MOTIFS DE LA DECISION :
Au préalable, la cour rappelle qu'aux termes de l'article 954, alinéa 3, du code de procédure civile, ne constituent pas des prétentions au sens de l'article 4 du code de procédure civile les demandes des parties tendant à 'dire et juger' ou 'constater', en ce que, hors les cas prévus par la loi, elles ne sont pas susceptibles d'emporter de conséquences juridiques, mais constituent en réalité des moyens ou arguments, de sorte que la cour n'y répondra qu'à la condition qu'ils viennent au soutien de la prétention formulée dans le dispositif des conclusions et, en tout état de cause, pas dans son dispositif mais dans ses motifs, sauf à statuer sur les demandes des parties tendant à 'dire et juger' lorsqu'elles constituent un élément substantiel et de fond susceptible de constituer une prétention (2ème Civ., 13 avril 2023, pourvoi n° 21-21.463),
Par ailleurs, la cour n'est pas tenue de suivre les parties dans le détail de leur argumentation, ni de procéder à des recherches que ses constatations rendent inopérantes. Il lui appartient d'examiner, en premier lieu, les prétentions des parties, dont l'accueil est de nature à influer sur la solution du litige, sans s'arrêter à l'ordre dans lequel elles sont présentées, dès lors qu'elles tendent toutes à la même fin.
Sur la nullité du jugement rendu le 16 mai 2025 par le tribunal judiciaire de Colmar :
L'appelant soulève de nombreux moyens de nullité qu'il conviendra d'examiner successivement en suivant la présentation de ses moyens dans ses conclusions.
- Sur la violation des articles 678 alinéa 5 et 693 alinéa 1 du code de procédure civile :
L'appelant reproche au tribunal d'avoir violé les articles 678 et 693 du code de procédure civile.
L'article 678 du code de procédure civile dispose que lorsque la représentation est obligatoire, le jugement doit en outre être préalablement porté à la connaissance des représentants des parties :
a) Par remise d'une copie de la décision par le greffe, lorsque le jugement est notifié aux parties à sa diligence,
b) Dans la forme des notifications entre avocats dans les autres cas, à peine de nullité de la notification à partie ; mention de l'accomplissement de cette formalité doit être portée dans l'acte de notification destiné à la partie.
Ces dispositions ne s'appliquent pas si le représentant est décédé ou a cessé d'exercer ses fonctions. Dans ce cas, la notification est faite à la partie avec l'indication du décès ou de la cessation de fonctions.
Le délai pour exercer le recours part de la notification à la partie elle-même.
Aux termes de l'article 693 du code de procédure civile, ce qui est prescrit par les articles 654 à 659, 663 à 665-1, 672, 675, 678, 680, 683 à 684-1, 686, le premier alinéa de l'article 688 et les articles 689 à 692 est observé à peine de nullité.
Doivent être également observées, à peine de nullité, les dispositions des articles 8, 10, 11 et des paragraphes 1, 2, 3, 4, 6 et 7 de l'article 12 du règlement (UE) 2020/1784 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2020, en cas d'expédition d'un acte vers un autre Etat membre de l'Union européenne.
Or, les articles ci-dessus visés concernent les procédures dans lesquelles la représentation est obligatoire.
Tel n'est pas le cas de la procédure devant la chambre commerciale du tribunal judiciaire, sur recours de la décision du juge commissaire.
Le moyen n'est pas fondé.
- Sur la violation de l'ordre public processuel :
L'appelant reproche au tribunal de s'être saisi d'office de la fin de non-recevoir tirée de l'expiration supposée du délai de recours et d'avoir ainsi porté atteinte à son droit d'accès au juge, au sens des articles 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, 6.1 et 13 de la convention européenne des droits de l'homme et L. 111-2 du code de l'organisation judiciaire.
Or, aux termes de l'article 125 du code de procédure civile, les fins de non-recevoir doivent être relevées d'office lorsqu'elles ont un caractère d'ordre public, notamment lorsqu'elles résultent de l'inobservation des délais dans lesquels doivent être exercées les voies de recours ou de l'absence d'ouverture d'une voie de recours.
En conséquence, sous réserve du respect du principe du contradictoire, le tribunal était tenu, s'il constatait l'inobservation du délai dans lequel devait être exercé le recours, de soulever d'office la fin de non-recevoir correspondante.
Le moyen n'est pas fondé.
Au surplus, le moyen avait été soulevé dans les conclusions du défendeur, de sorte qu'il ne peut être retenu qu'il a été soulevé d'office par la juridiction.
- Sur la violation du principe du contradictoire :
L'appelant reproche au tribunal d'avoir soulevé une fin de non-recevoir, sans avoir rouvert les débats et invité les parties à se prononcer.
Néanmoins, dans ses conclusions déposées devant le tribunal, la SAS [J] & Associés, prise en la personne de Me [O] [J], es qualités de liquidateur judiciaire de M. [Q] [U], avait soulevé l'irrecevabilité éventuelle du recours formé par Me [A], es qualités d'administrateur de Me [F] [K], dans la mesure où il n'aurait pas été démontré que le recours avait été introduit dans le délai de 10 jours suivant la réception de l'ordonnance.
Le moyen n'est pas fondé.
- Sur la violation des articles 455 et 458 du code de procédure civile :
L'appelant reproche au tribunal de ne pas avoir fixé dans son jugement la substance des moyens et prétentions des parties, de ne pas y avoir répondu et de ne pas avoir motivé sa décision en évitant toute contradiction.
Or, aux termes de l'article 455 du code de procédure civile, l'exposé des prétentions et moyens des parties peut revêtir la forme d'un visa des conclusions avec indication de leur date, ce qui est le cas en l'espèce.
Par ailleurs, une fois la fin de non-recevoir retenue, le tribunal n'était pas tenu d'examiner les autres moyens présentés par le requérant.
La décision est motivée sans contradiction et, si le tribunal a commis une erreur d'appréciation, seule l'infirmation est encourue.
Le moyen n'est pas fondé.
- Sur la dénaturation :
L'appelant reproche au tribunal d'avoir dénaturé les éléments des documents de la cause qui lui était soumise, violant ainsi les articles L. 111-2, L. 111-5 du code de l'organisation judiciaire, ainsi que l'article 47 alinéa 2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne.
Toutefois, si le tribunal a commis une erreur d'appréciation, seule l'infirmation est encourue.
Le moyen n'est pas fondé.
- Sur la violation de la règle interdisant au juge qui accueille et prononce une fin de non-recevoir de statuer au fond :
Le tribunal a ainsi motivé sa décision': 'le recours exercé par dépôt au SAUJ du tribunal judiciaire de Colmar le 21 mars 2024 est hors délais et doit être rejeté'.
Il n'a pas statué au fond, mais a commis une erreur de droit en rejetant le recours au lieu de le déclarer irrecevable.
La sanction applicable est l'infirmation et non la nullité de la décision déférée.
Le moyen n'est pas fondé.
Sur l'infirmation du jugement rendu le 16 mai 2025 par le tribunal judiciaire de Colmar :
- Sur la recevabilité du recours de Me [W] [A] :
Aux termes de l'article R. 621-21 du code de commerce, le juge commissaire statue par ordonnance sur les demandes, contestations et revendications relevant de sa compétence ainsi que sur les réclamations formulées contre les actes de l'administrateur, du mandataire judiciaire et du commissaire à l'exécution du plan. Le juge commissaire est saisi par requête ou par déclaration au greffe de la juridiction, sauf s'il en est disposé autrement.
Les ordonnances du juge commissaire sont déposées sans délai au greffe, qui les communique aux mandataires de justice et les notifie aux parties et aux personnes dont les droits et obligations sont affectés. Sur sa demande, elles sont communiquées au ministère public.