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Cour de cassation, chambre sociale, 15 avril 2026 — n° 26-70.002

Avis Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:SO15004

Synthèse de la décision

Question juridique

L'apprenti peut-il rompre immédiatement son contrat d'apprentissage en invoquant des manquements graves de l'employeur sans que cette rupture soit qualifiée de prise d'acte ?

Principe retenu

Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.

Faits clés

  • Demande d'avis formulée par la cour d'appel de Versailles
  • Contrat d'apprentissage en cours entre l'apprenti et l'employeur
  • Invoquer des manquements graves de l'employeur
  • Rupture du contrat d'apprentissage envisagée par l'apprenti
  • Respect des dispositions légales concernant la médiation

Articles cités

article L. 6222-18 du code du travail article D. 6222-21-1 du code du travail

Motivations de la décision

Examen de la demande d'avis 3. Aux termes de l'article L. 6222-18 du code du travail, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 : Le contrat d'apprentissage peut être rompu par l'une ou l'autre des parties jusqu'à l'échéance des quarante-cinq premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise effectuée par l'apprenti. Passé ce délai, le contrat peut être rompu par accord écrit signé des deux parties. A défaut, le contrat peut être rompu en cas de force majeure, de faute grave de l'apprenti, d'inaptitude constatée par le médecin du travail dans les conditions définies à l'article L. 4624-4 ou en cas de décès d'un employeur maître d'apprentissage dans le cadre d'une entreprise unipersonnelle. La rupture prend la forme d'un licenciement prononcé selon les modalités prévues aux articles L. 1232-2 à L. 1232-6 et L. 1332-3 à L. 1332-5. En cas d'inaptitude constatée par le médecin du travail, l'employeur n'est pas tenu à une obligation de reclassement. Au-delà de la période prévue au premier alinéa du présent article, la rupture du contrat d'apprentissage peut intervenir à l'initiative de l'apprenti et après respect d'un préavis, dans des conditions déterminées par décret. L'apprenti doit, au préalable, solliciter le médiateur mentionné à l'article L. 6222-39 ou, pour les apprentis du secteur public non industriel et commercial, le service désigné comme étant chargé de la médiation. Si l'apprenti est mineur, l'acte de rupture doit être conjointement signé par son représentant légal. Lorsque l'apprenti mineur ne parvient pas à obtenir de réponse de son représentant légal, il peut solliciter le médiateur mentionné au même article L. 6222-39. Le médiateur intervient, dans un délai maximum de quinze jours calendaires consécutifs à la demande de l'apprenti, afin d'obtenir l'accord ou non du représentant légal sur l'acte de rupture du contrat. Une copie de cet acte est adressée, pour information, à l'établissement de formation dans lequel l'apprenti est inscrit. En cas de liquidation judiciaire sans maintien de l'activité ou lorsqu'il est mis fin au maintien de l'activité en application du dernier alinéa de l'article L. 641-10 du code de commerce et qu'il doit être mis fin au contrat d'apprentissage, le liquidateur notifie la rupture du contrat à l'apprenti. Dans cette hypothèse, les dispositions de l'article L. 1243-4 du présent code s'appliquent, à l'exception de celles relatives à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8. 4. Aux termes de l'article D. 6222-21-1 du même code, dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours calendaires à compter de la saisine du médiateur prévue à l'article L. 6222-18, l'apprenti informe l'employeur de son intention de rompre le contrat par tout moyen conférant date certaine. La rupture du contrat d'apprentissage ne peut intervenir qu'après un délai qui ne peut être inférieur à sept jours calendaires après la date à laquelle l'employeur a été informé de l'intention de l'apprenti de rompre. 5. Si ces dispositions prévoient le respect d'un préavis et la saisine, selon le cas, du médiateur consulaire ou du service chargé de la médiation, l'apprenti peut néanmoins rompre immédiatement le contrat d'apprentissage lorsqu'il invoque des manquements graves de son employeur rendant impossible la poursuite de ce contrat, sans que cette rupture soit qualifiée de prise d'acte. Il appartient alors au juge, prenant en considération les manquements invoqués, d'apprécier la gravité de ceux-ci et de se prononcer sur l'imputabilité de la rupture, ainsi que sur l'octroi de dommages et intérêts.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : EST D'AVIS QUE lorsqu'il invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, nonobstant les dispositions de l'article L. 6222-18 du code du travail prévoyant le respect d'un préavis et la saisine, selon le cas, du médiateur consulaire ou du service chargé de la médiation, l'apprenti peut rompre immédiatement ce contrat, sans que cette rupture soit qualifiée de prise d'acte. Il appartient alors au juge, prenant en considération les manquements invoqués, d'apprécier la gravité de ceux-ci et de se prononcer sur l'imputabilité de la rupture, ainsi que sur l'octroi de dommages et intérêts. Fait à Paris et mis à disposition au greffe de la Cour le 15 avril 2026, après examen de la demande d'avis lors de la séance du 8 avril 2026 où étaient présents, conformément à l'article R. 431-5 du code de l'organisation judiciaire : M. Flores, président, Mme Lacquemant, conseillère rapporteure, Mme Capitaine, conseillère doyenne, Mmes Palle, Ménard, Filliol, M. Gebler, conseillers, Mme Pecqueur, MM. Chiron, Leperchey, conseillers référendaires, Mme Wurtz, première avocate générale, Mme Jouanneau, greffière de chambre. Le présent avis est signé par la conseillère rapporteure, le président et la greffière de chambre.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour qu'un apprenti rompe son contrat d'apprentissage ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.
Est-ce que l'apprenti peut quitter son employeur sans préavis ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.
Quels types de manquements peuvent justifier une rupture immédiate du contrat d'apprentissage ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.
Comment le juge évalue-t-il les manquements de l'employeur ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.
Quelles sont les conséquences d'une rupture de contrat d'apprentissage pour l'apprenti ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.
L'apprenti doit-il toujours passer par un médiateur pour rompre son contrat ?
Lorsqu'un apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat d'apprentissage, il peut rompre immédiatement ce contrat. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte, et il appartient au juge d'apprécier la gravité des manquements et d'évaluer l'imputabilité de la rupture.

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