MOTIFS :
Il résulte de l'article 472 du code de procédure civile qu'en appel, si l'intimé ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit aux prétentions et moyens de l'intimé que dans la mesure où il les estime réguliers, recevables et bien fondés.
Aux termes de l'article 954, dernier alinéa, du même code, la partie qui ne conclut pas ou qui, sans énoncer de nouveaux moyens, demande la confirmation du jugement est réputée s'en approprier les motifs.
Ainsi, la cour d'appel qui n'est pas saisie de conclusions par M. [L] [C] (intimé) doit, pour statuer sur l'appel, examiner les motifs du jugement ayant accueilli les prétentions de cette partie en première instance ou soulevés d'office par le juge.
Sur la déchéance du droit aux intérêts
L'article L. 312-16 du code de la consommation impose au prêteur 'avant de conclure le contrat de crédit', de 'vérifier la solvabilité de l'emprunteur' à partir d'un nombre suffisant d'informations y compris des informations fournies par ce dernier à la demande prêteur et de consulter le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) mentionné à l'article L. 751-1 du même code.
S'agissant de la vérification de solvabilité, lorsque le contrat a été conclu à distance, les articles L. 312-17, D. 312-7 et D. 312-8 du code de la consommation prévoient que la vérification de la solvabilité de l'emprunteur prévue par l'article L. 312-16 du même code est renforcée, le prêteur ou son intermédiaire devant fournir à l'emprunteur une 'fiche d'informations' distincte de la fiche mentionnée à l'article L. 312-12, laquelle doit être conservée par le prêteur pendant toute la durée du prêt et comporter notamment les éléments relatifs aux ressources et charges de l'emprunteur ainsi que, le cas échéant, aux prêts en cours contractés par ce dernier, être signée ou son contenu confirmé par voie électronique par l'emprunteur et faire l'objet d'une déclaration certifiant sur l'honneur son exactitude.
Lorsque le crédit porte sur un montant supérieur à 3 000 euros, cette fiche de dialogue doit être corroborée par des pièces justificatives à jour mentionnées à l'article D312-8 du code de la consommation, à savoir :
'1° Tout justificatif du domicile de l'emprunteur ; et
2° Tout justificatif du revenu de l'emprunteur ; et
3° Tout justificatif de l'identité de l'emprunteur".
En l'espèce, le juge des contentieux de la protection a prononcé la déchéance du droit aux intérêts de la SARL Volkswagen Bank Gmhb lui reprochant d'avoir manqué à son obligation de vérification de la solvabilité de M. [C] en s'étant contenté des éléments déclarés dans la fiche de dialogue du 8 juin 2020.
Toutefois, la société Volkswagen Bank Gmhb justifie avoir vérifié suffisamment la solvabilité de M. [C] par la production des éléments suivants :
La consultation du FICP ;
La fiche dite « de dialogue » du 8 juin 2020 remplie par M. [C] qui certifiait sur l'honneur l'exactitude des renseignements s'y trouvant ;
Sa carte d'identité ;
Une facture d'électricité justifiant de l'adresse de son domicile ;
Deux bulletins de salaire pour vérifier ses revenus.
C'est à tort que le premier juge a exigé du prêteur la production d'une attestation d'hébergement à titre gratuit ou d'un titre de propriété alors que ces documents ne sont pas exigés par l'article D312-8 du code de la consommation précité. Les revenus déclarés dans la fiche de dialogue du 8 juin 2020, soit 3 000 euros mensuels sont corroborés par les deux bulletins de salaire de mars et avril 2020. Le crédit prévoyait des mensualités de 8 061,74 euros pour la première et 551,05 euros pour les 36 suivantes, ce qui était parfaitement compatibles avec les capacités d'endettement de M. [C].
En conséquence, le jugement doit être infirmé en ce qu'il a prononcé la déchéance du droit aux intérêts de la société SARL Volkswagen Bank Gmbh.
Sur le montant de la créance
La créance de la banque apparaît justifiée au vu de l'offre de contrat de location avec option d'achat, de ses pièces annexes, de la mise en demeure du 15 juin 2023 par lettre recommandée avec accusé de réception invitant à régulariser un impayé de 6 552,76 euros sous huit jours, délai qui n'apparaît pas déraisonnable, et du décompte de créance arrêté au 6 juillet 2023.
M. [L] [C] sera condamné à payer à la SARL Volkswagen Bank Gmbh la somme de 9 959,78 euros assortie des intérêts au taux légal l'an à compter du 28 juin 2024.
Sur les demandes accessoires
M. [L] [C] supportera les dépens d'appel.