SUR CE
Moyens des parties :
La SARL Le Verger de l'Haÿ expose réaliser un chiffre d'affaires mensuel d'environ 20 000 euros, soit un CA annuel d'environ 240 000 euros ; elle n'a pas pu honorer ses obligations notamment, le paiement de ses cotisations sociales auprès de l'URSSAF, et sa dette s'élève à 39 026,92 euros ; elle présente un état prévisionnel d'exploitation, démontrant une progression cohérente et justifiée de l'activité' sur la période 2025-2027 ; ces chiffres montrent une capacité de la société à générer des résultats positifs sur la période concernée ; de plus, la trésorerie positive cumulée projetée sur la période 2025-2027, estimée à 11 107 euros, combinée à une stratégie rigoureuse de gestion des charges, lui permettrait de poursuivre sereinement son exploitation ; il existe des possibilités sérieuses de voir adopter un plan de redressement.
L'URSSAF Île-de-France réplique que les derniers comptes sociaux publiés datent de 2018 ; la société se borne à verser un état prévisionnel non signé et non certifié qui fait état de chiffres d'affaires de 540 000 euros en année 1, 594 000 euros en année 2 et 653 400 euros en année 3 ; ces chiffres ne sont toutefois pas expliqués et apparaissent totalement irréalistes alors que la société soutient dans ses conclusions que son chiffre d'affaires actuel serait de 240 000 euros et un peu plus loin dans ces mêmes écritures de 300 000 euros ; au regard du montant du passif exigible, de l'absence d'actif disponible et de l'absence de toute perspective de règlement, le redressement de la société apparaît manifestement impossible.
La SELARL JSA réplique que le passif antérieur déclaré à la liquidation judiciaire s'élève à la somme de 95 789,79 euros ; à l'ouverture de la liquidation judiciaire, elle a pu constater un solde bancaire débiteur de 60,36 euros au 30 octobre 2025 auprès de la Société Générale ; l'analyse des derniers relevés bancaires permet par ailleurs de relever des frais de prélèvement pour impayés ainsi que des frais sur saisie attribution ou de blocage sur saisie attribution, lesquels confirment la situation de détresse financière dans laquelle se trouve la SARL Le Verger de l'Haÿ ; la société n'offre aucun actif, ainsi qu'il ressort du procès-verbal de carence d'inventaire établi par le commissaire de justice mandaté par le tribunal de commerce ; l'absence de publication des comptes ne permet pas de vérifier l'état financier de la société, ni les tendances de son chiffre d'affaires lors des derniers exercices ; la société n'a pas réglé l'intégralité de ses loyers depuis le mois de juillet 2024 ; il ressort en effet du commandement de payer visant la clause résolutoire transmis par la bailleresse, que les mensualités de loyers s'élèvent à 1 118,17 euros et que ces montants n'ont été que partiellement honorés et ce de manière irrégulière ; la société n'acquitte pas ses charges courantes ; le prévisionnel fourni ne peut cependant nullement apporter de garantie quant à l'hypothèse de la viabilité d'un redressement ; l'état prévisionnel produit ne garantit pas la viabilité d'un redressement, notamment en ce qu'il prend pour base un chiffre d'affaires annuel de 540 000 euros alors que les propres écritures de la société indiquent un montant de 240 000 euros annuel, laquelle contradiction ne peut être vérifiée en l'absence de publication des comptes ; il n'est pas possible d'augmenter le chiffre d'affaires en trois ans de 270 % ; la société n'avance aucun élément factuel pour justifier de cette augmentation ; les hypothèses formulées dans cet état prévisionnel ne sauraient donc être pertinentes ni réalistes, et démontrent même, au contraire, que le seuil de rentabilité est d'au moins 411 000 euros de chiffre d'affaires annuel ; le prévisionnel ne considère en outre qu'une augmentation du chiffre d'affaires sans pour autant se fonder sur la mise en 'uvre de mesures de restructuration concrètes visant à la réduction des charges de la société ; il prévoit au contraire que les charges salariales augmentent de 10 % par an ; les charges de personnel et de loyers restent ainsi inchangées, alors que ces deux postes sont débiteurs à date et témoignent à nouveau d'une activité déficitaire structurelle obérant toute chance de redressement ultérieur de sa situation ; l'état prévisionnel n'a pas été établi par un expert-comptable mais par un logiciel grand public ; le solde du compte CDC de la liquidation judiciaire s'élevait à 253,96 euros au 22 janvier 2026, ce qui témoigne d'une absence totale de trésorerie pouvant laissant présager une reprise d'activité de la société sans création de nouvelles dettes.
Réponse de la cour :
L'article L. 640-1 du Code de commerce dispose que :
« Il est institué une procédure de liquidation judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné à l'article L. 640-2 en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible.
La procédure de liquidation judiciaire est destinée à mettre fin à l'activité de l'entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens. »
L'état de cessation des paiements s'apprécie au jour où la juridiction saisie statue.
En l'espèce, la SARL Le Verger de l'Haÿ ne conteste pas son état de cessation des paiements mais l'impossibilité manifeste de redressement relevée par le tribunal.
Pour ce faire, elle dépose une étude prévisionnelle sur trois ans qu'elle a établie, non visée par un expert-comptable, tablant sur des produits d'exploitations de 540 000 euros la première année, 594 000 euros la deuxième et 653 400 euros la troisième, sans justifier de ces données au regard des bilans passés, les comptes n'étant plus déposés depuis décembre 2018.
Les relevés de compte bancaire, dont le dernier date du 30 septembre 2025 mettent en évidence des soldes très légèrement positifs proche de zéro euro et débiteurs de 90 euros le 30 septembre. Les charges courantes d'impôt ne sont pas payées et des procédures d'exécution étaient en cours à cette date. Ces pièces ne sont pas de nature à justifier les données de l'étude prévisionnelle de la société.
Ces documents ne démontrent pas la possibilité de dégager une quelconque trésorerie.
Or, le passif déclaré antérieur à la liquidation s'élève à 95 789,79 euros. La SARL Le Verger de l'Haÿ n'établit donc pas qu'elle puisse dégager une trésorerie suffisante pour lui permettre de payer d'une part les charges courantes et d'autre part les annuités d'un plan permettant un paiement de ses dettes.
Son redressement est manifestement impossible.
Le jugement déféré sera donc confirmé.
Les dépens seront employés en frais privilégiés de la procédure de liquidation judiciaire. La demande formée au titre des frais irrépétibles sera rejetée. La demande relative au droit fixe est irrecevable car ressortant de la procédure de taxe.