Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité civile et dommages-intérêts

Tribunal judiciaire, 0p15 aud civile prox 6, 16 septembre 2024 — n° 24/03008

Délibéré pour mise à disposition de la décision

Synthèse de la décision

Question juridique

L'assureur du responsable d'un accident de la circulation doit-il indemniser la victime des loyers de location longue durée et du préjudice de jouissance subis pendant l'immobilisation de son véhicule ?

Principe retenu

La victime d'un accident de la circulation peut obtenir réparation de l'intégralité des préjudices subis, y compris les loyers de location longue durée versés pendant l'immobilisation du véhicule et le préjudice de jouissance, dès lors que ces préjudices sont en lien direct avec l'accident et qu'elle n'est pas responsable.

Faits clés

  • Accident de la circulation le 22 décembre 2022 impliquant un assuré MATMUT
  • Véhicule de la victime (BMW X2) stationné réglementairement, endommagé
  • Réparations effectuées pour 21 905,81 euros, prises en charge par l'assureur de la victime puis remboursées par MATMUT
  • Véhicule immobilisé du 22 décembre 2022 au 28 avril 2023 (4 mois)
  • Véhicule sous contrat de location longue durée avec mensualités de 558,62 euros

Articles cités

article 1er de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 article 1103 du code civil article 1199 du code civil article 1240 du code civil article 1353 du code civil article L.124-1 du code des assurances article L.124-3 du code des assurances article 9 du code de procédure civile article 446-1 du code de procédure civile article 446-2 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 22 décembre 2022, Monsieur [D] [F], assuré auprès de la SA MATMUT, a perdu le contrôle de son véhicule et a endommagé la voiture BMW X2 de Madame [C] [E], stationnée de manière réglementaire dans la [Adresse 6] à [Localité 4]. Des réparations ont été effectuées sur le véhicule de Madame [C] [E] pour un montant de 21 905,81 euros. Par courrier en date du 15 mai 2023, Madame [C] [E] a vainement mis en demeure la SA MATMUT de lui verser la somme de 2 235,28 euros (au titre des loyers payés) et de 3 000 euros (en réparation du préjudice de jouissance subi, notamment dans le cadre de son activité professionnelle). Par acte de commissaire de justice en date du 3 avril 2024, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé intégral de ses demandes et moyens, Madame [C] [E] a fait assigner la SA MATMUT devant le tribunal judiciaire de Marseille, pôle de proximité. L'affaire a été appelée et retenue lors de l'audience du 16 septembre 2024. A cette audience, les parties, représentées par leur Conseil respectif, ont repris leurs dernières écritures auxquelles il sera renvoyé pour l’exposé des prétentions et des moyens. L'affaire est mise en délibéré au 16 décembre 2024. Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DECISION Vu l’article 9 du code de procédure civile, Vu l’article 1353 du code civil, Sur les demandes principales Vu les dispositions de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, et notamment l’article 1er, Vu les articles 1103, 1199, 1240 et 1353 du code civil, Vu les articles L.124-1 et L.124-3 du code des assurances, En l’espèce, il résulte des pièces communiquées que : la SA MATMUT a indemnisé la SA MACSF, assureur de Madame [C] [E], au titre des réparations effectuées sur le véhicule de Madame [C] [E] ;le véhicule de Madame [C] [E], qu’elle n’a pu utiliser durant la durée des réparations (du 22 décembre 2022 au 28 avril 2023), notamment à des fins professionnelles, fait l’objet d’un contrat de location longue durée dont les mensualités, honorées, s’élèvent à 558,62 euros ;Madame [C] [E] n’a bénéficié d’un véhicule de remplacement qu’à compter du 6 février 2023 ; Madame [C] [E] est donc en droit d’exercer une action en réparation de l’intégralité des préjudices subis consécutivement à l’accident de la circulation litigieux. La preuve étant rapportée de ce que Madame [C] [E] a subi différents dommages - financier et de jouissance - du fait d’un accident dont elle n’était pas responsable et que la SA MATMUT ne s’est pas acquittée des sommes auxquelles elle était tenue malgré les démarches précontentieuses entamées, il convient de condamner cette dernière à verser à Madame [C] [E] : la somme de 2 235,28 euros, au titre des loyers versés durant l’immobilisation du véhicule endommagé ;la somme de 1 250 euros, en réparation du préjudice de jouissance subi. Sur les demandes accessoires Sur les dépens  L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. La SA MATMUT, qui succombe à l’instance, sera condamnée aux dépens.   Sur les frais irrépétibles   Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.  Compte tenu des circonstances du litige, il convient de condamner la SA MATMUT à payer à Madame [C] [E] la somme de 400 euros en application de l’article précité. Sur l’exécution provisoire Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant par jugement contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe, CONDAMNE la SA MATMUT à verser à Madame [C] [E] la somme de 2 235,28 euros, au titre des loyers versés durant l’immobilisation de son véhicule ; CONDAMNE la SA MATMUT à verser à Madame [C] [E] la somme de 1 250 euros, en réparation de son préjudice de jouissance ; CONDAMNE la SA MATMUT à verser à Madame [C] [E] la somme de 400 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNE la SA MATMUT aux entiers dépens de la présente instance ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit. AINSI JUGE ET PRONONCE LES JOURS MOIS AN CI-DESSUS Le greffier, Le juge,

Questions fréquentes

Quels préjudices ont été indemnisés dans cette affaire ?
La victime a obtenu le remboursement des loyers de location longue durée versés pendant l'immobilisation de son véhicule (2 235,28 €) et une indemnisation pour le préjudice de jouissance (1 250 €), en raison de l'absence de véhicule de remplacement pendant 46 jours.
Pourquoi l'assureur MATMUT a-t-il été condamné à payer les loyers de location ?
Parce que la victime n'était pas responsable de l'accident et que les loyers constituent un préjudice matériel direct lié à l'immobilisation du véhicule, même si le contrat de location était antérieur au sinistre.
Comment a été évalué le préjudice de jouissance ?
Le tribunal a accordé 1 250 € pour la période où la victime n'a pas eu de véhicule de remplacement (du 22 décembre 2022 au 5 février 2023), en tenant compte de la gêne subie, notamment pour son activité professionnelle.
La victime avait-elle droit à un véhicule de remplacement ?
Oui, mais elle n'en a bénéficié qu'à partir du 6 février 2023, soit 46 jours après l'accident. L'assureur a été condamné pour le préjudice subi avant cette date.
Quels articles de loi ont été appliqués ?
Les articles 1er de la loi du 5 juillet 1985 (loi Badinter), 1240 et 1353 du code civil, ainsi que les articles L.124-1 et L.124-3 du code des assurances.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.