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Cour de cassation, 2ème chambre civile, 27 juin 2024 — n° 22-17.468

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2024:C200624

Synthèse de la décision

Question juridique

L'exercice d'une activité professionnelle non autorisée pendant un arrêt de travail consécutif à un accident de trajet méconnaît-il l'obligation de s'abstenir de toute activité non autorisée, justifiant le refus d'indemnités journalières ?

Principe retenu

L'attribution d'indemnités journalières est subordonnée à l'obligation pour le bénéficiaire de s'abstenir de toute activité non expressément et préalablement autorisée par le médecin prescripteur. Méconnaît cette obligation l'assuré qui, pendant son arrêt de travail, exerce une activité professionnelle non autorisée.

Faits clés

  • Assuré en arrêt de travail suite à un accident de trajet
  • Exercice d'une activité professionnelle en qualité d'auto-entrepreneur pendant l'arrêt
  • Absence d'autorisation expresse et préalable du médecin prescripteur
  • Refus d'indemnités journalières par la caisse

Articles cités

article L. 323-6 du code de la sécurité sociale article L. 433-1 du code de la sécurité sociale

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 8 avril 2022) et les productions, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne (la caisse) a notifié, le 23 décembre 2016, à M. [L] (l'assuré), victime le 4 juillet 1997 d'un accident de la circulation pris en charge comme accident de trajet, un indu au titre d'indemnités journalières afférentes à la période d'arrêt de travail du 7 novembre 2014 au 3 avril 2015, en raison de l'exercice d'une activité non autorisée. 2. L'assuré a saisi d'un recours une juridiction chargée du contentieux de la sécurité sociale. Sur le pourvoi dirigé contre l'arrêt du 29 octobre 2021 3. Le pourvoi, étant sans incidence sur l'arrêt avant-dire-droit du 29 octobre 2021 par lequel la cour d'appel s'est bornée à ordonner à bon droit la réouverture des débats afin de recueillir les observations des parties sur l'existence d'une éventuelle mesure de protection en faveur de l'assuré et à ordonner dans ce cas l'intervention à l'instance de la personne en charge de cette mesure, ne peut qu'être rejeté en tant qu'il est dirigé contre l'arrêt du 29 octobre 2021. Sur le pourvoi dirigé contre l'arrêt du 8 avril 2022

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Vu les articles L. 323-6 et L. 433-1 du code de la sécurité sociale, dans leur rédaction applicable au litige : 5. Il résulte du premier de ces textes, rendu applicable par le second aux indemnités journalières versées au titre de la législation professionnelle, que l'attribution d'indemnités journalières à l'assuré se trouvant dans l'incapacité physique de continuer ou de reprendre le travail est subordonnée à l'obligation pour le bénéficiaire de s'abstenir de toute activité non expressément et préalablement autorisée. 6. Pour dire que l'assuré n'est tenu à aucune restitution d'indu, l'arrêt constate que, par un certificat médical en date du 26 janvier 2012, le médecin traitant de l'assuré a autorisé « vivement » celui-ci à exercer des activités intellectuelles et physiques tant que sa consolidation ne serait pas acquise. Il ajoute que la nécessité thérapeutique de ces activités a été confirmée ultérieurement par une attestation du même médecin datée du 9 octobre 2018 ainsi que par un autre praticien interrogé par la caisse le 10 novembre 2015 dans le cadre d'une enquête administrative. Il en conclut que l'activité de vente et réparation de motocycles et de rénovation de bâtiments reprochée par la caisse à l'assuré, avait été autorisée au sens de l'article L. 323-6 du code de la sécurité sociale. 7. En statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses constatations que l'assuré avait exercé une activité professionnelle d'auto-entrepreneur sans y avoir été expressément et préalablement autorisé par le médecin prescripteur de l'arrêt de travail litigieux, la cour d'appel a violé les textes susvisés.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs du pourvoi : REJETTE le pourvoi en tant qu'il est dirigé contre l'arrêt avant-dire-droit du 29 octobre 2021 ; CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il donne acte à Mme [Y] et à Mme [V], en leur qualité de curatrices de M. [L], de leur intervention volontaire à l'instance, ainsi que de leur comparution volontaire à l'audience du 18 février 2022, l'arrêt rendu le 8 avril 2022, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; Remet, sauf sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée ; Condamne M. [L] et Mmes [Y] et [V], toutes deux prises en qualité de curatrices de M. [L], aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes formées par M. [L] et Mmes [Y] et [V], toutes deux prises en qualité de curatrices de M. [L] et condamne M. [L] à payer à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne la somme de 3 000 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-sept juin deux mille vingt-quatre.

Questions fréquentes

Puis-je travailler comme auto-entrepreneur pendant un arrêt de travail pour accident de trajet ?
Non, sauf autorisation expresse et préalable du médecin prescripteur. L'exercice d'une activité non autorisée entraîne le refus des indemnités journalières.
Quelles sont les conséquences si j'exerce une activité non autorisée pendant mon arrêt maladie ?
La caisse de sécurité sociale peut refuser le versement des indemnités journalières pour la période concernée, comme dans cette affaire où l'assuré a vu ses indemnités refusées.
Qu'est-ce qu'un accident de trajet ?
Un accident de trajet est un accident survenu sur le chemin aller-retour entre le domicile et le lieu de travail. Il est couvert par la législation professionnelle pour les indemnités journalières.
Comment obtenir l'autorisation de travailler pendant un arrêt de travail ?
Vous devez demander une autorisation écrite et préalable au médecin prescripteur de l'arrêt de travail. Sans cette autorisation, toute activité est interdite.
Quels articles du code de la sécurité sociale régissent les indemnités journalières ?
Les articles L. 323-6 et L. 433-1 du code de la sécurité sociale, qui subordonnent le versement des indemnités à l'obligation de s'abstenir de toute activité non autorisée.

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