MOTIVATION
L’assignation destinée à Monsieur [V] [M], Madame [F] [M], Madame [I] [U] et Monsieur [X] [U] a fait l’objet d’une remise à étude dans un délai suffisant pour leur permettre de faire valoir leurs intérêts en défense, de sorte que la présente décision sera réputée contradictoire.
Sur la demande de la vente immobilière
En application de l’article 1380 du code de procédure civile, les demandes formées en application des articles 772, 794, 810-5, 812-3, 813-1, 813-7, 813-9 et du deuxième alinéa de l'article 814, des articles 815-6, 815-7, 815-9 et 815-11 du code civil sont portées devant le président du tribunal judiciaire qui statue selon la procédure accélérée au fond.
En l’espèce la demande est fondée sur l’article 815-6 du code civil, lequel dispose :
Le président du tribunal judiciaire peut prescrire ou autoriser toutes les mesures urgentes que requiert l'intérêt commun.
Il peut, notamment, autoriser un indivisaire à percevoir des débiteurs de l'indivision ou des dépositaires de fonds indivis une provision destinée à faire face aux besoins urgents, en prescrivant, au besoin, les conditions de l'emploi. Cette autorisation n'entraîne pas prise de qualité pour le conjoint survivant ou pour l'héritier.
Il peut également soit désigner un indivisaire comme administrateur en l'obligeant s'il y a lieu à donner caution, soit nommer un séquestre. Les articles 1873-5 à 1873-9 du présent code s'appliquent en tant que de raison aux pouvoirs et aux obligations de l'administrateur, s'ils ne sont autrement définis par le juge.
En l’espèce, l’urgence et l’intérêt commun sont caractérisés par l’existence d’une offre de Monsieur [B] [A] tendant à l’achat de la maison indivise, au prix de 150.000 euros soit le prix du marché, et d’une acceptation de cette offre par 4 indivisaires sur 5. En effet le demandeur, oncle des 4 autres co-indivisaires, produit des courriers d’accord ceux-ci à l’exception de [V] [M] (pièces n° 14, 15, 17 et 18 de la partie demanderesse).
Par conséquent, un immeuble inoccupé se dégradant au fil du temps et la valeur de celui-ci actuellement et en Charente n’étant pas susceptible d’augmenter à court ou moyen terme, il est de l’intérêt commun de l’indivision que le bien indivis puisse être vendu à ce prix net vendeur nonobstant le blocage d’un co-indivisaire sur 5 : est ainsi autorisée la vente à un prix net vendeur conforme à l’offre, que ce soit à Monsieur [A] ou, si ce dernier se désiste, à une autre personne formulant ultérieurement la même offre.
Sur les demandes accessoires
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
A la lumière de ce qui précède, les dépens doivent demeurer à la charge du demandeur, sauf à ce qu’il bénéficie de l’aide juridictionnel auquel cas ils seront supportés par le Trésor public.