toute occupation par des tiers, même vos enfants, vous risquez la résiliation. Vérifiez votre contrat et, en cas de doute, consultez un avocat. Dans cette décision, le contrat interdisait expressément l'occupation par des tiers, y compris les enfants.
Le bailleur doit-il prouver la suroccupation ?
Oui, le bailleur doit apporter la preuve de la suroccupation, par exemple par un constat de commissaire de justice. Dans cette affaire, le bailleur a obtenu une autorisation judiciaire pour faire constater la présence de trois adultes dans le logement.
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